Journal : le besoin de consigner toutes les réflexions amères, par l'étrange peur qu'on arriverait un jour à ne plus être triste...
La relation interpersonnelle que j'établis avec autrui, je dois l'établir aussi avec les autres hommes ; il y a donc nécessité de modérer ce privilège d'autrui ; d'où la justice. Celle-ci, exercée par les institutions, qui sont inévitables, doit toujours être contrôlée par la relation interpersonnelle initiale.
La question de savoir si quelqu'un a besoin de ce que je fais est secondaire.
Celui qui ne peut pardonner aux autres se coupe des ponts qu'il devra traverser, car tout homme éprouve le besoin de se faire pardonner.
Il est bien plus naturel à la peur de consulter que de décider.
Une certaine qualité d'amour, une certaine... quantité aussi, ne laisse guère de place à l'infidélité.
Le seul critère de réussite d'une collectivité devrait être sa capacité à ne pas exclure, à faire sentir à chacun qu'il est le bienvenu, car tous ont besoin de lui.
Mais une des innombrables particularités qui distinguent l'homme de la bestiole, c'est qu'il en veut plus. Et même quand il a la quantité suffisante, c'est la qualité qu'il réclame.
L'extériorisation de la volonté comme volonté subjective ou morale est l'action.
On a besoin de ses mains pour dire les choses que la parole ne traduit pas.
Avec cette rage d'aventures, ce besoin d'émotions fortes, cette folie de voyages, de courses, de diable au vert, comment diantre se trouvait-il que Tartarin de Tarascon n'eût jamais quitté Tarascon ?
Ton père était un panier percé. C'était un de ces enfants aristocratiques qui s'étaient intégrés en France, mais qui avaient toujours peur d'être considérés comme des "métèques", des étrangers indésirables, au fond, seulement acceptés dans la mesure ou ils avaient - et dépensaient - de l'argent.
C'est pourquoi tout ce qui a quelque quantité virile, depuis une trentaine d'années, se précipite éperdument au désespoir. Cela fait toute une littérature qui est véritablement une littérature de désespérés.
Des âmes libres, bien plutôt que des hommes libres ! La liberté morale est la seule importante, la seule nécessaire ; et l'autre n'est bonne et utile qu'autant qu'elle favorise celle-là.
Le pouvoir, sans le consentement de ceux sur lesquels il est exercé, est une duperie qui jamais ne dure longtemps, un équilibre éminemment fragile entre la peur et la révolte, et qui se rompt d'un coup quand suffisamment d'hommes prennent ensemble conscience de partager le même état d'esprit.
C'est comme 10 000 cuillères, quand tout ce dont vous avez besoin est un couteau.
Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, madame, il n'y a que ça qui nous distingue des autres bêtes.
J'ai une bouche et je n'ai pas peur de l'utiliser.
Il y a toujours dans la pensée une certaine quantité de rébellion intérieure.
Le travail bien fait n'est pas seulement une responsabilité pour nous-mêmes et pour la société ; c'est aussi un besoin émotionnel.
Les grands gagnants sont motivés non pas tant par la poursuite du succès que par la peur de l'échec.
La peur est insensée, elle craint même les choses dont elle attend du secours.
Pour faire changer les choses, il ne faut pas avoir peur de faire le premier pas. Nous échouerons si nous n'essayons pas.
La multiplicité des lois flatte dans les législateurs deux penchants naturels, le besoin d'agir et le plaisir de se croire nécessaires.
Un journal intime a des pouvoirs, quand on le relit, quand on le retrouve, c'est incroyable ce que ça ramène comme images, comme souvenirs d'une précision inouïe pour celui qui l'a écrit.
Les unions qui sont conclues par amour ont l'erreur pour père et la nécessité pour mère.
Sur ce, vous pouvez croire en Dieu de deux façons, ou comme la soif croit à l'orange, ou comme l'âne croit au fouet.
Les gens n'ont pas besoin de carrière. Les gens devraient simplement exister.
J'ai plus peur d'échouer, noyé dans des larmes de douleur.
Quand on a peur de la joie, il reste la douleur.
La mer : une telle quantité d'eau frise le ridicule.