Plus on étudie, plus on sait. Plus on sait, plus on oublie. Plus on oublie, moins on sait. Moins on sait, moins on oublie. Moins on oublie, plus on sait. Alors, à quoi bon étudier ?
Le moi est une cabine d'essayage, on s'y enferme avec son miroir pour y choisir son image.
A notre époque, on ne se marie jamais très bien du premier coup, il faut s'y reprendre.
L'homme compense le poids du mal dont on lui a écrasé l'échine par la masse de sa haine.
Une façon rapide de faire son chemin est de monter derrière les succès. A ce métier-là, on est bien un peu crotté, on risque bien d'attraper quelques coups de fouet, mais on arrive, comme les domestiques, à l'antichambre.
On n'a jamais tant parlé de Dieu depuis qu'il est mort.
Ca marche toujours lorsqu'on sait ce qu'on fait.
Plus que l'homme, la femme tient à se tenir à la hauteur de l'opinion qu'on se fait d'elle.
On dit : retracer une vie. Mais les arabesques et méandres dessinent à la fin un motif plutôt indiscernable : juste une forme évidée. Peut-être ne fait-on que cela : broder sur la musique du temps, avec parfois des cassures.
Il faut avoir de grosses illusions bien grasses : on a moins de peine à les nourrir.
Le soir seulement on peut se réjouir d'une journée qui fut bonne.
J'aime quand le courage ou l'héroïsme s'enveloppent de discrétion et surviennent là où on ne s'y attendrait pas.
L'amour est un risque terrible car ce n'est pas seulement soi que l'on engage. On engage la personne aimée, on engage aussi ceux qui nous aiment sans qu'on les aime, et ceux qui l'aiment sans qu'elle les aime.
Et je suis fatiguée de garder des secrets, on m'a demandé de le faire une fois et ça nous a presque détruit. Je ne veux pas laisser ça se reproduire.
On m'a souvent demandé de quel pays je viens, mais je suis né en France, j'écris en français, je rêve en français.
On ne dévore pas un bon livre, c'est plutôt dans son ventre que vous risquez de finir
On ne jette pas une ampoule quand elle éclaire encore.
On apprend ordinairement les langues pour pouvoir exprimer nettement qu'on sait . Mais il semble que les médecins n'apprennent leur jargon que pour embrouiller ce qu'ils ne savent point.
Les cocktails, dans les soirées, c'est ce qu'on a inventé de pire depuis l'huile de foie de morue !
Le vice est un goût que l'on ne partage pas.
Pourquoi Dieu écoute-t-il quand on lui demande des choses qui plus tard ne feront plus notre affaire ?
Lorsqu'on écrit, il faut tout imaginer, toujours, mais les coups d'oeil qu'on peut jeter sur la vie d'autrui fournissent des clous sur lesquels accrocher les histoires et les personnages qu'on invente.
On ne remporte ici-bas que des prix de consolation.
On ne renonce pas à ses rêves, on les modifie seulement.
Le temps ne vaut que par ce qu'on y met.
Un jour, on ne rêve plus que d'ailleurs.
Il n'y a guère de cause dont on souhaiterait le succès si l'on voyait tout ce qui fermente dans le coeur de ses défenseurs.
Chacun poursuit en lui sa Route des Indes et l'homme est plus vaste que la terre, dont on fait le tour en quelques heures.
N'oublions pas que toutes les croyances populaires, même les plus absurdes en apparence, reposent sur des faits réels, mais mal observés. En les traitant avec dédain, on peut perdre la trace d'une découverte.
Si on ne l'arrête pas suffisamment tôt, le mal finit par atteindre tous les hommes et par les engloutir, qu'ils l'aient combattu ou ignoré.
Si une tartine tombe toujours du côté beurrée, et qu'un chat retombe toujours sur ses pattes, que se passe-t-il si on laisse tomber un chat sur le dos duquel on a attaché une tartine beurrée ?
Peut-on haïr sans cesse ? Et punit-on toujours ?
A ce rythme on sera bientôt les derniers animaux, visiteurs impolis, passagers en escale venus lâcher bombes atomiques.
Le désir c'est la distance à parcourir entre la soif et la fontaine qui recule au fur et à mesure qu'on avance vers elle.
Quand on fait d'une passion un métier, on n'a pas envie que cela s'arrête.
La première mention de Robin des bois que l'on possède se trouve dans "The vision of piers the plowman", qui date de 1377 ou 1378 ("I can rymes of Robin Hood and Rodolf, Erle of Chester"). Mais à cette époque, [...] ► Lire la suite
Le plus souvent, les problèmes que l'on a avec les autres, ne sont que le reflet de ceux que l'on a avec soi-même.
Prier Dieu c'est se flatter qu'avec des paroles, on changera toute la nature.
On ne peut être juste tout seul, à l'être tout seul on cesse de l'être.
Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas.
Le cimetière est un jardin où l'on vient apporter des fleurs une fois par an.
Devenir vieux, c'est être de plus en plus puni pour un crime que l'on n'a pas commis.
Je voudrais voir les femmes à la hauteur de l'amour qu'elles m'inspirent - avant d'arriver à cet âge où l'on peut encore sentir l'amour, mais où on ne l'inspire plus.
On peut se douter du doigt de Dieu, car il se l'est mis dans l'oeil indiscutablement en créant le monde.
On ne guérit pas d'un mal en s'en occupant tout le temps.
Quand on use ses jours à écrire, c'est qu'on y est contrainte par je ne sais quelle force occulte. On est sommée de continuer sa mémoire comme si on était déjà morte.
La prudence exige qu'on ne s'entoure que d'êtres qui n'ont pas besoin de soi.
On ne se connaît pas vraiment quand on ignore les autres.
Quand on est roi, que peut-il manquer ? D'être Dieu.
C'est drôle, les familles. Elles se veulent éternelles, et dans un sens elles le sont : on n'y change plus jamais de la vue qu'on y a des enfants, même quand ils grandissent.