Mais on regrette toujours pour rien, étant donné qu'on ne peut regretter qu'après.
L'ensemble de mes premiers essais me conduisit à reconnaître que cette opération sociale exigeait d'abord un travail intellectuel, sans lequel on ne pourrait solidement établir la doctrine destinée à terminer la révolution occidentale.
Quand on est pauvre, on ne fait pas la fine bouche devant des draps souillés.
Moi, mes amours d'antan c'était de la grisette :Margot, la blanche caille, et Fanchon, la cousette...Pas la moindre noblesse, excusez-moi du peu,C'étaient, me direz-vous, des grâces roturières,Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière...Mon prince, on a les dames du temps jadis qu'on peut...
Quand on exalte à ce point l'unité et ses vertus, on s'expose à donner un blanc-seing aux pouvoirs.
On n'efface pas la vérité, ni d'ailleurs le mensonge.
Il avait raison Van Gogh, on peut vivre pour l'infini, ne se satisfaire que d'infini, il y a assez d'infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies.
Il se peut qu'on s'admire sans mépriser autrui, mais le moyen d'admirer autrui sans se mépriser soi-même ?
Comme on vit mal avec ceux que l'ont connaît trop.
Les meilleures transactions sont souvent celles que l'on ne fait pas.
C'est dans le rapport à autrui qu'on prend conscience de soi; c'est bien ce qui rend le rapport à autrui insupportable.
X : Film où on essaie de faire des enfants, mais où on n'y arrive jamais.
Internet, pour un parent, c'est comme si on te volait ton gosse avant même qu'il sache lire.
On peut rendre son affection jamais on ne rend son estime.
Finkielkraut, on le sent engagé avec une sincérité et une force que je trouve assez admirables et vis à vis de laquelle (sic) j'éprouve des sentiments quasiment fraternels.
Les hommes ne vous trouvent sage que lorsque l'on partage ou qu'on approuve leur folie.
Il y a une théorie qui dit que si un jour on découvre à quoi sert l'univers et pourquoi il est là, il disparaîtra immédiatement pour être remplacé par quelque chose d'encore plus bizarre et inexplicable. Une autre théorie dit que cela s'est déjà passé.
On donne des conseils, mais on n'inspire point de conduite.
On ne se réconcilie facilement qu'avec un mort.
La nature avait pas prévu qu'on téléphonerait avec les oreilles et pourtant ça a juste la bonne taille pour mettre l'appareil dessus.
Pourquoi le bonheur, on le reconnaît seulement au bruit qu'il fait en partant ?
À lire des livres de médecine, on se persuade toujours d'éprouver les douleurs dont ils parlent.
Comment tuer la peur, me demandé-je ? Comment toucher au fantôme, comment le prendre à sa gorge de fantôme ? C'est une entreprise dans laquelle on se précipite en rêve et dont on se félicite d'être sorti comme un chien trempé, les membres frissonnants.
Que redoute-t-on quand un homme fixe sa vie avant d'avoir « jeté sa gourme » et « mené la vie de garçon » ? On craint que la solidité du mariage ne résiste pas au déchainement subit de l'instinct viril. Juste crainte, mais qui n'est pas moins fondée pour la femme que pour l'homme.
Une façon de prendre, qui seraitDe cesser d'être soi dans l'acte de prendre,Une façon de dire, qui feraitQu'on ne serait plus seul dans le langage.
Entre nous soit dit, bonnes gens,Pour reconnaîtreQue l'on est pas intelligent,Il faudrait l'être.
La personne qui s'offrit alors avait été comparée quelque fois par celui-ci, avec plus d'exactitude que de respect, à un sac de pommes de terre à moitié vide. Elle en avait la tournure et, si on peut dire, la démarche.
La poésie est une poire introuvable quand on a soif.
On se trompe souvent est estimant trop les hommes, mais rarement en les estimant peu.
Si l'on doit aimer son prochain comme soi-même, il est au moins aussi juste de s'aimer comme son prochain.
On sait depuis longtemps que ce sont les vents, ces messagers de l'amour végétal, qui portent aux plantes femelles le sperme des mâles. Ce n'est point en plein vent que les nôtres courent ordinairement de pareils risques !
Avec un peu d'imagination, on peut très bien vivre toute sa vie en un soir.
On ne trouve de bon dans la vie que ce qui la fait oublier.
Par-dessus le parapet, on ne voit pas à dix pas. Le regard fouille les ténèbres jusqu'au réseau enchevêtré où titubent les pieux, puis se perd.
Jusqu'alors, en vérité, je n'avais jamais donné le moindre crédit à l'astrologie. Mais on ne sait jamais.
Une règle qui régit nos interdits alimentaires:on ne peut pas manger ce qui est proche de nous. Il faut de la distance entre le mangeur et le mangé.
Et plus on saisit les animaux dans leur vivacité, plus on comprend qu'ils sont voués à la plus grande démonstration physique. Ils expriment non seulement l'exubérance de la vie mais aussi les lois de la survie.
On compare souvent les hommes politiques à des acteurs. C'est très injuste pour les acteurs.
L'amour, c'est quand on n'a pas tout de suite ce que on désire.
On pardonne aisément à ceux qu'on n'a pas le pouvoir de punir.
Celui qui aime songe au rien qu'on lui refuse, quand on lui a déjà presque tout donné.
Les filles c'est comme ça, même si elles sont plutôt moches, même si elles sont plutôt connes, chaque fois qu'elles font quelque chose de chouette on tombe à moitié amoureux d'elles.
On croit pardonner, et ce n'est que faiblesse.
N'est-on pas plus ce qu'on voudrait être que ce que l'on est ?
Il a un côté sympathique, seulement on le voit toujours de face.
Qui suis-je ? A 98 ans, je cherche encore. Je sais que j'ai fait des erreurs et j'ai ma part de regrets. Mais dans l'ensemble, la vie a été bonne pour moi. Comme on dit en yiddish, Ce pourrait être un verset.
On ne connaît jamais suffisamment un maître pour en parler absolument et définitivement.
Une session de méditation intensive ressemble à une randonnée, qui elle-même ressemble à la vie : il y a des étapes, des paysages qui changent à mesure qu'on s'élève, du soleil et de la pluie, des jours avec et des jours sans.
Il faut qu'il y ait des hommes pour se battre. Il existe de grandes traditions de liberté qu'on doit défendre. Je n'ai rien d'un esprit partisan. Je m'emploie à supprimer l'infamie partout où elle éclate.
Ailleurs, on n'a pas à savoir comment la pierre tombe, mais ce qu'en dit Aristote. Les yeux n'y servent qu'à lire. A quoi bon de nouvelles lois qui décrivent comment les corps tombent, si seules importent les lois qui prescrivent comment tomber à genoux.