En philosophie, il faut se défier de ce qu'on croit entendre trop aisément, aussi bien des choses qu'on n'entend pas.
On apprend plus de ses propres défaites que des défaites des autres.
N'essaie pas d'attaquer le démon de front. Il serait trop content que tu t'occupes de lui. Au contraire, traite-le par le mépris, comme un chien gênant dont on veut se débarrasser.
On a besoin dans la nuit de croire au soleil.
Tolérance. Faculté de supporter ce que l'on est incapable d'interdire.
On ne dit jamais "je serai peintre" devant un beau site, mais devant un beau tableau.
Dans un roman, on est porté par le récit. Le roman est situé dans le temps d'une lecture. Un poème est toujours "maintenant".
Tant qu'on vit, on s'instruit et pourtant on meurt bête.
On devrait apprendre la patience dans un pays étranger, car c'est là la vraie mesure du voyage. Si l'on ne souffre pas de la frustration de ses habitudes, comment peut-on être certain que l'on est vraiment en train de voyager ?
A quoi bon s'agiter ? On est toujours plus jeune que l'année prochaine.
Tueur à gages, c'est un métier comme un autre ; tous les jours, on pointe, la seule différence, c'est qu'après, on tire.
Aujourd'hui, on peut dire "bite" et "enculé" même au cours d'un dîner mondain, mais on ne peut plus dire "prolétaire" ou "lutte des classes".
On parle du harcèlement sexuel, mais tout est devenu harcèlement - le politique, les médias, la société, cette information lancinante. Ça parle trop. Trop de mots pour être honnête.
Quand on a quelque chose à cacher, on se met à jouer un rôle. Cela oblige tout le monde autour de vous à se transformer en acteur.
On entend, sans doute, par demi-mondaine une femme qui se donne à un homme sur deux.
On n'a jamais cru à autant de choses que depuis qu'on ne croit à rien !
L'on peut prévoir le jour où, le phonographe et le cinéma étant devenus les seules formes d'impression en usage, les poètes auront une liberté inconnue jusqu'à présent.
Le bien, nous le faisons ; le mal, c'est la Fortune ; On a toujours raison, le destin toujours tort.
Nul cimetière n'est beau au point qu'on souhaite y être enterré aussitôt.
Le travail est toujours personnel et on ne le fait bien qu'à condition de savoir à quoi il sert et d'en voir les résultats. Et ce n'est qu'à cette condition qu'on peut arriver à l'aimer.
Pourquoi les architectes ne songent-ils pas, pour diminuer la fatigue, à limiter la hauteur des marches au fur et à mesure qu'on monte un escalier ?
Toutes les histoires d'amour sont des projections. A travers l'autre on est amoureux d'une partie de soi qu'on n'a pas exploitée, la partie perdue de soi-même.
Le cinéma, c'est comme faire l'amour par correspondance, tandis qu'au théâtre on fait l'amour dans son lit.
Je ne suis qu'un exécutant, je me borne à traduire. Mais on ne traduit que son trouble : c'est toujours de soi-même qu'on parle.
Si on a beaucoup d'amis, il y en a peu sur qui l'on puisse compter.
L'amitié d'un perfide, on la voit d'une lieue : sirène par la tête, et dragon par la queue.
Le chemin du savoir commence aussitôt qu'on a tourné la page.
On fait souvent du bien pour pouvoir impunément faire du mal.
Il faut affronter la réalité avec une pointe d'humour ; autrement, on passe à côté.
On ne saurait être déçu sans être injuste.
Une chose n'a pas une valeur parce qu'elle coûte, comme on le suppose, mais elle coûte parce qu'elle a une valeur.
Il est rare quand on ment que tout s'accorde : le regard, la voix et l'attitude.
Il est impossible d'être heureux quand on n'est pas libre.
L'argent permet de jouir de la vie. Sans argent, on jouit... de la pauvreté.
On ne naît pas élève, on le devient.
Comment peut-on aimer sans croire en soi-même, sans être soi-même ?
C'est un mauvais travail que celui qu'on fait pour n'avoir plus à travailler.
Je n'aime pas les portables. J'ai horreur qu'on me parle dans la main.
Est ce qu'on se demande pourquoi l'homme a marché sur la dune ? Pourquoi les femmes ont des bébés et pas directement des hommes ? Ou pourquoi une mouche se mouche alors qu'un éléphant ne s'éléphante pas ?
Quand on pardonne, on aime. Et quand on aime, la lumière divine descend sur nous.
C'est bizarre t'as trop la tête du gars qui croit qu'on en a quelque chose à foutre de ce qu'il dit !
C'est d'ordinaire une besogne épineuse : on néglige ce qui précède et ce qui suit l'endroit qu'on cite, et on s'expose à mille querelles.
Dire que la vie c'est ça, c'est pour ça qu'on s'habille, et qu'on se fait belle, et tous les romans sont écrits sur ça, et on y pense tout le temps, et finalement, on s'en va dans une chambre avec un type qui vous étouffe à moitié et qui vous mouille le v
Si on portait ses chaussures à la main plutôt qu'aux pieds, elles s'useraient moins vite.
Renoncer à ce qu'on ne connaît pas encore, c'est s'exposer à désirer ardemment, par la suite, ce qu'il nous est défendu de connaître.
Flatter la veulerie, lécher les mous : voilà désormais tout ce qu'on attend de la culture écrite.
Je croyais qu'on pouvait mourir de honte. Ce n'est pas vrai. Je croyais aussi qu'il est impossible de haïr sa mère. Ce n'est pas vrai non plus.
Quand on commet une indiscrétion, l'on se croit quitte en recommandant à la personne d'être plus discrète qu'on ne l'a été soi-même.
On confond toujours l'homme et l'artiste, sous prétexte que le hasard les a réunis dans le même corps.
Les chaos est le nom que l'on donne à tout ce qui produit la confusion dans notre esprit.