Qui suis-je ? Où vais-je ? Qu'est-ce qu'on mange à midi ?
Dans la flatterie, aucune précaution à prendre, aucune limite à respecter. On ne va jamais trop loin.
La télévision, on ne peut pas la regarder. Quand on est debout, on ne la regarde pas. Quand on est assis, on s'endort.
Tout comme l'avenir, ce n'est pas tout à la fois, mais grain par grain que l'on goûte le passé.
En France, il est indispensable de mourir si l'on tient à se faire rendre justice.
On ne change jamais. On n'évolue pas non plus. On retourne tout simplement au début.
Il faut prendre les femmes comme on prend les tortues : en les mettant sur le dos.
L'essentiel dans la vie, c'est de tuer le temps, meubler les heures, trouver tous les prétextes possibles pour remplir les pages de l'inévitable biographie qu'on appelle la mémoire.
Certains croient, à tort, qu'il faut penser avant de parler, d'autres qu'on pense en parlant, que c'est du pareil au même.
On efface le passé pour mieux détruire l'avenir.
Il est si simple d'acquiescer à la vie telle qu'elle est, non telle qu'on la voudrait, sans prétendre mettre de l'infini dans chacun de nos actes...
Les livres naissent de l'ignorance, et s'ils continuent à vivre après avoir été écrits, ce n'est que dans la mesure où on ne peut les comprendre.
Tout effort que l'on fait dessert la pratique, car il fait des vagues dans notre esprit. D'autre part, il est impossible d'atteindre le calme absolu de l'esprit. Il faut donc faire un effort, mais il faut s'oublier dans cet effort.
On compare généralement la politique à un échiquier. On a tort : c'est un jeu de dames.
On n'a pas le droit d'ouvrir un livre si l'on ne s'engage pas à les lire tous.
Géant : Grande personne vue par un petit enfant. On dit : "ah ! les braves géants" ou "ah ! que les géants sont méchants".
Si les hommes ne dansaient pas sur les volcans, je me demande où et quand ils danseraient ; l'important est de bien savoir qu'on a le volcan sous les pieds afin de goûter son vrai plaisir d'homme libre.
Lorsqu'il faut choisir entre liberté et érudition, qui ne dira que l'on doit mille fois préférer la première à la seconde ?
L'amour, on ne le discute pas, il est.
Je n'ai jamais pu faire de yoga. Chaque fois qu'on me dit : "Assied-toi et ne pense à rien", ça me rappelle trop le bureau.
C'est cela le chemin difficile, incompréhensif, rebutant : renoncer à soi-même quand on n'avait que cela à offrir.
Sans exemple, on ne peut rien enseigner correctement.
Il faut attaquer l'opinion avec ses armes : on ne tire pas des coups de fusil aux idées.
On peut juger de la beauté d'un livre, à la vigueur des coups de poing qu'il vous a donnés et à la longueur de temps qu'on met ensuite à en revenir.
Il faut se conduire comme si on était au ciel, où il n'y a pas de voiture de troisième classe et où une âme en vaut une autre.
Il y a deux sortes de livres de maths : ceux dont on ne lit que la première ligne et ceux dont on ne dépasse pas la première page.
Pour que le plus délicieux endroit du monde déplaise, il suffit qu'on soit condamné à y habiter.
Qui est celui qui est libre dans cet enfer qu'on appelle monde ? Personne.
Paris sera bientôt la seule ville au monde où, au réveil, on pourra entendre les petits oiseaux tousser.
Si on en croit le net, je suis homosexuel. Nier serait une insulte pour la communauté gay.
On passe tant d'heures dans la vie à remettre à plus tard ce qui doit souffrir ; on ne perd jamais à surseoir.
On ne fait pas son bonheur avec la place que l'on occupe, mais avec son caractère.
Quand on se croit destiné à produire de grandes choses, il est difficile de ne pas les laisser pressentir : le boisseau a toujours des fentes par où passe la lumière.
On ne possède même pas son propre corps.
On est puceau de l'horreur comme on l'est de la volupté.
Prison : maison on ne peut plus communautaire dont personne ne possède la clé.
On se réconcilie dans son coeur avec un esprit supérieur au sien par le biais d'une divergence d'opinion.
Il faut parfois se rendre au bord du précipice pour comprendre à quel point on n'a plus envie de sauter.
Le public consensuel qui dort pendant les représentations et applaudit à tout rompre à la fin... Comment appelle-t-on ça ? Feindre l'orgasme ?
Un de mes frères était si maigre que lorsqu'il avait bu un verre de vin rouge, on le prenait pour un thermomètre.
Si on court à l'infini, on revient à son point de départ.
Sans crier gare, on vient m'arracher tout droit du mitard. La lumière du matin m'éblouit... un peu comme un hibou sorti de son tronc d'arbre en plein jour.
La seule crainte, si l'on est en bonne santé, est celle de la faiblesse intellectuelle. Or je me sens en pleine capacité. Plus riche même, de l'expérience.
Quand on court après l'esprit, on attrape la sottise.
Chez tous les philosophes, voire les plus fameux, on retrouve ce même point faible : leur croyance à la philosophie.
Il y a des orateurs si terriblement soporifiques qu'on n'a même pas le temps de s'en aller avant de s'endormir.
On appelle miracle quand Dieu bat ses records.
On ne se sent jamais plus impuissant que quand on essaie de résoudre un problème qui n'existe pas.
Si on pouvait voir les femmes vingt ans après, on ne les épouserait pas vingt ans avant.
Sur chaque visage on lit un désespoir Où même le chagrin ne pourrait faire brèche.