Le poème nous montre ainsi ce que l'on ne voit pas, sans que cela implique pour autant son irréalité ; il atteint plutôt un autre niveau de réalité
Les prostituées sont des femmes qui ne demandent pas qu'on les invite à dîner avant de passer à un autre genre d'exercice.
On peut fendre un rocher ; on ne peut pas toujours attendrir un coeur.
On peut discuter des opinions, mais les convictions ne sont guéries qu'à coups de fusils.
Et si l'on condamnait la Mort pour faux et usage de faux ?
Ce qui fait un bon manager c'est la prise de décision. On peut utiliser les ordinateurs les plus fous pour étudier les chiffres mais en final il faudra faire un planning et passer à l'action.
La fin, quand c'est fini, comment le sait-on, comment fait-on, comment ça finit ?
On peut toujours s'échapper d'une prison. Mais de la liberté ?
On quitte d'abord la maison de ses parents, et ensuite, parfois, on quitte la maison de son premier mariage, et c'est toujours la même peine qu'on ressent, celle de se sentir, une fois pour toutes, orphelin.
On est jaloux en admiration comme en amour.
Avons-nous une destinée ? Sommes-nous libres ? Quel ennui de ne pas savoir ! Quels ennuis si l'on savait !
L'ordinateur parfait a été inventé : on entre un problème et il n'en ressort jamais !
Mais il vient des mots étouffants;On laissera les chers enfants,Livrés à de vagues désastres.
On vit avec un coeur trop plein dans un monde trop vide. Et sans avoir usé de rien, on est désabusés de tout.
On est l'homme d'un peuple, d'un sol, d'un passé. On peut ne pas le savoir. On peut essayer de l'oublier. Mais les événements se chargent vite de nous ramener aux sources de vie.
On attache les hommes avec la parole, les boeufs avec de la corde.
Avec un ancien amour on fait de tout, même un nouvel amour, tout... excepté de l'amitié.
Aucun cheval de course n'est capable de filer aussi vite que l'argent qu'on a mis sur lui.
On devrait avoir le courage de tromper de temps en temps les jolies femmes avec des femmes qui ne sont pas jeunes et qui sont laides. Ca leur apprendrait à vivre.
On ne réalise vraiment qu'une femme contient de la dynamite que le jour où on la laisse tomber.
Le souvenir est l'espérance renversée. On regarde le fond du puits comme on a regardé le sommet de la tour.
Si le Christ avait pu prévoir ce qu'on lui ferait dire après son départ, il n'aurait jamais osé parler en paraboles.
Quand on veut rester maître chez soi, on n'ouvre pas un commerce.
La bonne volonté, il suffit qu'on l'affirme, ça ne se mesure pas.
On ne saurait séparer arbitrairement les deux aspirations fondamentales de l'âme juive : nationalisme et universalisme.
C'est là ce qu'on appelle l'âge mûr de l'homme : vivre des provisions amassées en route.
La crainte est utile quand elle est modérée et Dieu la permet afin qu'on ait recours à lui.
Il faut éviter le paradoxe, comme une fille publique qu'il est, avec laquelle on couche à l'occasion, pour rire, mais qu'un fou, seul, épouserait.
On juge mieux les hommes de bas en haut que de haut en bas.
L'une des leçons que l'on peut tirer du siècle dernier est que toutes les utopies finissent par établir leur propre goulag.
L'usage du vin est affaire de modération. Le vin réchauffe et réjouit, on en donne aux faibles pour les conforter mais aux malades enfiévrés. La sobriété n'est pas abstinence, c'est la mesure de cette boisson délicieuse.
On m'a si souvent ramené à la raison, on m'a si souvent prévenu contre ma fantaisie que j'ai gardé rancune à la logique.
On peut être bien élevé et écrire de la mauvaise poésie.
J'ai le meilleur cul que l'on puisse avoir à l'âge de 39 ans.
Toute ma vie on m'a reproché d'être chiant, aujourd'hui vous me traitez de chieur, je considère ça comme une promotion.
Il se passe, entre un roman et son lecteur, un phénomène analogue à celui du développement des photos, tel qu'on le pratiquait avant l'ère du numérique.
Le temps où l'on est élève et étudiant est principalement un temps de pensée suicidaire et celui qui le nie a tout oublié.
Parole d'homme riche : les pauvres, on a beau ne rien leur donner, ils n'arrêtent pas de demander.
Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l'huile d'homme.
On a défini l'ambassadeur un homme rusé, instruit et faux, envoyé aux nations étrangères pour mentir en faveur de la chose publique.
Le malheur a un bord et un fond. On attend que nous soyons au fond pour nous demander comment nous sommes arrivés au bord.
En parlant, on ne change jamais l'opinion des autres, on change quelquefois la sienne.
Le hasard fait bien les choses, c'est la réputation qu'on lui a fait.
On n'a même plus le temps d'être un enfant qu'il faut se dépêcher de devenir un homme.
On dirait que la vie est faite pour être mille fois recommencée.
Le signe qu'on vieillit, c'est quand on a de plus en plus besoin de la confiance des autres.
Il y a deux attitudes possibles devant la mort. Ce sont les mêmes attitudes que devant la vie. On peut les fuir dans une carrière, une pensée, des projets. Et l'on peut laisser faire - favoriser leur venue, célébrer leur passage.
On ne peut pas pleurer et penser, car chaque pensée absorbe une larme.
J'aime bien les ennemis : on est sûr, avec eux, de ne pouvoir se brouiller.
Rien de si aisé que d'être bien avec un homme qu'on ne voit qu'une fois par mois.