L'on n'estime guère dans les autres que les qualités que l'on croit posséder soi-même.
Pour donner au peuple un sentiment national on doit idéaliser l'histoire.
Que peut-on bien boire là-haut d'où il ne tombe que de l'eau ?
La solitude serait un endroit idéal si on pouvait choisir les gens qu'on évite.
C'est l'eau du désert qui est la meilleure, parce qu'on la trouve sous l'aridité des sables.
On ne remplace pas ceux qui meurent, il faut s'habituer à ne vivre qu'une fois.
Le plus souvent, on se querelle pour vivre, pour se prouver qu'on existe, qu'on est encore capable de lutter, de tenir une idée, même folle.
On peut très bien éprouver le sentiment de l'absolu en se faisant la barbe ou en mangeant des gaufres.
On n'a jamais rien à gagner à tenter de créer soi-même un événement. L'événement c'est comme la plomberie, une affaire de spécialiste.
Le langage est foncièrement lié au désir de domination sociale. Il cherche l'ascendant. Sa fonction est le dialogue et le dialogue, quoi qu'on en dise de nos jours, c'est la guerre.
Les alarmes antivol sont insupportables et ne servent à rien, bien au contraire on risque davantage de se faire esquinter sa voiture par un voisin furieux que de se la faire voler.
L'homme est naturellement bon ; il aime à faire payer les services qu'on lui rend.
On part, un jour, parce que l'on veut croire qu'un regard peut triompher des bornes de la pensée.
La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s'examine n'avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte.
Qu'est-ce que tu veux mon vieux !Dans la vie on fait ce qu'on peutPas ce qu'on veut...
La célébrité, c'est l'avantage d'être connu de gens qu'on ne connaît pas, et qui ne nous connaissent pas.
J'ai compris très jeune qu'une vie où on ne tente pas de réaliser tout son potentiel, parce qu'on passe son temps à hésiter, à avoir peur ou à refuser les expériences, est une vie gâchée.
Journal : le besoin de consigner toutes les réflexions amères, par l'étrange peur qu'on arriverait un jour à ne plus être triste...
Au dernier jour, on ne vous demandera pas ce que vous aurez su, mais ce que vous aurez fait.
On ne peut tout de même pas tout leur prendre, aux pauvres.
Le critique insulte l'auteur : on appelle cela de la critique. L'auteur insulte le critique : on appelle cela de l'insulte.
On guérit comme on se console : on n'a pas dans le coeur de quoi toujours pleurer et toujours aimer.
On parle toujours trop de soi-même à ceux qui ne nous comprennent pas.
Il ne faut pas employer ceux qu'on soupçonne, ni soupçonner ceux qu'on emploie.
Une laide impérieuse et qui veut plaire est un pauvre qui commande qu'on lui fasse la charité.
D'amour on y revit, d'amour on y soupire, sous les plus douces lois de son heureux empire.
J'ai beau me direQue c'est comme çaQue sans vieillirOn n'oublie pas
Si petite que soit une forêt, on y trouvera toujours suffisamment de fibres pour lier un homme.
Dans les rêves, on ne voit jamais le soleil, bien qu'on ait souvent la perception d'une clarté beaucoup plus vive. Les objets et les corps sont lumineux par eux-mêmes.
Il est plus facile de mourir pour ce qu'on croit que d'y croire un peu moins.
A quinze ans, vingt ans tout au plus, on est déjà achevé d'imprimer.
Etre vide, être nul serait tolérable si l'on n'en était pas conscient.
On n'a jamais tout à fait raison avant d'être tout à fait mort.
Dès que l'on commence à épier son corps, le vieillissement a commencé.
Une religion lucide est un peu celle que l'on se fait et avant tout une question de sincérité envers soi-même.
On a raison de dire "con comme la lune". La lune est tellement con qu'elle croit que la terre est son satellite.
Dès qu'on entre en politique, on ne sait pas où on met les pieds et l'on risque de perdre la tête.
Si l'on couchait par écrit, sans rien inventer, l'histoire cachée des petites gens, les romanciers en resteraient abasourdis.
Délire laborieux et appauvrissant que de composer de vastes livres, de développer en cinq cent pages une idée que l'on peut très bien exposer oralement en quelques minutes.
Les livres que l'on écarte sont toujours ceux dont on s'aperçoit plus tard qu'on en a justement besoin.
Bataille. Comment ne pas mourir de chagrin si on la perd, et de joie si on la gagne ?
Aussi longtemps qu'on enseignera les mathématiques à l'école, il faudra aussi qu'on y fasse sa prière.
Kiko, t'as encore écouté France culture ? Arrête. On te l'a déjà dit. Ça se mélange super mal avec la cocaïne.
Quand les gens posent pour une photographie, ils sourient, ils sont bons, leur âme est endimanchée. C'est agréable de les regarder, on a le meilleur d'eux.
À la fin de sa vie, on peut évaluer sa vie à partir de six critères : le physique, la famille, l'époque, les amitiés, l'amour, la profession.
C'est comme ça qu'on a gagné la partie. Ensemble. Heureux. Et là, au fond du béton, on a enfin partagé notre rêve d'enfant : le rêve d'un amour sans fin...
On s'est servi de la confession, de la communion et de tous les sacrements pour commettre les crimes les plus horribles.
Il faut toujours laisser la porte du plateau ouverte, parce qu'on ne sait jamais ce qui peut y entrer.
Pendant une guerre, le présent, le passé sont parfois si proche qu'ils se confondent et on en sait où commence le souvenir et où finit le présent.
La réalité est-elle plus entière dans le geste que l'on pose ou dans celui que l'on retient ?