Je me rends compte que plus on vieillit, moins on porte de maquillage, plus on a l'air jeune.
Un grand auteur est celui dont on entend et reconnaît la voix dès qu'on ouvre l'un de ses livres. Il a réussi à fondre la parole et l'écriture.
Quand on a besoin des bras, les secours en paroles ne servent de rien.
C'est un travers de notre démocratie de courir aveuglément aux réformes. On demande une réforme... et elle n'est pas plus tôt votée qu'on s'en détourne, qu'on court à une autre.
Ce que tu serais fâché que l'on te fît, aie soin de ne jamais le faire à un autre.
On guérit comme on se console : on n'a pas dans le coeur de quoi toujours pleurer et toujours aimer.
Un homme qui hésite, c'est un homme qu'on peut tenter.
On a toujours envie de s'améliorer. Mais il faut aussi faire ce qui vous rend heureux.
On dit tout. Tout ce qu'on peut. Et pas un mot de vrai nulle part.
Une religion lucide est un peu celle que l'on se fait et avant tout une question de sincérité envers soi-même.
Pour savoir où on en est avec quelqu'un, il suffit d'écouter de la musique ensemble. Le moindre désaccord nerveux vient faire taches dans les intervalles, mais si le son passe sans rencontrer personne, c'est le signe que tout va bien.
On suit l'éléphant dans la brousse pour ne pas être mouillé par la rosée.
Le cérémonial a toujours servi à se mettre du plomb dans la cervelle. Sans la grandiloquence des rites, on n'aurait de force pour rien.
Jeune, on se passe très aisément d'esprit dans la beauté qu'on aime, et de bon sens dans les talents qu'on admire.
La première année, on achète des meubles. La deuxième année, on déplace les meubles. La troisième année, on partage les meubles.
On a les qualités qu'on veut avoir.
Qu'est-ce que tu veux mon vieux !Dans la vie on fait ce qu'on peutPas ce qu'on veut...
J'ai beau me direQue c'est comme çaQue sans vieillirOn n'oublie pas
On s'est embrassé toi et moi, comme dans « Autant en emporte le vent », avec la montée de la musique et la montée de... la musique ! C'était rien pour toi ?
Journal : le besoin de consigner toutes les réflexions amères, par l'étrange peur qu'on arriverait un jour à ne plus être triste...
Le fait est, on dirait, que tout ce qu'on peut espérer c'est d'être un peu moins, à la fin, celui qu'on était au commencement.
On n'a pas le droit de juger quiconque à son insu.
La voix du sentiment ne peut nous égarer, Et l'on n'est point coupable en suivant la nature.
On ne peut ni échapper au regard des dieux ni les contraindre.
On devient rebelle quand les siens sont en cause.
On peut croire que l'on aime, mais cela ne suffit pas pour réunir un homme et une femme. Ils doivent vivre leur amour pour qu'il existe vraiment, ils doivent le mériter.
On parle souvent du Nouveau Testament sans dire qui a hérité de l'Ancien.
On n'a pas trop d'une vie pour se comprendre. Le défaut, c'est de vouloir descendre en profondeur.
Toutes les idées qui triomphent courent à leur perte, et les autres ne valent que par ce que l'on y aura mis soi-même de fièvre et d'espérance.
On va pas au sommet en groupe. On y va seule, et ceux qui restent derrière restent derrière, c'est comme ça.
La grande faiblesse des régimes de liberté, c'est que chacun y est libre de clamer qu'on ne l'est pas.
Quand on croise son destin, le secret s'impose. La magie est à ce prix.
Le langage est foncièrement lié au désir de domination sociale. Il cherche l'ascendant. Sa fonction est le dialogue et le dialogue, quoi qu'on en dise de nos jours, c'est la guerre.
Comme on est sans défense devant la flatterie !
Sous l'Ancien Régime, le Roi chiait devant la Cour. Pourquoi cette cérémonie s'était-elle perdue ? Si le Président de la République chiait chaque soir en direct à la télévision, nul doute qu'on le respecterait un peu plus.
Aux gars on promet, Aux filles on donne.
Je me méfie de tous les paradis que l'on ne porte pas d'abord en soi-même.
On ira tous au Paradis.
Quand le fait qu'on rencontre ne s'accorde pas avec une théorie régnante il faut accepter le fait et abandonner la théorie.
On n'entre pas dans le Paradis demain, ni après-demain, ni dans dix ans, on y entre aujourd'hui, quand on est pauvre et crucifié.
Si peine est perdue, on est déjà ridés. Principe, honneur, trouvé mes peurs, quinze ans, déjà, les yeux vidés, mourir pour mes idées.
On peut dire schématiquement que le monde ne dort plus. ; l'une de ses moitiés tenue éveillée par la faim, et l'autre par la peur des affamés.
On entend souvent la remarque : "Il parle trop", mais a-t-on jamais entendu la critique : "Il écoute trop" ?
Le grand amour, quand il n'y a plus de distance, quand on n'a même plus besoin de poser une question parce que la réponse est déjà en soi et en l'autre.
On est toujours forcé de donner quelque chose au hasard.
On ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu'on n'oserait confier à personne.
Quand un philosophe vous répond, on finit par oublier ce qu'on lui avait demandé.
Que peut-on bien boire là-haut d'où il ne tombe que de l'eau ?
La solitude serait un endroit idéal si on pouvait choisir les gens qu'on évite.
Il y a des femmes tellement précoces que l'on est tenté de se demander si elles ont été jamais vierges.