On naît amant comme on naît musicien, peintre ou poète.
Je suis un écrivain et donc automatiquement un personnage suspect.
Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit. C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.
La vie est une tragédie pour celui qui sent et une comédie pour celui qui pense.
La tragédie n'est pas que nous soyons seuls, mais que nous ne pouvons pas l'être. Parfois je donnerais n'importe quoi au monde pour ne plus être relié par rien à cet univers d'hommes.
Le poète est passé : il n'est plus de délire qui ne soit oeuvre d'art. Le vieux corbeau devient un oiseau-lyre. Il n'est jamais trop tard.
Je ne suis pas un écrivain pleinement réaliste, plutôt légèrement expressionniste.
Le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l'humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions.
Commencer en poète et finir en gynécologue ! De toutes les conditions, la moins enviable est celle d'un amant.
Le poète se consacre et se consume à définir et à construire un langage dans le langage.
Tout est sujet ; tout relève de l'art ; tout a droit de cité en poésie (...) le poète est libre.
Un peintre c'est quelqu'un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence.
Le pinceau est la canne blanche du peintre qui cherche à avancer.
L'écrivain, c'est d'abord un lecteur. Un écrivain qui ne lit pas, c'est une plante qui n'est jamais arrosée.
Le vrai poète est celui qui trouve l'idée en forgeant le vers.
J'ai longtemps passé pour un écrivain du bonheur.
Le comble du poète c'est d'être inspiré sans pour autant avoir de muse !
La tragédie stimule le sens du ridicule, car le ridicule est une attitude de défi : il faut rire de notre impuissance face aux forces de la nature.
Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui.
Qu'un écrivain déclare, comme la chose la plus naturelle du monde, qu'il préfère le commerce charnel des très jeunes personnes aux turpitudes classiques de ses contemporains, et il n'en faut pas plus - en pleine société permissive - pour le faire passer pour le Diable dans le Landerneau parisien.
Un poète ne vit guère que de sensations, aspire aux idées et, en fin de compte, n'exprime que des sentiments.
Chaque écrivain tout au long de sa vie exprime un seul thème. C'est la nécessité de compréhension, de tendresse et de persévérance dans l'infortune chez des individus traqués par les circonstances.
Il est évident que le poète écrit sous le coup de l'inspiration, mais il y a des gens à qui les coups ne font rien.
Un bon écrivain ne fait pas forcément un bon critique. Pas plus qu'un bon ivrogne ne fait un bon barman.
Les yeux braqués sur l'Avenir, le poète espère un hier présent et un présent pas trop imparfait.
Sans répit le poète enlace le mystère.
Dans le monde affairiste du show business, il n'est pas nécessaire d'être bon musicien pour bien connaître la musique.
La tragédie est le lieu où on se tue à nous le dire.
Le peintre est généralement plus fier de son art que le photographe du sien, et c'est un tort pour le photographe.
A quoi bon enseigner la géométrie, la physique, la chimie à un garçon qui veut être musicien ? Qu'en retient-il ? Rien.
Dieu n'est-il pas le poète suprême en tant qu'il improvise les mondes ?