Aujourd'hui, l'intéressant et le curieux priment le vrai ; l'étrange et l'émouvant priment le vrai. On s'intéresse à des doctrines qu'on n'adopte pas ; on admire des exemples qu'on ne suit pas.
Le présent est fait de déformations du passé et d'ébauches imprécises de l'avenir. Et quoi qu'on fasse, le présent n'est jamais qu'une vaste et bruyante fabrique du passé.
La couche nuptiale est l'asile des soucis ; c'est le lit où l'on dort le moins.
Le beau n'est jamais inutile, il existe ne serait-ce que pour qu'on le haïsse.
On n'apprend rien que par l'amour, on ne peut savoir qu'en se donnant.
On ne peut comprendre l'homme en-dehors de la nature, et la nature est incompréhensible sans l'homme.
Il en est des bêtes comme des hommes, on ne peut pas en aimer plusieurs.
On n'a vraiment pas besoin de savoir pour aimer, et le temps que l'on dépense à tenter de connaître l'être qu'on aime, c'est tout le temps qu'il lui faut pour mourir.
En parcourant un livre de médecine, on s'imagine avoir toutes les maladies qu'il décrit, de même, en lisant l'ouvrage d'un moraliste, on découvre tous les travers qu'il signale... mais chez les autres !
Quoi qu'on fasse, tout bon produit devient tôt ou tard un mauvais produit.
On doit tous être pareils. Nous ne naissons pas libres et égaux, comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux.
On dit toujours que quelqu'un exagère quand il décrit une injustice à des gens qui ne veulent pas en entendre parler
On m'a souvent demandé de quel pays je viens, mais je suis né en France, j'écris en français, je rêve en français.
Le palais des Festivals à Cannes, c'est un endroit où on applaudit les toilettes avant d'aller se faire chier.
Rien ne sert de haïr lorsque l'on peut aimer, Mais rien ne sert de rire lorsque l'on veut pleurer.
La fortune est le nom que prend l'argent à partir du moment où l'on en a assez pour ne plus en avoir besoin.
On ne déshonore point un homme qui sait mourir.
On dit que le sang veut du sang.
Il n'y a pas de sots métiers, c'est entendu... Mais il y a ceux qu'on laisse aux autres.
Il est évident que Dieu était une solution, et qu'on n'en trouvera jamais une autre qui soit aussi satisfaisante.
C'est sur les vitres qu'on grave les mots ineffaçables.
On blâme la frisure quand on n'a plus de cheveux et on médit les pommes quand on n'a plus de dents.
La nuit : combien elle pourrait être quelque chose de merveilleux si on savait l'approcher, se l'annexer.
Quand on est vieux, chaque jour a valeur d'éternité.
On ne reçoit pas dans sa maison avec les chiens de garde en laisse dans sa cour.
Et pour la fête, comme pour les enterrements, les commémorations, on sort les "habits du dimanche", ceux que l'on achète un peu trop grands et qui deviennent très vite un peu trop courts.
L'amour est aussi imprécis que Windows : dans les deux cas, on ne sait pas où on va.
Il faut avoir le courage dans la vie de quitter sa péniche, sinon on vogue au fil de l'eau en se faisant du cinoche et on crève sans être allé ailleurs qu'au cinoche.
L'hétérosexualité c'est aussi naturel que l'enclos électrique dans lequel on parque les vaches.
Partout on s'emmène soi-même. Alors partir sans vouloir un ailleurs. Partir pour se trouver. Dans le silence, dans l'espace. Juste au dessus du temps, juste au-delà des peines. Partir sans oublier. Pour regarder plus haut, faire semblant de se laisser aller au vent. Pour inventer le sens du fil qui nous attache.
Quand un homme est devenu fameux, on lui compose des antécédents.
Mon fils, étudies, car petit comme tu es, même à la police on ne te veut pas !
On naît tous avec un certain fonds de folie à dépenser ; heureux qui le dépense en détail dans sa jeunesse !
On a toujours le choix d'être con ou pas.
Au fond, y a que dans les adieux qu'on peut être parfaits.
Dans l'amour on ne s'applique pas à être bien, non, on aime avec de la douleur, de la joie mais surtout jamais de plat ! Si l'on ne tremble pas du matin jusqu'au soir alors c'est raté !
Qu'est ce qu'un amant ? C'est un instrument auquel on se frotte pour avoir du plaisir.
Il est parfois utile de dire carrément ce qu'on pense surtout si l'on a la réputation d'être retors.
Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans !
L'envie qui parle et qui crie est toujours maladroite ; c'est l'envie qui se tait qu'on doit craindre.
On fait tout ce qu'on veut. Cela se dit quand on l'a fait et qu'on vous a laissé faire.
Même les nénuphars tremblent à l'idée qu'on puisse assainir le fond du marécage.
Il semble que la psychanalyse soit la troisième de ces professions impossibles où l'on peut d'avance être sûr d'échouer, les deux autres, depuis bien plus longtemps connues, étant l'art d'éduquer les hommes et l'art de gouverner.
Toutes les routes sont bonnes pourvu qu'on les suive jusqu'au bout.
On ne feuillette pas le temps, c'est lui qui effeuille nos vies.
C'est drôle, les familles. Elles se veulent éternelles, et dans un sens elles le sont : on n'y change plus jamais de la vue qu'on y a des enfants, même quand ils grandissent.
Tout jeune, on pousse. Adulte, on se pousse. Vieux, les autres vous poussent.
La gloire, c'est d'abord une belle plage. On se roule dans son sable fin, puis, bientôt, on sent une odeur mauvaise, celle des poissons que les femmes viennent vider sur le bord.
Il me semble qu'il y a là, depuis la souveraineté infâme jusqu'à l'autorité ridicule, tous les degrés de ce que l'on pourrait appeler l'indignité du pouvoir.
La richesse est le nombre de choses dont on peut se passer.