On est bien forcé de croire au doigt de Dieu quand on voit comme il se le met dans l'oeil.
Quoi qu'on en dise, c'est au visage qu'il faut regarder les hommes, mais il ne faut pas prendre leur masque pour leur visage.
Dieu ayant créé l'homme à son image, plus on est proche de soi-même et plus on se rapproche de Dieu.
Si l'on veut savoir le peu de cas que Dieu fait de la richesse, il n'est que de regarder ceux à qui il la dispense.
Croire, c'est laisser à Dieu le soin d'expliquer les actes que l'on pose.
La seule chose dont on soit sûr, en ce qui concerne l'avenir, c'est qu'il n'est jamais conforme à nos prévisions.
On dirait que la souffrance et l'amour sont inséparables, et se plaisent ensemble.
On peut défaire n'importe quel bonheur par la mauvaise volonté.
L'égalité a détruit le charme d'être grand. Tous les hommes ont voulu être grands ensemble, et dans ce nivellement universel, on nous a rapetissés.
Le monde entier n'est-il pas une vaste maison close dont on a perdu les registres ?
On juge toute sa vie puis on comprend qu'il faut s'abstenir de juger.
Lorsqu'on prend un gourdin pour appeler un chien, il ne vient pas.
Rien n'est jamais joué si l'on se refuse à subir.
Une rupture est toujours douloureuse, au moins permet-elle de sauvegarder l'essentiel : conserver l'estime de l'autre, éviter le pourrissement dû à l'exaspération, raviver le désir qu'on éprouve pour le monde.
Rien ne vaut la vie qu'on rêve.
On mettra pas nos refrains dans les musées. Les paroles, on les écrit pour qu'elles s'envolent. Les musiques, on les écrit pour s'amuser.
On dit le malaise des banlieues. Mais si c'étaient les banlieues, le malaise.
Le romancier donne à voir par le trou de la serrure ce qu'on ne pourrait pas voir autrement.
Certes, on n'est pas élu sur un bilan, mais si le bilan est mauvais, on ne gagne pas.
On ne manque pas de sociologues à faible quotient intellectuel aujourd'hui. Pourquoi j'en ajouterais, avec mon intelligence supérieure ?
À chaque fois, on me dit: «Vous êtes toujours bougon, etc.» Je ne sais pas quoi répondre, parce que selon moi, je n'interprète pas toujours des bougons.
Avec l'âge, j'ai appris que quand on vous fait un compliment, il faut simplement dire merci.
On crie beaucoup contre la censure - elle nous oblige souvent à avoir de l'esprit.
La force principale de la religion vient de ce qu'on la croit : la force des lois humaines de ce qu'on les craint.
La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés qui ne sont en sûreté que parce qu'on ne les recherche pas.
La météo c'est ce à quoi on s'attend, le climat c'est ce que nous obtenons.
On pourrait dire que la philosophie est une façon de parler intelligemment de ce qu'on ne connaît pas.
Quand on ne peut pas avoir d'amis, autant faire de l'argent avec ses relations.
Les gens qu'on aime sont aussi ceux qui nous torturent.
Le monde est une huître, mais on n'ouvre pas une huître avec douceur.
Quand on est enfant, on n'a pas de mains, on a des menottes, alors on est très attaché à ses parents.
Rien ne sert de faire des suppositions contraires, puisque les choses sont ce qu'elles sont : on ne change rien à la réalité.
On doit avouer ses qualités à voix basse, et ses défauts à haute voix.
La seule chose qu'on ne peut embellir sans qu'elle en périsse, c'est la vérité.
La femme idéale, c'est celle qu'on découvre quand on est déjà marié.
La politique est une entreprise d'autant plus facile qu'elle consiste à tromper des gens qui se doutent qu'on les trompe.
Le désir qu'on a des autres se mesure autant à l'admiration qu'ils nous montrent qu'à celle que nous leur vouons.
Ne jamais oublier qu'on s'exprime avec les mots des autres...
On désire férocement la liberté, mais c'est presque toujours pour aller vers d'autres contraintes.
On peut voir trois principaux objets dans l'étude de la vérité : l'un, de la découvrir, quand on la cherche, de la démontrer, quand on la possède, le dernier, de la discerner d'avec le faux quand on l'examine.
On a souvent honoré du titre de sage ceux qui n'ont eu d'autre mérite que de contredire leurs contemporains.
On trouve un certain charme à répandre des pleurs : En apaisant notre âme, ils calment nos douleurs.
On parle toujours du boulevard des Filles du Calvaire, mais jamais du calvaire des filles du boulevard.
Quand on ne sait rien, on peut tout de même trouver des choses, avec de l'imagination.
La ruse supplée à la force : si on n'est pas lion, on se fait renard.
La mère est toujours la première femme qu'on aime.
C'est en allant doucement qu'on attrape le singe dans la brousse.
On ne revient jamais vraiment d'Auschwitz.
On ne peut haïr sans mentir.
Peu m'importe qu'il y ait du sucre aux Indes, de la porcelaine à la Chine, du café en Arabie ; il faut qu'on me l'apporte.