La géographie, ça sert à se repérer quand on voyage dehors.
On ne devrait jamais voler que chez des gens qu'on connaît.
C'est trop facile de s'appuyer sur les autres, un jour on se retrouve dans un champ de béquilles.
On devient naturel à force d'expérience.
Je regrette l'époque où on n'était pas obligé de baiser une femme qu'on invitait à dîner.
La peinture moderne est devenue une bourse des valeurs où l'on joue sur tous les tableaux.
C'est encore en blaguant avec la vie qu'on est le moins malheureux.
Il ne faut pas lâcher le poisson que l'on a dans la main pour capturer celui qui nous chatouille l'oeil.
L'artiste, c'est le vrai riche. Il roule en automobile, le public suit en omnibus. Comment s'étonnerait-on qu'il suive à distance ?
C'est le naturel du coeur humain de redoubler ses efforts pour retenir le bien qu'on lui ôte.
Une bonne partie de la population ne fait aucun effort de réflexion, et ce n'est pas parti pour s'arranger. Alors ou bien on lutte pour une cause perdue et on y perd sa santé, ou bien on essaie de prendre les choses comme elles sont et de s'y faire.
Pensez à vous avant qu'on ne vous pense.
Beauté, raison, bien dire ; on voit qu'en un même homme, les dieux presque jamais ne mettent tous les charmes.
Il en est des dédicaces admiratives comme de bien des déclarations d'amour. Une fois obtenu ce qu'on espérait, elles vous sortent de la tête.
Les meilleures déclarations sont celles auxquelles on ne comprend rien et que par conséquent, personne, par la suite, ne pourra vous reprocher.
Le Québec, qu'on le prenne de tous bords, tous côtés, c'est une difficulté intellectuelle, une entité qu'on ne retrouve pas dans les livres des définitions.
On oublie vite les morts. On oublie très vite, aussi, les circonstances où l'on a été malheureux... Il ne faut pas s'en scandaliser : s'il en était autrement, la vie serait un cauchemar.
Plus on constate qu'on n'est pas comme tout le monde, plus on veut être comme tout le monde.
En faisant attention à la cuillerée, on perd tout le pot.
Il n'y a rien de si dangereux que la flatterie dans les conjonctures où celui que l'on flatte peut avoir peur.
Les nouveaux débuts, comme les nouveaux pays, donnent toujours le sentiment qu'on est perdu, qu'on est dans le noir.
Anniversaire : Le plus désolant n'est pas d'avoir l'âge qu'on annonce mais de penser qu'on n'aura plus jamais moins et qu'à partir d'un certain âge on dit n'importe quoi sur l'âge.
"Heureux" même au singulier a une allure de pluriel. On ne peut pas être réellement heureux seul.
Si Dieu n'est pas marié, pourquoi parle-t-on de sa grande Clémence ?
La réalité, c'est ce qui fait mal quand on éteint l'ordinateur.
Quand le miel manque, on se contente de mélasse.
C'est dans le mépris du lecteur qu'on fait des oeuvres qui le respectent.
Un pouvoir est faible s'il ne tolère pas qu'on l'avertisse de ses erreurs.
Un mot vaut une idée dans un pays où l'on est plus séduit par l'étiquette du sac que par le contenu.
Le monde est devenu invivable ; on n'a même plus le droit de ne pas être informé.
N'est-ce pas toujours ainsi que cela commence ? D'abord l'envie, puis le besoin d'écrire et, finalement, l'oeuvre littéraire qui apparaît à mesure qu'on se raconte.
Actuellement, on fait tout pour les handicapés... Regardez les cinémas, ils les ont rendus accessibles aux handicapés physiques? Et la télé, accessible aux handicapés mentaux.
Quand on rencontre un homme, un sourire vaut trois parts de bonheur.
Les traductions sont des domestiques qui vont porter un message de la part de leur maître et qui disent tout le contraire de ce qu'on leur a ordonné.
L'amour obéit à la loi de l'indétermination on ne peut à la fois en parler et en connaître la nature.
Heureusement qu'il y a des mots qu'on peut dire sans savoir écrire.
On ne peut vivre qu'en dominant ses peurs, pas en refusant le risque d'avoir peur.
On ne peut pas prédire l'avenir.
Parce que moi quand je te regarde belle comme t'es, dans ta boutique là, avec tes ongles, avec tes bras, tes beaux yeus, tes petits seins, tes cheveux qui sentent bon comme quand on sort de la douche... Et ben pour moi, t'es une putain de princesse. Ma princesse.
Autrefois, quand on manquait la diligence, on patientait une semaine. Aujourd'hui, on enrage quand on rate l'ascenseur.
La haine comme on sait, n'atteint guère celui qui l'inspire ou l'excite avec calcul ; maintes fois, elle torture uniquement qui cède à une passion si violente.
A force de sagesse, on peut être blâmable.
Au cinéma, on ne se découvre pas. On sort pour se cacher, pour se blottir, pour s'enfoncer.
Pour donner au peuple un sentiment national on doit idéaliser l'histoire.
On a beau dire, se dire que tout est fini, qu'on peut se passer de ce qui nous a trahi, on revient toujours à ce qui nous fait rêver.
Entre personnes sans cesse en présence, la haine et l'amour vont toujours croissant : on trouve à tout moment des raisons pour s'aimer ou se haïr mieux.
Parfois, on trouve une grosse biche dans le piège tendu à des agoutis.
Un acteur, on peut lui faire faire n'importe quoi, alors, automatiquement, on a une idée de mépris.
Il n'est rien de si aisé que de prêcher la patience aux affligés, quand on est dans la prospérité.
L'heure qu'on donne à Dieu ne se partage pas.