Finalement quand on aime ce n'est pas de l'aveuglement, c'est du masochisme.
Il n'est pas en matière de littérature une seule opinion qu'on ne combatte aisément par l'opinion contraire.
Le temps n'est jamais perdu quand on est perdu tout le temps.
On est toujours moins perdu lorsqu'on est plusieurs.
Photographier, c'est tendre un piège. Soit on met en place la trappe et on attend que la victime tombe dedans, et on appelle cela du reportage ; soit on déplace la trappe pour qu'elle tombe dedans à coup sûr, et on parle d'art.
Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c'est alors seulement qu'il paraît vouloir ce qui est mal.
C'est quand on a tout perdu qu'on se retrouve.
Ce dont on ne peut parler, c'est aussi ce qu'on ne peut apaiser ; et si on ne l'apaise pas, les blessures continuent à s'ulcérer de génération en génération.
Et même si tu me laissesAu creux d'un mauvais détourEn ces moments où l'on testeLa force de nos amours
L'être humain qui crée sa solitude a besoin qu'on lui dise:Oui je t'aime malheureux.
L'homme est du bois dont on fait les bûchers.
Rien ne sert de pisser si on n'en a pas envie.
A force de chercher de bonnes raisons, on en trouve ; on les dit ; et après on y tient, non pas tant parce qu'elles sont bonnes que pour ne pas se démentir.
La recherche de Dieu est un exercice inutile : à rien ne sert de chercher où il n'y a pas. On ne récolte pas sans avoir semé. Dieu n'existe pas, vous ne l'avez pas encore créé.
Dieu, autrefois moins vivant qu'on ne l'a cru, est aujourd'hui moins mort qu'on ne le dit.
Les partis politiques c'est quand même l'art d'occuper le pouvoir quel que soit le programme et de piquer les idées des autres pour les appliquer si on voit qu'elles marchent.
On se défend mal que contre ce qu'on aime.
On ne peut convaincre un homme qui dort.
Il y a des familles où l'on semble entretenir soigneusement des parents malades pour refuser les invitations à dîner.
On doit lire tous les écrivains deux fois, les bons et les mauvais. Les uns, on les reconnaîtra ; les autres, on les démasquera.
Dans le vin on oublie tous les maux, Sans vin l'homme est à moitié mort.
En occupant les autres de leur propre intérêt, on les empêche de nuire à l'intérêt d'autrui.
Le monde contemporain n'est peut-être pas exactement l'endroit le plus brillant où l'on puisse rêver de vivre. C'est une espèce d'étrange carnaval. Où il y a pas mal de douleur mais qui peut-être assez drôle aussi.
Sans contrainte, on tourne en rond.
Plus la difficulté est grande, plus l'on ressent de gloire en la surmontant.
Pendant dix ans, je disais tous les jours j'arrête demain. On va s'apercevoir que je n'y connais rien. J'ai toujours pensé qu'on finirait par me démasquer.
On ne m'accorde pas souvent le droit d'approfondir, ce qui est étrange.
Je me sens juif quand on persécute les juifs.
La fréquentations des salons m'a appris une chose : à ne plus chercher à acheter au coin des rues ce que l'on trouve gratuitement auprès des femmes du monde.
On dit communément que le nu est toujours chaste pourvu qu'il soit beau ; mais il vaut mieux dire que le nu est beau pourvu qu'il soit chaste.
Plus on aime, plus on souffre. La somme des douleurs possibles pour chaque âme est proportionnelle à son degré de perfection
S'il fallait étudier toutes les lois, on n'aurait pas le temps de les transgresser.
On n'est jamais trahi ; on se sert des autres pour se trahir soi-même.
A force d'aimer un livre on finit par se dire qu'il vous aime.
Introduire l'amour dans sa vie, c'est y introduire Dieu. Par l'amour on crée Dieu en soi.
On est presque également difficile à contenter quand on a beaucoup d'amour, et quand on n'en a plus guère.
Quand on est vide d'amour on n'a qu'à se remplir de haine, comme ça tout va mieux.
On est toujours maladroit quand on a pitié des autres.
La richesse c'est comme le bonheur, ça doit se gagner. Autrement, on regrette qu'elle nous enlève ce qu'on ne lui a pas disputé.
Le théâtre sert à créer une dialectique, pour que les gens réfléchissent à leur vie, à son sens : pourquoi est-on là et à quoi cela sert-il ?
Comme de toute chose, il y a un secret du vin ; mais c'est un secret qu'il ne garde pas. On peut le lui faire dire : il suffit de l'aimer, de le boire, de le placer à l'intérieur de soi-même. Alors il parle. En toute confiance, il parle.
Si on compare le passage à l'euro à un déménagement et les 35 heures à un mariage, on se rend bien compte qu'il est impossible de gérer les deux événements dans la même semaine.
On comprend les gens qui nous ressemblent.
Il faut recevoir les choses avec le même esprit qu'on les donne.
On ne connaît pas du tout l'homme qu'on ne connaît pas très bien ; mais peu d'hommes méritent qu'on les étudie. De là vient que l'homme d'un vrai mérite doit avoir en général peu d'empressement d'être connu.
C'est à travers les relations avec autrui, et par leur intermédiaire, qu'on prend conscience de son propre vieillissement ; soi-même, on a toujours tendance à se voir sous les espèces de l'éternité.
On s'instruit en voyant le malheur de son prochain.
Il faut plutôt trouver son naturel quand on est un mec comme moi, d'être soi-même le plus possible.
On cherche plus à faire d'efforts, après l'amour, on s'tourne le dos. On triche, on bluffe, on joue à s'aimer pour de faux.
Céder aux exigences d'un tiran ça fonctionne jamais. Même si vous leur donnez ce qu'ils demandent c'est jamais suffisant. La seule solution c'est de le combattre. Même si on doit en payer le prix.