Avec les vieux, quand on commence à bavarder, ça n'en finit jamais.
Moi, mes amours d'antan c'était de la grisette :Margot, la blanche caille, et Fanchon, la cousette...Pas la moindre noblesse, excusez-moi du peu,C'étaient, me direz-vous, des grâces roturières,Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière...Mon prince, on a les dames du temps jadis qu'on peut...
On fait sa part à l'ennui, au vice, au désespoir même, mais on ne fait pas à l'orgueil sa part.
Elle souciait fort peu d'avoir de jolis cheveux, mais elle entendait qu'on appréciât son intelligence et qu'on ne la réprimandât pas toujours à propos de tout.
On n'a rien compris à la maladie, tant qu'on n'a pas reconnu son étrange ressemblance avec la guerre et l'amour : ses compromis, ses feintes, ses exigences, ce bizarre et unique amalgame produit par le mélange d'un tempérament et d'un mal.
On se console de ne pas mettre sa conduite au niveau de ses principes, en considérant combien ils sont élevés.
Le devoir : aimer ce que l'on se prescrit à soi-même.
Quand on n'a pas de mémoire, on se répète : quand on en a, on répète les autres.
On s'aperçoit qu'on ne devient vraiment soi-même qu'en cessant de n'être que pour soi.
Quand on picole tout seul chez soi c'est difficile de se dire qu'on a l'alcool festif, qu'on est un bon vivant, on est forcément confronté à l'aspect un peu glauque de ce qu'on cherche.
On ne connaît jamais suffisamment un maître pour en parler absolument et définitivement.
On ne conçoit pas mieux la propriété lumineuse des corps, après l'avoir attribuée à leur faculté incompréhensible de lancer un fluide fictif, ou de faire vibrer un éther imaginaire.
Quand on est pauvre, il est plus simple d'avoir un crayon et une gomme.
Certains hommes promettent de garder votre secret et pourtant le révèlent sans savoir qu'ils le font ; ils ne remuent pas les lèvres, et pourtant ils sont compris ; elle se lit sur leur front et dans leurs yeux ; on le voit à travers leur poitrine ; ils sont transparents.
Il y a un acteur dans chaque avocat. C'est par le prisme de ce que l'on est, de notre histoire, que l'on va chercher de l'émotion. Mais nous, on ne peut pas refaire la prise. Et surtout, au cinéma, personne ne joue sa peau : la différence est abyssale.
L'animal, c'est de l'ombre errant dans les ténèbres ; On ne sait s'il écoute, on ne sait s'il entend ; Il a des cris hagards, il a des yeux funèbres ; Une affirmation sublime en sort pourtant.
La vie est un procès judiciaire : peu importe qui on est et ce qu'on fait, on perd toujours.
On éprouve le besoin d'aimer avant d'aimer quelqu'un.
L'expérience fait l'art, l'inexpérience la fortune. On fait des découvertes en cherchant et des trouvailles par hasard.
Quand on aime, on aime toujours trop.
La nature avait pas prévu qu'on téléphonerait avec les oreilles et pourtant ça a juste la bonne taille pour mettre l'appareil dessus.
On ne devrait jamais confondre sentiment et raisonnement.
Il savait par expérience que, quand on échoue, on devient une menace pour les autres.
Je me suis toujours méfié de la paresse, mais j'en ai cultivé la nostalgie, et l'on en retrouve la patience dans ma méthode.
On croit que c'est autre chose qui sauve les gens : le devoir, l'honnêteté, être bon, être juste. Non. Ce sont les désirs qui vous sauvent. Ils sont la seule chose vraie.
Je m'étais rendu compte que finalement, on était beaucoup plus détendu en donnant la réplique à des camarades. En essayant de les aider, on était plus détendu et beaucoup plus en possession de ses moyens.
Les hommes ne vous trouvent sage que lorsque l'on partage ou qu'on approuve leur folie.
Par rapport aux carrières qu'on fait, on n'a pas beaucoup de fric à la retraite.
Nous étions une famille très pauvre. Quand j'étais petit, nous étions dans notre petite chambre et on entendait frapper à la porte presque tous les soirs, un clochard qui demandait de la nourriture. Même si nous n'avions même pas assez à manger, ma mère a toujours trouvé quelque chose à leur donner.
Chez moi, on rit sans préservatif !
On ne compose pas une société en décomposition.
Ce ne sont pas les richesses qui font le bonheur, mais l'usage qu'on en fait.
Voyelles : ce qui reste quand on a enlevé toutes les consonnes.
On ne comprend pas une oeuvre, on comprend l'homme qui l'a faite.
C'est dans le rapport à autrui qu'on prend conscience de soi; c'est bien ce qui rend le rapport à autrui insupportable.
Je crois que l'on devient ce que notre père nous a enseigné dans les temps morts, quand il ne se souciait pas de nous éduquer. On se forme sur des déchets de sagesse.
La personne qui s'offrit alors avait été comparée quelque fois par celui-ci, avec plus d'exactitude que de respect, à un sac de pommes de terre à moitié vide. Elle en avait la tournure et, si on peut dire, la démarche.
Ca tient, les options politiques, l'engagement dans un sens, dans l'autre, parfois du hasard. On était tel jour, tel endroit... On a rencontré celui-là plutôt que celui-ci, et tout est joué.
À cette époque, j'appris qu'un homme ne voit jamais que ce qu'on lui a déjà montré.
On peut m'objecter que vivre la nuit, c'est compenser une solitude en s'entourant artificiellement d'autres solitudes. Je pense plutôt que c'est vouloir vivre plus intensément, grignoter des minutes éveillées sur la petite mort du sommeil, tenter d'avoir des journées de vingt-quatre heures, pousser la machine humaine à son maximum.
Il faut réussir à se dire : « Ça, ce sera pour plus tard », afin d'entreprendre les choses complètement au moment où on les fait.
Quand on perd quelque chose de vieux, on gagne quelque chose de nouveau.
La société serait une chose charmante, si l'on s'intéressait les uns aux autres.
En France, aujourd'hui, on est mieux informé des arrêts de travail que des périodes d'activité.
En tuant le hasard, on ne ressuscite pas Dieu.
On a beau ne pas vivre, on prend quand même de l'âge.
Chacun de son côté est capable des pires horreurs. C'est quand on regarde l'ensemble qu'on retrouve l'espoir.
Il pensait que l'acte qu'on accomplit a moins d'importance que la manière de l'accomplir, et que l'unité d'action vers un but médiocre vaut mieux que le désordre avec des buts élevés. Ainsi satisfaisait-il à la fois sa logique, sa prudence et sa paresse.
L'indignation morale ne lutte pas contre le mal au sens concret du terme. La légalité seule permet de sanctionner, c'est pourquoi je prétends que le plus sage, si l'on veut réduire les maux terrestres, consiste, comme le disait Kant, à favoriser un progrès de la légalité: la moralité suivra et non le contraire.
Mais Liszt, coeur généreux, toujours prêt, à se dévouer pour une belle cause, avait compté sans l'esprit envahissant de son colossal et dangereux protégé, incapable de partager l'empire du monde, fût-ce avec son meilleur ami. On sait maintenant, depuis la publication de la correspondance entre Liszt et Wagner, de quel côté fut l e dévouement.