Rien ne doit compter en dehors de l'être qu'on aime, rien ne doit exister, l'amour doit donner des ailes, vous transporter au-dessus de la terre.
L'intimité est funeste à toute grandeur, et il faut bien se garder de la familiarité quand on aspire sérieusement à la gloire.
Ce n'est que lorsqu'on n'a plus de but dans la vie qu'on est vraiment libre.
Les enfants martyrs sont ceux qu'on embrasse trop. Les grand-mères sont particulièrement recherchées pour cette tâche de tortionnaire.
Il y en a qui ont le coeur si large qu'on y rentre sans frapper. Il y en a qui ont le coeur si frêle qu'on le brise d'un doigt.
Avoir assez d'empire sur soi-même pour juger des autres par comparaison avec nous, et agir envers eux, comme nous voudrions que l'on agît envers nous-mêmes, c'est ce qu'on peut appeler la doctrine de l'humanité ; il n'y a rien au-delà.
Un juste est un homme qui dérange, un homme qu'on finit par crucifier.
A rêver trop longtemps, on finit par connaître des réveils douloureux.
On ne peut pas "poser" une question car il est dans la nature de celle-ci d'être volatile et volubile et dans son rôle de frapper et de rebondir.
Plus on juge, moins on aime.
Un des mensonges : on souffre plus en maltraitant, en torturant et en tuant quelqu'un qu'en étant maltraité, torturé et tué.
On doit mettre tout son coeur dans la cuisine.
Des catastrophes "arrivent". Puis, elles "sont arrivées". Et on passe à autre chose.
Refuser, c'est se révolter contre l'injustice du sort, lui montrer qu'on est plus fort que lui.
. Sur le terrain, quand on fait appel à moi, j'essaie d'être le plus naturel possible, de ne pas jouer avec le frein à main.
On se met pas à ne plus aimer quelqu'un. On se met à aimer quelqu'un d'autre, peut-être aussi parce qu'il y a de la place...
Il ne faut rien accorder aux sens quand on veut leur refuser quelque chose.
On connaît le diable à ses griffes.
Le courage existe seulement où il y a du bon sens et non l'emportement irraisonné d'un moment. Dans un coup de tête, on ne peut accomplir une action d'éclat, mais le vrai courage exige de la patience et du renoncement.
De tout temps on a pris les "beaux sentiments" pour des arguments.
On ne vit qu'une fois. Peut-être, mais cela permet d'agoniser beaucoup de fois.
Cette difficulté d'écrire qu'on prête aux écrivains n'est pour eux qu'une difficulté de plus, à cause de l'exigence.
On n'enseigne pas aux forces de l'ordre la protection du citoyen mais la protection du pouvoir.
Les livres naissent de l'ignorance, et s'ils continuent à vivre après avoir été écrits, ce n'est que dans la mesure où on ne peut les comprendre.
Lorsqu'on nous dit que nous sommes dans la civilisation de l'image, on commet une erreur : en fait nous sommes dans une civilisation de l'audiovisuel (ou l'audiovisible) c'est-à-dire d'une domination de l'image parlante.
La mauvaise lecture est celle que l'on se reproche secrètement de faire.
On ne rit pas pour rire mais pour être applaudi.
Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt.
Les passions sont le sel de la vie ; on n'est heureux ni malheureux qu'à proportion qu'on les a violentes.
Il est plus facile de mourir pour la femme qu'on aime que de vivre avec elle.
Les gens reprochent souvent aux médias de ne pas rapporter de bonnes nouvelles, oubliant commodément que plus on carbure à la catastrophe, plus on vend.
La solitude que l'on éprouve en écrivant est assez terrifiante. C'est parfois proche de la folie, on disparaît et on perd le sens de la réalité.
Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte.
On a honte d'avouer qu'on a de la jalousie, et l'on se fait honneur d'en avoir eu et d'être capable d'en avoir.
Et mort on n'est pas mieux dans l'or que dans la boue.
Le problème, quand on a été heureux au moins une fois dans sa vie, c'est qu'on ne peut plus s'en passer.
Les disputes nous fatiguent, c'est p't-être pour ça qu'on baille, puis l'amour rend aveugle, c'est p't-être pour ça qu'on braille.
On doit mieux aimer ses amis pour leurs défauts que pour leurs qualités.
Au zoo. Toutes ces bêtes ont une tenue décente, hormis les singes. On sent que l'homme n'est pas loin.
Il faut bien de la force pour dire en mourant les mêmes choses qu'on dirait en bonne santé.
Lorsqu'on fait une profonde révérence à quelqu'un, on tourne le dos à quelqu'un d'autre.
Celui qui se tue court après une image qu'il s'est forgée de lui-même : on ne se tue jamais que pour exister.
Il n'est en art qu'une chose qui vaille : celle qu'on ne peut expliquer.
Ce qu'on nomme idée est l'objet de la pensée.
Le temps qu'on perd ne revient pas ; le temps qu'on gagne non plus d'ailleurs.
Solitude. C'est le prix que l'on paie à se différencier des autres.
On a beau saluer une statue, elle vous ignore.
De la fréquentation de son pénis on tire des satisfactions inépuisables.
C'est toujours dans la nuit, et en catimini, qu'on quitte le pays dans lequel on a été accueilli en richissime, quand la pauvreté et l'endettement vous assaillent.
Quand on est vraiment, vraiment fatigué, on a l'impression qu'être allongé ne suffit pas.