Ce qu'on laisse sur la table fait plus de bien que ce qu'on y prend.
On calomnie la mort tandis que la vieillesse suffit pour disqualifier un homme.
La mort n'est que la mort ; on ne signifie rien par sa mort mais on la subit.
Le bonheur, je crois, après pas mal d'expérience, s'atteint et se procure par des choses qui sont gratuites et de petites choses minuscules auxquelles d'ordinaire on ne fait pas attention.
Les compétences, ça s'apprend. Le caractère, on l'a ou on ne l'a pas.
On fait comme si la fraternité devait rester un bel idéal de fronton, alors qu'elle devrait être au coeur de notre projet de civilisation.
En vieillissant, on prend conscience de l'impermanence des choses.
Comme, étant en possession du faux but de la vie, le bonheur, on oublie le vrai but, le devoir !
On roule confortablement sur l'autoroute de la vie, protégé par la ceinture de sécurité de nos certitudes et l'air-bag conducteur de la routine.
On ne se console pas des chagrins, on s'en distrait.
Que la poésie soit image, mais qu'elle ne fasse pas étalage d'images, on ne fait point une glace en juxtaposant des miroirs.
Le luxe absorbe tout : on le blâme, mais il faut l'imiter ; et le superflu finit par priver du nécessaire.
Les hommes vraiment pieux, on devrait en faire des clôtures.
Chaque homme a dans son coeur - outre l'animal qu'on dit y sommeiller - un critique d'art bien éveillé !...
Ne jamais oublier qu'on s'exprime avec les mots des autres...
La pauvreté ça s'apprend comme le reste, c'est encore le meilleur choc qu'on puisse attendre du futur.
On a beau croire le contraire, la joie se partage moins que le malheur.
On ne comprend jamais très bien l'être qu'on aime. Non pas qu'il soit plus opaque que les autres. Mais on se pose davantage de questions sur lui.
Grève à l'Arc de Triomphe : le Soldat Inconnu veut qu'on remplace son réchaud par un radiateur électrique.
Les choses qu'on pense que l'on va perdre deviennent excessivement précieuses. On aime ceux que l'on a peur de perdre.
On peut braver les lois humaines, mais non résister aux lois naturelles.
La distance n'est rien quand on s'aime aussi fort.
La nuit venue, on y verra plus clair.
On peut toujours apprendre ce qu'on ne sait pas, non ce qu'on croit savoir.
Ce que l'on dit à l'être à qui l'on dit tout n'est que la moitié de ce qu'on lui cache.
La haine comme on sait, n'atteint guère celui qui l'inspire ou l'excite avec calcul ; maintes fois, elle torture uniquement qui cède à une passion si violente.
Quelles que soient les circonstances, on n'est jamais heureux d'apprendre qu'on a cessé d'intéresser.
On se supprime pour montrer à tous qu'on n'est décidément plus capable du moindre accommodement avec la vie.
Il n'est pas de limite, de frontière, de garde-fou que l'on puisse imposer au temps.
La maternité, c'est comme l'Albanie. On ne peut pas se fier à ce qu'en dise les livres, il faut y aller.
Le brouillard est un danger. Mais relatif : au moins, on voit qu'on n'y voit rien.
On exagère toujours dès qu'on veut dire la vérité.
On devient quelqu'un en se construisant avec tout ce qui nous a manqué.
Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut enfin l'énergie de le faire.
On n'a jamais assez de temps c'est vrai, rien que pour penser à soi-même.
Il y a une folie d'écriture qui est en soi-même, une folie d'écrire furieuse mais ce n'est pas pour cela qu'on est dans la folie. Au contraire.
Le talent est comme un robinet. Quand il est ouvert, on peut écrire. L'inspiration est une farce que les poètes ont inventée pour se donner de l'importance.
Ce que l'on voit est toujours décevant. Il faut croire à ce que l'on mange.
Il faut être écrivain de profession pour écrire sur ce qu'on ne sait qu'à moitié, ou sur ce qu'on ne sait pas du tout.
Avoir conscience qu'on fait une bêtise et la faire tout de même, c'est une volupté !
On doit toujours penser que le bien n'est jamais que le moindre mal.
La géographie, ça sert à se repérer quand on voyage dehors.
Quand on se croit destiné à produire de grandes choses, il est difficile de ne pas les laisser pressentir : le boisseau a toujours des fentes par où passe la lumière.
Observer la démarche des plus belles Anglaises : on ne trouve en aucun pays du monde de plus beaux canards ni de plus beaux dindons...
L'honnêteté dans les affaires consiste à posséder à son compte en banque l'argent qu'on refuse à ses créanciers.
On ignore ce qui se cache dans l'obscurité.
A tromper autrui, l'on risque de se duper soi-même.
Penser qu'on ne sait pas le nom du premier cochon qui a trouvé une truffe !
L'imagination c'est de la mémoire fermentée. Quand on perd la mémoire on perd sa faculté d'imaginer.
Un jour on devient vieux, puis soudain on rajeunit !