La mise en scène, c'est comme le tennis. Au début, on trouve ça déjà tellement difficile de renvoyer la balle dans le court qu'on ne cherche même pas à avoir de stratégie.
Ce qui reste finit par nous rendre ce qu'on a perdu.
Si le vase n'est pas propre, tout ce qu'on y verse aigrit.
On trouve plus de certitude sur un visage que dans les paroles.
On est libre sans espérance, et l'espérance est esclave.
Ainsi, l'un sur l'autre on déteint, Et souvent, pas pour notre bien, Sachons donc choisir nos voisins...
Ecrire, c'est comme être amoureux, on est nouveau, libre - et porté par un désir formidable.
Ne jamais trouver toutes les qualités que l'on cherche réunies en un seul membre du sexe opposé ! D'un côté, l'abîme béant du compromis. De l'autre, l'existence survoltée et répréhensible de l'homme infidèle.
C'est justement quand on a de l'humeur qu'on déguise le moins ses sentiments.
C'est souvent celui qui creuse les tranchées qu'on abat et celui qu'elles protègent qu'on décore.
Tout semble si simple quand on prend les livres comme une succession d'épisodes, et non comme des objets finis, fermés sur eux-mêmes.
Si l'on est deux à faire l'amour, on est bien souvent seul à savoir avec qui.
On mène une carrière selon qui l'on est ou qui l'on aimerait être.
Lorsque les vents soufflants tiennent les flots, On ne peut les empêcher, toute la terre est A leur merci, toute la mer : ils abîment même les nuages du ciel Et remuent des feux rouges sous leurs coups sauvages.
Autour de moi, on réprouvait le mensonge, mais on fuyait soigneusement la vérité.
Quand on se trouve sous la partie saillante d'un toit bas, comment se défendre de baisser la tête ?
Il me semblerait d'utilité publique qu'on engage un corps de lecteurs, payés par la Sécurité sociale, au chevet des convalescents.
Savoir si l'on aimerait mieux mourir de faim ou de soif est une question qui apparemment plaît toujours.
On ne saurait être sage quand on aime, ni aimer quand on est sage.
Il suffit parfois d'aimer un peu moins ce qu'on aime pour éviter de le haïr.
On est tous les jours dans le cas de se laisser enseigner des choses que l'on sait par des gens qui les ignorent.
On n'est pas libre lorsqu'on n'est pas maître de soi.
Pour garder ce qu'on aime, il faut sauver ce qu'on déteste.
Le pourboire est un facultatif catégorique. On a le droit de n'en pas donner, on n'en a pas la liberté !
L'ennui, avec l'absolu, c'est que quand on le quitte, on tombe nécessairement dans le relatif.
On n'est pas seul dans sa peau.
On oublie vite les morts. On oublie très vite, aussi, les circonstances où l'on a été malheureux... Il ne faut pas s'en scandaliser : s'il en était autrement, la vie serait un cauchemar.
On n'a jamais cessé de jouer les anciennes comédies, mais on les a tournées autrement.
Tel est le Français, on peut le dire sans crainte d'être désavoué : inconstant par nature, pour suivre ses penchants il lui suffit d'obéir à son caractère.
On ne doit pas avoir d'un pêché deux pénitences.
Maintenant, on apprécie les petits jeunes gens, non parce qu'ils ont du talent, mais parce qu'ils cherchent "le problème de la destinée" !
Dans le mariage, on peut tenir sans amour, mais jamais sans affection.
On n'a jamais trouvé un artiste pendu devant une rose.
Mais ériger en dogme que toutes les sociétés ne font qu'une; qu'il n'existe qu'une vérité; que chaque expérience est compatible avec toutes les autres; que l'on peut tout savoir et que toute virtualité peut se réaliser est une entreprise qui ne peut sans doute que mal finir.
Moi j'y crois au Père Noël. J'y crois aussi, je crois à un jour par an où nous donnons à tout le monde pour le plaisir de donner en sachant que ce n'est pas nous qui serons remerciés ce sera le Père Noël. C'est cela qui est merveilleux, on n'a pas à remercier personne...
Nous vivons aujourd'hui une crise aiguë des langues. Jadis tenues pour trésors, elles tombent en mésestime, chacun saccage la sienne, comme on a fait de la terre.
Je ne veux pas qu'on se rappelle de moi comme «le fils de Bruce Lee».
Le cinéma indépendant n'existe quasiment plus aux États-Unis, on laisse ça aux étrangers.
Je n'aime pas qu'on me fasse passer pour un type sans coeur sous prétexte que j'ai une sensibilité de droite.
On ne monte pas au ciel sans traverser des nuées.
Quand on étudie l'histoire, on s'aperçoit que ce sont les individus qui font avancer les collectivités.
Quand on a été ministre ou fille publique, ne fût-ce qu'un jour, on a droit au titre toute sa vie.
On n'écrit pas ce qu'on veut mais bien ce qu'on peut.
On ne tire de soi la vie et la beauté qu'au détriment de sa chair...
La Bourse est le seul endroit où l'on ne peut se faire comprendre qu'en parlant le langage des cours.
En essayant de donner de soi-même, on se rend compte que l'on n'est rien.
Par l'amour, il peut arriver qu'on livre et reçoive quelque chose d'essentiel, qu'on sente s'épanouir ce qui pouvait sommeiller de meilleur au fond de soi...
Le merveilleux, on s'y habitue plus vite qu'à des godasses trop courtes.
Peut-on survivre à la passion ? Quelle question ! Il faut se demander si on peut s'achever soi-même sans elle.
Un roman n'est intéressant que si son auteur se remet en question et s'expose à ce qu'on lui dise : " C'est illisible".