Lorsqu'on dit d'une personne qu'elle est estimable, on sous-entend qu'elle est méprisée de tous.
Toutes les sciences, même divines, sont de grandes enquêtes. Sauf que l'on ne cherche pas à savoir pourquoi un homme est mort mais les sombres secrets expliquant pourquoi il est en vie.
La Bourse est le seul endroit où l'on ne peut se faire comprendre qu'en parlant le langage des cours.
On ne peut nier que la femme a distancé la guenon plus que l'homme le singe.
Mourir, c'est long quand on choisit soi-même.
C'est quelque chose, un nom ! C'est presque toute la personne... toute la vie !... C'est ce qu'on répond, en premier, à la question : "Qui êtes vous ?"... Et c'est ce qui reste, en dernier, sur la pierre tombale !...
Il n'y a rien de plus irritant que les choses dont on ne peut saisir la nature. Elles mettent au défi notre manie de tout nommer, de tout ranger par catégories précises.
L'histoire n'a pas la forme d'un convoi dont les wagons en mouvement éloigneraient toujours davantage la gare, mais celle d'un conte de bonne femme où l'on pourrait, sans avoir même à traverser des forêts épaisses, retrouver endormi l'homme aimé.
L'Académie française a un grand avantage. Grâce à elle, quand on n'est plus quelqu'un, on est encore quelque chose.
Aujourd'hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celles de nos pères, celles de nos maîtres, celle du monde. Ce qu'on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières.
On n'attelle pas de force à un char, on n'attire pas violemment à l'amour.
À force de parler on se trompe ; à force de manger on fatigue son estomac.
Dans l'amour parfait, et il existe, on n'ignore pas les défauts de l'être aimé ; mais on les voit sans ressentiment.
On n'est heureux qu'autant qu'on a souffert.
Quand on prend la peine de découvrir les ficelles, on se sent moins marionnette...
En amour, en peinture, on juge mieux de loin.
Quand on n'a plus de cheveux, on trouve les cheveux longs ridicules.
On prétend que le cheval est une animal de luxe. Il ne s'habille pourtant qu'avec des bretelles.
Le péché est comme une montagne qui se présente sous deux aspects différents, selon qu'on la voit avant d'y être arrivé, ou après.
En parlant, on ne change jamais l'opinion des autres, on change quelquefois la sienne.
Les vacances ? Dès le deuxième jour, l'ennui commence sitôt le petit-déjeuner expédié. On va acheter des cartes postales qu'on adresse à des truffes qui s'ennuient autre part en vous écrivant les mêmes.
On a l'impression quand on a atteint la quarantaine, qu'on n'a pas fait ce que l'on devait faire et qu'on n'a plus le temps de faire ce qu'on a à faire.
Trop de douceur écrite sur la figure. C'est le signe de ceux que l'on exploite.
La guerre puise en elle-même sa propre énergie et sa propre justification. On se bat parce qu'on s'est battu.
Si on n'a personne pour nous contredire, on finit par croire avoir toujours raison, et on commence à avoir tort !
La probité et la délicatesse sont deux vertus infiniment plus faciles à pratiquer quand on ne manque de rien, que lorsqu'on est dénué de tout.
On n'apprécie rien si on ne le contemple pas ; ce qui manque au monde c'est la contemplation.
On ne marche pas vers l'amour : on tombe la tête la première dedans.
Rien de plus facile que d'effrayer un spectateur. On peut littéralement l'affoler, car la plupart des gens ont dans quelque partie de leur être une peur toute prête à éclore.
En persévérant on arrive à tout.
On peut faire très sérieusement ce qui vous amuse, les enfants nous le prouvent tous les jours...
On appelle danse l'ensemble des mouvements qu'exécutent l'un vis-à-vis de l'autre deux anthropophages de sexe différent pour exprimer qu'ils voudraient bien goûter l'un à l'autre.
Quand une fois on a goûté au suc des mots, l'esprit ne peut plus s'en passer. On y boit la pensée.
C'est à la peur qu'il surmonte qu'on mesure le courage.
C'est en rêve seulement que les êtres nous sont doux et qu'il est bon de les avoir près de nous... dans la vie réelle ils sont les pierres aux angles aigus desquels on se heurte et l'on se blesse.
Pour qu'un homme accomplisse tout ce qu'on lui demande, il doit se considérer comme plus grand qu'il n'est.
C'est à se demander à quel âge il faut les prendre les femmes si on veut s'assurer la priorité. Le mieux c'est de les adopter à l'âge de deux mois et d'aller les élever au sommet de l'Everest.
On ne peut pas nuire à un enfant en l'aimant.
Toutes les vérités seraient bonnes à dire si on les disait ensemble.
Toutes les fois qu'on a l'occasion de réaliser une métaphore, doit-on hésiter un seul instant ?
Le monde contemporain n'est peut-être pas exactement l'endroit le plus brillant où l'on puisse rêver de vivre. C'est une espèce d'étrange carnaval. Où il y a pas mal de douleur mais qui peut-être assez drôle aussi.
Comment se fait-il que depuis des années qu'on a les 35 heures, pas un seul pays au monde ne nous a imité ? Alors soit on est des génies, soit ce n'est pas sûr qu'on ait raison.
On est plus content de la liberté qu'on a de choisir, que du meilleur choix que l'on puisse faire.
Non rien à foutre, on va quand même pas s'laisser enculer par une bande de nègres !
Un livre qu'on quitte sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu'on n'a pas lu.
Pour les femmes, le meilleur argument qu'elles puissent invoquer en leur faveur, c'est qu'on ne peut pas s'en passer.
On voit dans le coeur des femmes par des trous qu'on fait à leur amour-propre.
On peut discuter des opinions, mais les convictions ne sont guéries qu'à coups de fusils.
Le plus grand outrage que l'on puisse faire à un gourmand, c'est de l'interrompre dans l'exercice de ses mâchoires.
Dieu sait faire que parfois l'oraison ait un tel goût qu'on y aille comme à la danse, et d'autres fois qu'elle soit telle qu'on y aille comme au combat.