Dans un roman, on est porté par le récit. Le roman est situé dans le temps d'une lecture. Un poème est toujours "maintenant".
On devrait apprendre la patience dans un pays étranger, car c'est là la vraie mesure du voyage. Si l'on ne souffre pas de la frustration de ses habitudes, comment peut-on être certain que l'on est vraiment en train de voyager ?
Je n'aime pas les portables. J'ai horreur qu'on me parle dans la main.
Parce que les actes humains pour lesquels on établit des lois consistent en des cas singuliers et contingents, variables à l'infini, il a toujours été impossible d'instituer une règle légale qui ne serait jamais en défaut.
D'une manière générale, on attribue une connotation négative à toutes les idées liées à la bienveillance ou aux ondes positives.
On entend, sans doute, par demi-mondaine une femme qui se donne à un homme sur deux.
L'amitié : c'est accepter chez les autres ce que l'on ne tolère pas chez soi.
On s'habitue peu à peu, à la beauté comme à la laideur : chacune s'affadit avec le temps ; mais on ne s'habitue jamais à la bêtise.
Quand on écrit son autobiographie, on n'a pas le temps de vivre.
On ne devrait porter le demi-deuil que pour les parents qui sont à moitié morts.
Quand un homme parle à Dieu, on dit qu'il prie. Quand Dieu parle à un homme, on dit de ce dernier qu'il est schizophrène.
On peut sur les vérités de fait, se passer de la démonstration si l'on sait se servir de l'expérience.
Personne ne fait l'histoire, on ne la voit pas, pas plus qu'on ne voit l'herbe pousser.
La vie, c'est un vaste laboratoire où l'on joue avec soi-même, où tout acte prend la valeur d'une expérience.
Peut-on considérer le désespoir comme condition normale de la vie sans aller jusqu'à sa conséquence, jusqu'au suicide ?
On ne peut remplir que ce qui est vide.
Pour vivre tous les jours avec les mêmes personnes, il faut garder avec elles l'attitude qu'on aurait si on ne les voyait que tous les trois mois.
C'est un mauvais travail que celui qu'on fait pour n'avoir plus à travailler.
On confond toujours l'homme et l'artiste, sous prétexte que le hasard les a réunis dans le même corps.
Ce qu'il y a de plus dur à regarder en face, c'est le visage d'une mère qu'on n'aime pas et qui fait pitié.
Tout se joue dans la plénitude de l'amour de Dieu. Peu importe que l'on soit moine ou marié, coureur d'aventure ou biscuitier, il n'est que l'amour de Dieu qui compte.
Je suis de la race de ceux qu'on opprime.
On traite pas un kiwi de kangourou !
On aime l'autre pour sa folie, même en sachant qu'on doit en souffrir, puisque c'est la marque qu'il va laisser en nous.
Le chemin du savoir commence aussitôt qu'on a tourné la page.
En réalité, ce qu'on entend par avoir du coeur, c'est avoir une faiblesse des glandes lacrymales en même temps qu'une légère paralysie du cervelet.
On fait souvent du bien pour pouvoir impunément faire du mal.
Nul cimetière n'est beau au point qu'on souhaite y être enterré aussitôt.
Trop de beauté, c'est un peu comme trop de bonheur ; on se demande si l'on aura la force de le supporter.
Les mensonges qu'on invente ressemblent à la vérité qu'on ne veut pas dire.
Attendre un enfant est un grand mystère qu'on diminue et profane en en parlant.
En protestant quand il est encore temps On peut finir par obtenir des ménagements.
Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense !
Tu perds ton tempsÀ te percer à jourDevant l'obstacleTu verrasOn se révèle.
La quantité de venin que ce reptile peut inoculer par une seule morsure peut être gargantuesque. C'est un mot que j'adore « gargantuesque », on a rarement l'occasion de le placer dans une conversation...
Il est rare quand on ment que tout s'accorde : le regard, la voix et l'attitude.
Toutes les histoires d'amour sont des projections. A travers l'autre on est amoureux d'une partie de soi qu'on n'a pas exploitée, la partie perdue de soi-même.
Ce n'est pas en suivant les pas d'autrui qu'on arrive à tracer son chemin.
Je ne suis qu'un exécutant, je me borne à traduire. Mais on ne traduit que son trouble : c'est toujours de soi-même qu'on parle.
Si à chaque fois que je te pose une question tu te mets à pleurer, on va pas s'en sortir !
La prière, croyez-moi, n'est souvent pour beaucoup que le besoin, quand on se sent seul, de parler à la seconde personne.
N'essaie pas d'attaquer le démon de front. Il serait trop content que tu t'occupes de lui. Au contraire, traite-le par le mépris, comme un chien gênant dont on veut se débarrasser.
C'est raison qu'on fasse grande différence entre les fautes qui viennent de notre faiblesse, et celles qui viennent de notre malice.
Si on gagne sa vie, on doit prendre des risques. C'est la loi du métier.
Ce qui est hors des gonds de la coutume, on le croit hors des gonds de la raison.
C'est l'âge qui nous a forcé à arrêter, mais il reste l'envie de fumer. C'est la même chose que pour faire l'amour. On ne le fait plus mais on en a encore envie.
On n'a pas deux fois l'occasion de faire les choses comme il faut, parce que fouiller, c'est détruire.
La connaissance du pays où l'on doit mener sa guerre sert de base à toute stratégie.
A force de penser à ce que les autres pensent de nous, on en oublie de se penser soi-même.
Si on a beaucoup d'amis, il y en a peu sur qui l'on puisse compter.