Ce ne sont pas les richesses qui font le bonheur, mais l'usage qu'on en fait.
Air vicié : air que l'on respire dans les maisons closes.
Ne combattez l'opinion de personne ; songez que, si l'on voulait dissuader les gens de toutes les absurdités auxquelles ils croient, on n'en aurait pas fini, quand on atteindrait l'âge de Mathusalem.
On ne surmonte le vice qu'en le fuyant.
Si l'on m'élève, je m'abaisse ; si l'on m'abaisse, je m'élève. Tout ce qu'on me refuse, j'y prétends ; de tout ce qu'on m'accorde, je me sens indigne.
Tant qu'on n'a pas eu à pardonner, on ne peut pas être un homme.
Au-dessus de quarante ans, on est tous du même âge.
On ne connaît jamais suffisamment un maître pour en parler absolument et définitivement.
L'ensemble de mes premiers essais me conduisit à reconnaître que cette opération sociale exigeait d'abord un travail intellectuel, sans lequel on ne pourrait solidement établir la doctrine destinée à terminer la révolution occidentale.
Qui souvent s'examine n'avance en rien dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte.
L'habitude de vouloir être le premier partout est un ridicule ou un malheur pour celui à qui on la fait contracter, et une véritable calamité pour ceux que le sort condamne à vivre auprès de lui.
Le travail est plus qu'indispensable, à chaque collection. Chaque dessin, chaque livre fait que l'on reste amateur.
Ce qui est bien avec les guerres civiles, c'est qu'on peut rentrer manger à la maison.
L'énergie qu'on met à repousser la louange dénonce l'importance qu'on lui prête.
Il est difficile d'être athée, de se passer du petit zeste sacré, car on a toujours un Dieu quelque part.
Il est si naturel d'estimer ce qu'on aime Qu'on voudrait que partout on l'estimât de même.
Il faut plutôt faire ce qu'on sera bien aise d'avoir fait, que ce que l'on est bien aise de faire.
On parle des maîtres chanteurs, on ne sait pas ce que c'est qu'une maîtresse chanteuse.
Ma femme me dit toujours que je suis un acteur exécrable, car dans mon répertoire je n'ai pas le « visage de poker ». On devine tout de suite ce que je pense ou ce que je ressens. Ma voix également me trahit : lorsque j'essaye de mentir au téléphone, elle me traite d'incapable.
- Dans les affaires, Monsieur, dit-il, on n'a point d'amis, vous le savez bien, on n'a que des correspondants.
La vérité réside dans chaque coeur humain, et on doit la chercher là-bas, et être guidé par la vérité telle qu'on la voit. Mais personne n'a le droit de contraindre les autres à agir selon sa propre vision de la vérité.
La plupart des affections ne sont que des habitudes ou des devoirs qu'on n'a pas le courage de briser.
Le devoir : aimer ce que l'on se prescrit à soi-même.
Conscience universelle - On en appelle d'autant plus à elle que l'on est sûr qu'elle ne répondra pas.
On craint l'intelligence de certains fous.
Les livres, c'est comme l'amour, on ne vous en rend rien.
Aucun cheval de course n'est capable de filer aussi vite que l'argent qu'on a misé sur lui.
Les gens connus, on les connaît pas, on les reconnaît, c'est les gens pas connus qu'on connaît.
En jouant un rôle, il arrive qu'on se trouve soi-même.
On s'est dit que ce qui nous passe sous le nez ne nous passe pas à travers le coeur. Et on s'est crus.
On a pris la fâcheuse habitude de croire que, là où il y a des sons musicaux, il y a nécessairement de la musique. Autant voudrait dire qu'il y a littérature partout où l'on bavarde, peinture partout où l'on barbouille.
Avec les vieux, quand on commence à bavarder, ça n'en finit jamais.
Il y a un acteur dans chaque avocat. C'est par le prisme de ce que l'on est, de notre histoire, que l'on va chercher de l'émotion. Mais nous, on ne peut pas refaire la prise. Et surtout, au cinéma, personne ne joue sa peau : la différence est abyssale.
Mes vers ont le sens qu'on leur prête !
Chaque fois qu'on croit être enfin arrivé à joindre les deux bouts, un mauvais plaisant déplace l'un des bouts.
J'ai décidé que tant qu'on aurait pas inventé la télépathie il faudrait renoncer à communiquer.
S'il n'y avait que des bonnes langues, on serait tous couchés.
Chacun de son côté est capable des pires horreurs. C'est quand on regarde l'ensemble qu'on retrouve l'espoir.
Une session de méditation intensive ressemble à une randonnée, qui elle-même ressemble à la vie : il y a des étapes, des paysages qui changent à mesure qu'on s'élève, du soleil et de la pluie, des jours avec et des jours sans.
On ne demande point au syllogisme les principes de la science ; on lui demande vainement les lois intermédiaires, parce qu'ils est incapable de saisir la nature dans sa subtilité ; il lie l'esprit, mais non les choses.
Une règle qui régit nos interdits alimentaires:on ne peut pas manger ce qui est proche de nous. Il faut de la distance entre le mangeur et le mangé.
Quand on est pauvre, il est plus simple d'avoir un crayon et une gomme.
On ne peut pas être préparé à quelque chose tout en croyant secrètement que cela n'arrivera pas.
C'est une chose dangereuse de demander pourquoi quelqu'un d'autre a reçu plus. Il est humiliant - et même sain - de demander pourquoi on vous a tant donné.
Ça vaut le coup de se fâcher avec quelqu'un si on le voit tous les jours. Parce que si on se fâche avec quelqu'un qu'on ne voit que tous les ans, ça vaut pas le coup, on n'en profite pas.
Aujourd'hui je surveille sur mes mains le relief croissant des veines et la multiplication des petites tâches brunes que l'on peut appeler de leur vieux nom populaire, un peu oublié: "les pâquerettes du cimetière". Je n'éprouve pas de réel plaisir à raconter ça, mais je le reconnais, une profonde et savoureuse amertume.
On me parle de tout, sauf de mon métier !
On se console de ne pas mettre sa conduite au niveau de ses principes, en considérant combien ils sont élevés.
On éprouve le besoin d'aimer avant d'aimer quelqu'un.
On meurt dans l'état précis où on est né : avec des mains faites pour saisir et incapables de serrer.