Les lettres anonymes ont le grand avantage qu'on n'est pas forcé d'y répondre.
Mais si on disait toujours la vérité, dans le monde... on passerait sa vie à se dire des injures...
Tout est trop cher quand on n'en a pas besoin.
Nos faiblesses ne nous desservent plus dès lors qu'on les connaît.
On n'explique jamais autrement que par des dispositions personnelles les qualités humaines, la générosité, la charité, l'art de faire de bonnes patates frites. Pourquoi, en revanche, faut-il que les défauts soient toujours imputés à des agents exogènes ?
On ne regrette que ce que l'on aime.
Quand la souffrance devient assez aiguë, on avance.
On ne dévore pas un bon livre, c'est plutôt dans son ventre que vous risquez de finir. Comment reconnaître un bon lecteur ?
C'est tout ce que je pense de la religion : quand au départ on n'est pas quelqu'un de bien, ça vous rend deux fois pire. On se repent, on se croit pur et, grâce à la bonne conscience, on retombe encore plus bas.
Lire, c'est oser le vertige. On peut lire, comme on s'incline, révérencieux, ébloui par la fulgurance d'un bel esprit. Aveuglement ! Qui ne me guide pas me perd ! Or, je veux seulement trouver mon chemin. Qu'on nous laisse donc un oeil ouvert !
J'en ai assez de ces calvaires ambulants, de ces Christ et de ces Vierges, ces Maria de las angustias, ces Señora de los dolores, ces Christs de la Expiracion, de la Exaltacion, de la Coronacion, de la Converzion del buen [...] ► Lire la suite
Au reste, la reconnaissance n'est pas un sentiment d'une complète pureté: reconnaître ce que l'on doit à autrui, c'est aussi avouer sa propre insuffisance. Il faut beaucoup de force et d'orgueil, ou de placidité, pour supporter ses propres dettes sans inquiétude ni ressentiment.
Il n'existe que deux espèce de folies contre lesquelles on doit se protéger. L'une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire. L'autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.
Quand on commence et que tout marche, on a l'impression d'être invincible. Je ne mesurais pas la fragilité de l'acteur.
Le pire poison qui puisse exister dans la société c'est l'inceste car quand tu voudras te sauver de cette vérité eh bien on voudra te tuer, te donner des pathologies pour dire que c'est faux et te détruire continuellement même des années et des années après.
Quand on se dit je t'aime par amitié C'est presque la dernière page Quand on se dit je t'aime un peu par pitié C'est comme la fin d'un bon voyage.
Ah ! la guerre !... En chaque foyer, on lui donne deux sens distincts : calamité ou rédemption dépendant du bord où l'on s'est placé pour la considérer.
Si on ne s'aimait pas tant soi-même on serait toujours seul.
Celui qui se sait coupable croit toujours qu'on parle de lui.
La meilleure façon de manquer d'humour c'est d'affirmer qu'on en a.
Ce serait un moindre mal de mourir si l'on pouvait tenir pour assuré qu'on a du moins vécu.
Les hommes veulent bien qu'on rit de leur esprit, mais non de leur sottise.
Lorsqu'on craint les hommes, autant devenir leur chef !
Il n'y a qu'aux riches qu'on se donne la peine de plaire.
Ce qu'on appelle "marxisme" en France est un article tout à fait spécial.
Car la vraie liberté s'ignore. Elle semble aller de soi. On n'en prend conscience que lorsqu'on la perd ; et dès qu'on en prend conscience, c'est qu'on l'a perdue.
On parle souvent des rêves de la jeunesse. On oublie trop ses calculs.
On me dit souvent que mes idées sont impossibles à réaliser, mais je montre toujours que si, elles le sont.
Bien que cet endroit dégageât un subtil parfum de vulgarité, on veillait à en exclure rigoureusement le comble du mauvais goût : la mort et l'échec.
Les contraires, lorsqu'on les pousse aux extrêmes, en viennent à se ressembler.
On ne sait jamais qu'une femme a de vieilles robes tant qu'on ne l'a pas épousée.
La plupart des femmes qu'on n'a pas eues, c'est qu'on ne les a pas demandées.
Tant qu'on n'espère pas, on ne s'impatiente pas.
- Tu crois que c'est comme tes mines de crayon ? Tu crois que ça s'use quand on s'en sert ? - De Quoi ? - Les sentiments.
Pourquoi celui qu'on appelle contremaître est-il toujours d'accord avec le maître.
On dit que les hommes vieillissent mieux que les femmes mais c'est faux. Leur peau perd plus vite son élasticité, surtout quand ils fument et boivent. C'est flasque, on a l'impression que ça pourrait s'effriter sous la pulpe des doigts. [...] ► Lire la suite
Peut-on, dans un couple, esquiver l'ennui par l'adoration, la lassitude par l'érotisme ?
Vivre vaut la peine si l'on peut contribuer d'une petite manière à cette chaîne sans fin de progrès.
C'est affreux n'est-ce pas qu'à la longue on puisse souffrir moins du départ d'un être que l'on a profondément aimé.
Quand on veut amuser les autres, on se doit d'être douloureux soi-même.
Quand on voyage beaucoup, quand on revient, on est beaucoup moins arrogant.
Bravo à Bastia, ils ont plus de couilles que nous. Nous, on a des olivettes.
La véritable modestie consiste toujours à ne jamais se prendre pour moins ni plus que ce qu'on estime qu'on croit qu'on vaut ni pour plus ni moins que ce qu'on évalue qu'on vaut qu'on croit.
Ce n'est pas en mangeant que l'on devient forgeron. Même si on ne veut pas devenir forgeron.
Jésus, de retour sur terre, s'étonnerait qu'on le commente tant et qu'on essaie si peu de l'imiter.
Ce qu'il y a de meilleur à l'étranger ce sont les compatriotes qu'on y rencontre.
On ne s'aime jamais comme dans les histoires, tout nus et pour toujours. S'aimer, c'est lutter constamment contre des milliers de forces cachées qui viennent de vous ou du monde.
L'on croit s'assembler au spectacle, et c'est là que chacun s'isole ; c'est là qu'on va oublier ses amis, ses voisins, ses proches, pour s'intéresser à des faibles.
Les prédictions d'événements inattendus sont toujours plus précises si on ne les a pas rédigées auparavant.
Un livre posthume est presque toujours une oeuvre que l'on a eu tort de ne pas enterrer avec son auteur.