De nos jours, on survit à tout sauf à la mort.
Mon pauvre oncle disait souvent : "Il faut toujours tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler." Que devrait-on faire avant d'écrire ?
Il n'y a point de chapelle, si petite soit-elle, où l'on prêche au moins un fois dans l'année.
Penser tout le mal qu'on voudra, mais ne le laisser entendre qu'à demi-mot. Ne jamais lancer une vérité de face à quelqu'un, mais insinuer cinquante fois pire.
Il n'y a pas de bonheur parfait ! dit l'homme quand sa belle-mère mourut et qu'on lui présenta la note des pompes funèbres.
On a beau dire, une rupture, ça libère, mais ça déchire aussi, ne serait-ce que la routine.
On peut facilement tirer tant de livres de la vie et l'on peut tirer si peu, si peu des livres.
On ne peut voir que là où il n'y a plus aucune ténèbre de puissance. Le pouvoir aveugle, la gloire assombrit.
Dans un pays sans chien, on ferait aboyer le chat.
Quand on lit le récit d'une vie "exemplaire" comme celle de Balzac, on arrive toujours au récit de la mort. A quoi bon ?
La société dans laquelle on est ressemble à une espèce d'avion de ligne où tous les voyants seraient au rouge dans le cockpit et qu'à l'arrière on continue soit à boire le champagne soit éventuellement à se quereller.
On ne devrait avoir peur de rien d'autre que des choses qui ont le pouvoir de nous faire du mal, mais il ne faut pas craindre les choses anodines.
Le bonheur est en nous, puisqu'en amitié comme en amour on jouit surtout de ce que l'on donne.
Si l'on veut s'approcher des enfants, il faut parfois devenir enfant soi-même.
A chaque sommet on est toujours au bord d'un précipice.
Qu'appelle-t-on sens commun ? Le sens que chacun de nous pense avoir tout seul.
Quand on sait que tout problème est un faux problème, on est dangereusement près du salut.
Le proverbe empirique qui dit : "C'est en forgeant qu'on devient forgeron" est un proverbe de vérité, car il est plutôt rare, en effet, qu'en forgeant, un forgeron devienne petit télégraphiste ou mannequin de haute-couture.
Il est aussi absurde de pleurer sur le temps où on ne sera plus, qu'il le serait de déplorer celui où l'on n'était pas encore.
On devrait interdire l'alcool aux angoissés, ce sont des proies faciles : ils ont la faiblesse de croire, l'espace d'un soir, qu'ils ont droit à leur part de bonheur.
On est toujours seul quand ça va mal.
Près d'elle, on sent bien qu'on tient une chatte, une chatte à griffes et à crocs, une chatte perfide, sournoise, amoureuse ennemie, qui mordra quand elle sera lasse de baisers.
Quand on ne sait pas où on va, la vitesse du déplacement ne compte plus.
Si on ne peut guérir de ses maux, que faire d'autre que vivre avec.
À manger trop vite, on se brûle la bouche.
On n'est jamais sûr de soi dans ce métier. On apprend toujours de nouvelles choses. Et il faut constamment se dépasser.
Si l'on sait exactement ce qu'on va faire, à quoi bon le faire ?
Les statues ne font que nommer l'oubli. On n'est jamais plus mort qu'en bronze.
On s'accoutume à tout dans l'abondance, il n'y a guère de dégoût dont elle ne console.
En fin de compte, on ne peut attendre le salut que de soi-même. Mais vaut-il la peine de se sauver ?
Il est des maisons qui donnent des ordres. Elles sont plus impérieuses que le destin : au premier regard on est vaincu. On devra habiter là.
Venise pourrit : on a enlevé les fleurs, il reste l'eau.
Si on n'est pas prêt à tout, on n'est prêt à rien.
Les justes éloges ont un parfum que l'on réserve pour embaumer les morts.
Quand on est célibataire, on n'a surtout aucune envie de voir sa meilleure amie se mettre en ménage.
On a demandé un jour à Aristote ce que ceux qui disent des mensonges y gagnent. Dit-il - Que lorsqu'ils disent la vérité, ils ne sont pas crus.
Et oui le passé c'est douloureux. Mais à mon sens on peut soit le fuir, soit tout en apprendre.
Le plus beau voyage est celui qu'on a pas encore fait.
Il y a une analyse selon laquelle, d'une vérité compacte, on déduit des vérités plus simples.
La première règle de la guerre est de faire soi-même ce que l'on exige de ses hommes.
L'important n'est pas ce qu'on regarde, mais d'où on regarde.
Pourquoi mépriserait-on la passion pour le sport alors même qu'on encense celle pour l'art, la philosophie ou la science ?
Tous les maux humains, sans excepter la guerre, viennent de ce que l'on croit trop vite et avec bonheur.
On ne devrait porter le demi-deuil que pour les parents qui sont à moitié morts.
A vouloir supprimer tous les risques, c'est la vie elle-même qu'on réduit à rien.
La vérité réside dans la possibilité de considérer comme une métaphore ce que l'on avait l'habitude de prendre de façon concrète.
La vertu est infiniment plus dangereuse que le vice. On ne peut la dénoncer, on ne peut que la punir.
Tout le monde mérite qu'on soit gentil : n'importe qui, quel qu'il soit.
La hauteur chante ce qu'on parle dans la profondeur.
Je n'aime pas les portables. J'ai horreur qu'on me parle dans la main.