Il serait difficile de prouver que les femmes sont incapables d'exercer les droits de cité. Pourquoi des êtres exposés à des grossesses et à des indispositions passagères ne pourraient-ils pas exercer des droits dont on n'a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers et qui s'enrhument aisément ?
Le poète appartient aux objets ménagers ; on le trouve parmi les sécateurs, les pneus, les robinets, les clous : troisième étage à gauche, dans les magasins, où il est disponible.
Aimer : concentrer sur un seul être le besoin qu'on a des autres ; lui demander autant de bonheur qu'on voudrait lui en donner ; avoir de lui le besoin que nous voudrions qu'il eût de nous.
Enfin, en ce qui nous concerne, nous les professionnels, je considère que l'on jongle un peu avec les libertés individuelles. Je suis profondément choqué par le fait que n'importe où, n'importe quand, on puisse nous faire ouvrir notre valise comme au temps de l'occupation.
On attendait de moi que je m'incline devant le nom d'Andrew Jackson... même au détriment de ma conscience et de mon jugement. une telle chose était nouvelle pour moi et totalement étrangère à mes principes.
On appelle mots les idées dont on ne veut pas.
A mesure que l'on distingue plus de choses dans une langue par la raison, il devient plus difficile de la parler.
Si tu ne réussis pas du premier coup, tu es comme tout le monde. C'est ce qu'on appelle apprendre.
Certaines femmes, ne deviennent spirituelles qu'en vieillissant ; on dirait qu'alors elles travaillent à se faire écouter pour empêcher qu'on les regarde.
Le souvenir se remet à vivre quand on lui rend sa liberté.
On y lit que le monde se ressemble, et que le jour n'est pas pressé de commencer.
Les chaises sont faites pour qu'on s'assoie. On s'assoit pour s'ennuyer. S'ennuyer est attendre. Attendre est impardonnable, écoeurant.
Le juriste fait prime. On s'arrache tout ce qui de près ou de loin touche à la basoche. Dans tout l'immense territoire des Etats-Unis on ne trouve plus un seul avocat sans cause, ni un seul homme de loi qui batte la dèche dans les bars.
Oui, je pleure mes fautes, je me repens... j'ai des remords... je pleure parce que je pense qu'avec tout le scandale fait autour de mon nom, on a appris à ma pauvre femme que je l'avais trompée.
Nul ne doit te dire que tu dises ce qu'on te dit de dire ! Sinon on dira que tu aies dit ce qu'on t'a dit de dire. Cela dit, ne dis rien que ce que tu as à dire !
Les occasions sont indifférentes, l'usage qu'on en fait ne l'est pas.
On n'est pas génial parce qu'on est fou.
Ne pourrait-on même soutenir que c'est parce que les hommes sont inégaux qu'ils ont d'autant plus besoin d'être frères ?
Difficile d'entendre qui on aime, tellement on l'aime.
Je suis comme vous les filles, je vous le dis. Une fois, j'ai fait de la french manucure. Ça me va pas du tout ! On dirait Wolverine mais gay : "Magneto, si tu t'approches, je te griffe !
Ils ont rajouté le Grand Louvre, parce que le petit, en dix minutes, on a tout vu.
Elle se disait que l'arrivée d'un enfant avait beau être une joie, c'était aussi une porte ouverte au chagrin, comme à toutes les naissances ; on risque de recevoir un petit être mort, mal bâti, idiot, aveugle, ou bien une fille!
Assimilés aux capitalistes comme les femmes aux prolétaires, on note que les hommes ne cèdent leur pouvoir que sur des points mineurs pour mieux conserver l'essentiel.
On n'a pas toujours les pensées les plus justes mais on a besoin de les sortir.
Dans une fille, quand on ne se souvient que d'un détail, c'est qu'on est tombé amoureux.
On se donne comme on peut une existence, une durée, une sorte de gloire, une garantie contre la mort.
Les blessures dont on a honte ne se guérissent pas.
Quand on a un Germain, on ne va pas chercher un Deschamps.
André Gortz avait compris dès les années cinquante que les fléaux du capitalisme sont la publicité, qui pousse à la consommation inutile, et l'obsolescence programmée qui limite la durée de vie des appareils. On peut y ajouter le crédit, qui permet d'acheter sans cesse.
Le Lido a été pour moi une chose merveilleuse. On m'a mis des plumes, il fallait que je descende très doucement l'escalier et ça m'a donné une autre discipline de moi-même.
Les sondages sont des divinités auxquelles on sacrifie présent et avenir.
Maintenant, à l'approche de la quarantaine, j'essaie de contrôler un peu l'affaire. Si je ne veux pas que mon corps prenne son indépendance, il faudrait qu'entre lui et moi s'installe ce qu'on appelle communément "le sport" ! Chez moi, ce n'est pas une évidence.
S'il y a la moindre vie après la mort, nous le saurons bien assez tôt. S'il n'y en a pas, nous n'existerons plus pour nous plaindre et dire qu'on nous a menti.
Les mots ne viennent au monde que si l'on a absolument besoin d'eux.
Depuis que le monde existe, c'est toujours et partout des innocents qu'on s'est le plus foutu.
Il ne faut craindre rien, quand on a tout à craindre.
On ne sait bien que ce que l'on n'a point appris.
On aime les choses telles qu'on les a trouvées, même les plus alambiquées, les moins utiles, les moins fonctionnelles. On veut les vies d'avant sa vie, et les faire siennes, épouser le décor et lui faire plaisir.
Vouloir fixer les choses...il y a tellement de choses dont on ne se souvient plus après. J'admire les gens qui tiennent un journal au quotidien.
J'ai vu se dévoiler le visage hideux de cette ferveur athée, la terreur psychologique, l'absence de tout complexe avec laquelle on sacrifiait toute réflexion morale, comme un relent bourgeois, alors qu'il s'agissait d'objectif idéologique.
Je n'aime pas qu'on me qualifie, car j'ai fait tellement de choses.
Je ne savais pas qu'il était possible d'être aussi misérable et de vivre mais on me dit que c'est une expérience courante.
Dès que je voyais un appareil photo, j'avais l'impression qu'on me volait mon âme.
Revoir les lieux autrefois visités, les amis autrefois fréquentés, les livres lus jadis, est une des passions du déclin. Or, c'est précisément se comparer à soi-même; c'est éprouver si l'on a toujours autant de facultés de sentir et si l'on a les mêmes.
Les louanges seraient d'un grand prix si elles pouvaient nous donner les perfections dont on nous loue.
Dans le monde on plaint ceux qui tombent du faîte des honneurs, des grandeurs. Mais la grande infortune, c'est de tomber des hauteurs de l'amour.
On ne se souvient vraiment que de ce qui vous était destiné. La mémoire ne lit pas les lettres des autres.
Avant de partir il faut que je laisse mon poids de souvenirs comme en dépôt ; comme quand on cache son baluchon sous les broussailles avant de monter à une ferme haute et loin.
Vous savez comment on appelle le curriculum vitae d'un vieux ? Des archives.
Comment peut-on être si lourde de tant de rien impudent, magnifié ? Toujours ouverte sur les marchés de l'été, la pastèque s'exhibe en recours absolu contre une soif qui jamais ne s'étanche.