C'est une infamie de naître pour mourir, on ne sait ni quand ni où !
On pardonne aisément à qui trouve son mieux.
Vous voyez, dans tous les domaines, sciences, géopolitique, on joue aux apprentis sorciers. Et après on essaye de réparer comme on peut les dégâts qu'on a causés, mais avec toujours la même morgue et en prétendant que ce qui arrive n'est absolument pas de notre faute !
Dans la maison où l'on n'offre pas à fumer, il n'y a pas de compassion.
On entre sur scène, les gens se taisent, applaudissent, vous écoutent. C'est invraisemblable.
En acquérant la renommée, on cesse bientôt de la mériter.
On ne part pas en vacances pendant la période de confinement.
Il paraît qu'on n'apprend pas à mourir en tuant les autres.
Comment peut-on ne pas adorer les cloîtres, ces lieux tranquilles, fermés et frais, inventés, semble-t-il, pour faire naître la pensée pendant qu'on va à pas lents sous les longues arcades mélancoliques ?
On ne fait pas ce qu'on veut. On veut, et on vit : cela fait deux.
Les revers de la fortune épargnent souvent lorsqu'on les craint le plus ; et souvent ils accablent lorsqu'on les mérite et qu'on les prévoit le moins.
En choisissant le succès, on ne choisit pas son public.
Ma vie n'offre aucun intérêt au public, si ce n'est la circonstance qui m'a tiré de Mugron. Si j'avais su qu'on s'occupait de cette notice, j'aurais raconté ce fait curieux.
Le pays est peuplé d'exaltés convaincus que les morts sont parmi nous, que dans la forêt gambadent des créatures invisibles ou qu'en s'exposant aux ondes sonores adéquates on peut rétablir son champ magnétique... Il suffit de leur donner l'occasion de déballer leurs théories, et on part sur de drôles de routes.
Bonheur de ces années, de ces amis, de ces moments où personne n'essaie d'épater l'autre ; plaisir de ces soirées où l'on parle juste comme ça, mais où l'on pourrait se taire ensemble. Plaisir aussi d'être avec les enfants, et de leur créer des images.
On a l'âge des pensées qu'on a avant de s'endormir.
Dans l'indigent, on ne perçoit que l'indigence, pas l'homme.
De toute façon c'est un héros - blanc ou noir n'importe - d'une dimension peu ordinaire. Qu'on vienne pas nous amuser avec des gugusses comme Tapie. Il aurait tout juste ouvert la portière de la traction avant de monsieur Joseph, Tapie, heureux du poste... une promotion.
On les haïssait au village, et c'est pour cela qu'il a été possible de les assassiner. On disait dans nos campagnes: "Si les Allemands, qui sont tellement cultivés, ordonnent de les tuer, on peut leur faire confiance".
Le plus important, ce n'est pas de donner 10 euros dans la rue.C'est de regarder celui qui souffre avec un sourire pour qu'il voie qu'on l'a vu, lui qui est invisible.
En quinze minutes, on peut voir si une personne est intelligente, si elle a de la repartie, si on peut lui faire confiance ou si elle est intéressée. Jade a une forme d'indépendance, à la fois intellectuelle et psychologique.
La plupart des gens dans le monde ne veulent pas vraiment être libres. Ils croient seulement le vouloir. Pure illusion. Si on leur donnait vraiment la liberté qu'ils réclament, ils seraient bien embêtés. En fait, les gens aiment leurs entraves.
Si on a de l'argent, l'allié vient aisément.
Le véritable art de la conversation n'est pas de dire ce qu'il faut quand il faut, mais de ne pas dire ce qu'il ne faut pas quand on en a tellement envie.
On devrait apprendre à discerner entre ce qu'un homme pense par lui-même et ce qu'il plagie.
Quand on est étudiant, on a des discussions élevées, on discute philosophie, poésie, littérature. La littérature la plus noble prenait sa source à l'université. Mais une autre voix répondait à la première : « Va d'abord torcher le tien, branleur ! »
A trente ans on inhume encore une promesse à cinquante on enterre des concessions.
L'arbre va tomberLes branches salissaient les mursRien ne doit resterLe monsieur veut garer sa voitureNous on l'avait grifféJuste pour mettre des flèches et des coeursMais l'arbre va tomberLe monde regarde ailleurs.
Personne n'est à l'aise si on se rappelle sans cesse le passé.
On ne pouvait pas toujours se fier aux livres d'histoire. Ils ont dit une vérité diluée, une vérité en comité.
Partout la jalousie est un monstre odieux : rien n'en peut adoucir les traits injurieux, et plus l'amour est cher qui lui donne naissance, plus on doit ressentir les coups de cette offense.
On me prend davantage pour un illuminé lorsque je me filme pour réaliser des transitions. Dans le train par exemple, je fais semblant de dormir tout en tournant la caméra vers moi. Je dois avoir l'air d'un sacré gogol.
J'ai toujours cru que les femmes ne sont pas des victimes. Nous sommes des agents du changement. Nous sommes les moteurs du progrès. Nous faisons la paix. Mais nous avons besoin qu'on nous donne une chance [de le prouver].
On parle toujours de "fanatisme aveugle", comme s'il y avait de fanatismes clairvoyants.
On juge entièrement un homme sur sa façon de braver la mort.
En général, on parvient aux affaires par ce qu'on a de médiocre, et l'on y reste par ce que l'on a de supérieur.
Les morts ne se comportent pas tous de la même façon. Il y en a qui s'effacent tout de suite, on dirait qu'ils n'attendaient que ça. D'autres te tournent autour, ils te visitent en rêve, ils veulent quelque chose...
Il est bon que, dans la jeunesse, on ait cet appétit de savoir, qui n'a que trop de tendances à se recroqueviller par la suite, quand on a compris que l'objet de la connaissance se sauve perpétuellement devant nous.
Je comprends que c'est difficile pour tout le monde, mais on ne peut pas céder aux émotions... nous devrons tirer des leçons de la crise actuelle et maintenant nous devrons travailler à la surmonter.
On détrousse au coin des lois plus sûrement qu'au coin des bois.
Si l'on donne à quelqu'un le conseil qu'il a déjà l'intention de ne pas suivre, il vous en veut tout de suite, et si l'on lui donne le conseil qu'il suivra certainement, il vous en veut plus tard.
Le vent tout seul ne fait pas de bruit, c'est quand il souffle dans les branches qu'on l'entend., autant dire que c'est la branche qui fait le vent, il lui doit tout...
J'étais entré au ministère aussi... Un autre univers. Qui me plaisait. Parce que, dans les ministères, le travail, je ne dis pas qu'il ne sert à rien, non, non, il sert mais au moins on ne voit pas à quoi. Ça rassure.
Quand on a envie de discuter avec quelqu'un, voilà comment s'y prendre. C'est la même chose qu'avec les pigeons, il s'agit de distribuer régulièrement des petits bouts d'attention.
Les critiques que l'on nous adresse ne sont rien à côté de celles que nous nous faisons. C'est que nous créons dans le doute et qu'ils écrivent en toute certitude.
On a pris la fâcheuse habitude de croire que, là où il y a des sons musicaux, il y a nécessairement de la musique. Autant dire qu'il y a littérature partout où l'on bavarde, peinture partout où l'on barbouille.
Toilettes : Ah ! la surprise lorsque, de certains lieux d'aisances publics, où l'on s'obstine à indiquer l'espace dévolu à l'éternel masculin par le symbole d'un gandin en jaquette et haut-de-forme, sort un quidam sacrifiant à la mode d'aujourd'hui !
On crée soi-même la boîte qui risque de nous enfermer.
J'aimerais qu'on retienne Jamais content. Je trouvais ça génial, revendicatif. Du rap avant l'heure. Mais Allô maman bobo, ça a fait plaisir à ma mère et puis ça m'a mis en couverture de L'Express
On ne se touche plus car tout contact est sexualisé, et aussi car on n'a plus besoin d'engager le corps de l'autre pour communiquer avec lui, à cause de la technologie.