On veut toujours croire que son père va régler tous les problèmes, va abattre toutes les murailles et, brusquement, on voit son père s'excuser, on le voit baisser la tête, on le voit devenir un enfant. Et plus enfant que nous.
Ça fait rire les gens qui font des gamins en pensant que c'est une assurance vieillesse. On a l'âge d'avoir observé qu'on ne fait que nourrir de futurs vautours impatients. Personne n'aime les vieux, pas même leurs propres enfants.
Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire qu'on ait acquis la sécurité par la lâcheté, et cela ni pour les peuples, ni pour les groupements humains, ni pour les hommes.
Le capitalisme a triomphé. Il a segmenté les hommes et le constat s'applique jusqu'à l'intitulé de leur poste. On ne dit plus ouvrier, mais opérateur de production; on ne dit plus chaîne, mais ligne... Cette euphémisation des termes dit quelque chose.
On peut tout dire mieux autour d'un repas.
C'est la seule chose que l'on peut conserver. Quand on n'a plus rien. L'envie de se tenir droit.
J'ai été étonné du plaisir qu'on éprouve en faisant le bien.
Quand on se souvient d'un beau vers, d'un beau mot, d'une belle phrase, c'est toujours dans l'air qu'on les lit ; on les voit devant soi, les yeux semblent les lire dans l'espace. On ne les imagine point sur la feuille où ils sont collés.
Quand on a vingt ans, c'est mieux d'être élevée par des gens intelligents et créatifs. On gagne tellement de temps.
On peut beaucoup plus largement se passer des hommes que des femmes, c'est pourquoi c'est eux qu'on sacrifie dans la guerre.
On n'achète pas les tableaux parce qu'on les aime ; on les aime parce qu'on les achète.
Les grandes choses on les montre, les petites on les laisse voir.
On ne perd pas sa réputation aussi vite que sa vertu.
On ne se range guère à un parti que pour sortir du rang.
L'âme et le corps de qui l'on aime, merveilles changeantes et ondoyantes, sont royaumes infinis à explorer.
Il ne s'agit pas seulement de faire ce qu'on doit, il faut faire plus qu'on ne doit : ne pas se borner à exécuter le minimum de ce qu'on a à faire, car ce minimum risquerait de s'abaisser de jour en jour.
On fait de la musique, on n'en parle pas !
Il n'est amis aujourd'hui que de table ; on ne prend plus pitié de son semblable.
Quand on croit pouvoir chicaner sur ses devoirs parce qu'ils sont difficiles, il n'y en a point qu'on ne puisse mettre en question ; car il n'y en a pas un qui, de temps à autre, ne coûte quelque chose à remplir.
Quand on est soi-même en train de changer, on ne s'en aperçoit pas avant d'avoir changé.
On ne sait plus faire de galipettes de nos jours. J'entends des vraies galipettes de jadis, ces petits gâteaux ronds, dorés et croquants qui donnaient envie de danser chaque fois qu'on en mangeait et rendaient la joie de vivre aux plus moroses.
Plus on s'approche du sommet dans la hiérarchie, plus la lutte est rude.
Une chose ne peut-être à deux places à la fois. On ne peut pas l'avoir en tête et sous les yeux.
Certes, le Ciel interdit certains plaisirs; mais on peut généralement négocier un compromis.
J'ai rencontré beaucoup de personnes, on a bu beaucoup de choses et on s'est beaucoup amusé.
Vous savez ce que c'est le pire ? C'est de savoir que si j'avais levé la tête ne serait-ce qu'une fois durant le massage, on saurait qui est A.
On ne va plus au cinéma pour s'échapper, mais pour voir la vraie vie.
On aime tant Dieu, quand on a besoin de lui !
On a beau être sage, l'estomac sait voiler les yeux.
Les sanglots sont faits pour qu'on les fume dans la pipe.
On peut douter de la valeur d'une vie vertueuse qui se termine dans le vice autant que d'une vie de péché qui finit bien.
On aime à deviner les autres, mais l'on n'aime pas à être deviné.
Les abus sont souvent plus dangereux que les erreurs, parce que l'on y prend moins garde.
L'actualité à laquelle on colle est une machine à broyer l'humain.
Ne nous leurre-t-on pas depuis des siècles à propos des avantages et de l'utilité de l'éducation ?
On ne peut ruiner que celui qui fut riche Et l'on ne peut tromper que celui qu'on aima...
Les mendiants, on ne leur donne pas de sous, mais on leur donne notre adresse.
Si l'on fait preuve de courage et de persistance, l'échec est seulement un succès reporté dans le temps.
Quand on veut bien se donner la peine de regarder quelqu'un, de le prendre dans ses bras, de le respirer doucement, d'écouter comment son coeur bat, comment la vie circule en lui, on entend alors beaucoup de choses silencieuses.
Le monde doit être romantisé. C'est ainsi que l'on retrouvera le sens originel. Cette opération est encore totalement inconnue. Lorsque je donne à l'ordinaire un sens élevé, au commun un aspect mystérieux, au connu la dignité de l'inconnu, au fini l'apparence de l'infini, alors je les romantise.
Voici la feuille blanche sur la table, et la lampe tranquille, et les livres... Aurait-on jamais cru les revoir, lorsqu'on était là-bas, si loin de sa maison perdue ?
Pourquoi ne fait-on l'effort de comprendre les autres que lorsqu'ils ne vous gênent plus ?
La vie a été un enfer ces dernières années. On se tuait, on se volait, on s'assassinait. Tout le monde se livrait au brigandage. Beaucoup sont devenus fous ou se sont suicidés. Tout ça pour l'or, et cet or, s'est transformé en eau-de-vie...
Quand, à propos d'une idée, on dit qu'on est d'accord sur le principe, cela signifie que l'on n'a pas la moindre intention de la mettre à exécution.
De nos jours la moitié des mères sont célibataires. On n'y attache plus grande importance. Pour bien me suivre il faut se replonger plus d'un demi-siècle en arrière. Un enfant sans père, sans nom c'était celui par qui le scandale arrive.
La chance n'est pas comme un pagne qu'on met et qu'on enlève.
Où et quand en est-on venu à considérer que le travail inutile était préférable à l'absence de travail ?
On ne prend pas un lièvre avec un tambour.
On a eu la gentille pensée de lui mettre dessus une lourde dalle de marbre, un presse-mort, pour être bien sûr qu'elle ne s'en ira pas.
Moi je ne peux pas supporter que les gens meurent jeunes. C'est insupportable. Et quand on me dit 'ma pauvre, ça ne vous fait rien de vieillir?', mais je dis 'mais c'est un privilège, c'est un cadeau', et j'espère vivre à 100 ans, ah j'aurais bien voulu mourir à 100 ans.