C'est parce qu'il attend peu du mariage que l'homme n'en désespère pas et qu'il ne voudra plus en sortir même en cas de faillite - comme on tient à un emploi qui ne vous donne plus de plaisir mais assure toujours vos fins de mois.
Quand on n'a plus à compter sur rien, il faut compter sur tout.
- Et pour le traiteur, j'ai pensé qu'on pourrait prendre Lenôtre. - Pourquoi pas ? Et c'est qui ? - C'est Lenôtre. Mais si vous préférez prendre le vôtre... - Non... On va prendre le vôtre ! - Parfait. - Alors, c'est qui ?
On ne connaît pas du tout l'homme qu'on ne connaît pas très bien ; mais peu d'hommes méritent qu'on les étudie. De là vient que l'homme d'un vrai mérite doit avoir en général peu d'empressement d'être connu.
L'un des grands avantages d'un voyage (en Afghanistan), c'est que, si l'on sait attendre, il se produit quelque chose.
On fait semblant de se mettre en scène soi-même. Mais, en réalité, c'est impossible à combiner.
L'on ne doit jamais souffrir, sans dire mot, à moins qu'être un vrai sot.
On cherche plus à faire d'efforts, après l'amour, on s'tourne le dos. On triche, on bluffe, on joue à s'aimer pour de faux.
Oh ouais mignonne, mais... c'est pas mon genre en fait. Moi je les aime avec un peu plus de viande dessus. Plus c'est rembourré, mieux on est pour bourrer ! Ahahahahahah !
Comment peut-on dire des généralités sur la vie si nous n'en vivons qu'une seule ?
La violence qu'on se fait pour demeurer fidèle à ce qu'on aime ne vaut guère mieux qu'une infidélité.
Tant d'hommes qu'on croit heureux parce qu'on ne les voit que passer.
Le mot importuner ? Son sens dépend beaucoup du nombre de litres qu'on a bus.
On ne doit pas avaler plus de croyances qu'on ne peut en digérer.
Les bêtes savent quand on est malade : elles fuient.
On n'a pas supprimé la dictature du prolétariat pour avoir celle de l'actionnariat.
Ecrire, c'est comme être amoureux, on est nouveau, libre - et porté par un désir formidable.
Qui a le pouvoir de changer le cours des chemins invisibles ? On ne peut que suivre celui qui cherchent nos pas.
Photographier, c'est tendre un piège. Soit on met en place la trappe et on attend que la victime tombe dedans, et on appelle cela du reportage ; soit on déplace la trappe pour qu'elle tombe dedans à coup sûr, et on parle d'art.
Le siècle est fou. Fou de lâchetés, de démissions, de mensonges, d'impostures et de laideur, et ce qu'on appelle "crise de civilisation" n'est en vérité que le refus apeuré de toute hauteur.
Mieux vaut regarder là où on ne va pas, parce que, là où on va, on saura ce qu'il y a quand on y sera ; et, de toute façon, ce sera jamais que de l'eau.
C'est à travers les relations avec autrui, et par leur intermédiaire, qu'on prend conscience de son propre vieillissement ; soi-même, on a toujours tendance à se voir sous les espèces de l'éternité.
On m'a proposé une villa gratuite à Hollywood, mais j'ai dit non merci, je préfère vivre en Italie.
Je me sens juif quand on persécute les juifs.
Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.
L'intelligence est le levier avec lequel on remue le monde.
On se forme par l'esprit et les sentiments par les conversations.
On dit communément que le nu est toujours chaste pourvu qu'il soit beau ; mais il vaut mieux dire que le nu est beau pourvu qu'il soit chaste.
Aussi longtemps qu'on médite sa vengeance, on garde sa blessure ouverte.
Quelquefois, pour écrire, on ne trouve rien d'autre que les débris de sa propre vie.
On est toujours maladroit quand on a pitié des autres.
Le talent suprême est de faire croire qu'on en a.
C'est terrible, le commerce des grandes oeuvres ; où trouver l'énergie et la certitude d'avoir encore à écrire quand on fréquente Sophocle et Shakespeare ?
Si on compare le passage à l'euro à un déménagement et les 35 heures à un mariage, on se rend bien compte qu'il est impossible de gérer les deux événements dans la même semaine.
L'état de courtisan est un métier dont on a voulu faire une science. Chacun cherche à se hausser.
Le rapport entre le centre et la marge est fondamental. Je suis quelqu'un de la marge, c'est là qu'on peut créer.
Est-ce que, lorsqu'on sait que l'on va partir, on acquiert une lucidité qu'on n'a pas eue auparavant ?
Eparpillés dans les personnages, dissimulés dans les pages, à l'insu de tous, on ne sait pas d'où viennent les ordres qu'on donne aux mots.
- Comment on dit égoïste gentiment ? - Indépendant. - Oui, c'est ça, ils sont indépendants.
L'étreinte de la mort est comme la morsure d'un amant, qui fait mal et qu'on désire.
L'homme est du bois dont on fait les bûchers.
Fais rire le public. Dissipe son ennui. Et s'il te méprise et t'oublie sitôt qu'il a passé la porte, ça ne fait rien. On oublie toujours ceux qui vous ont fait du bien.
On ne doit point abuser de ses amis, ni rien exiger d'eux au-delà de ce qu'ils accordent volontiers.
Ah ! C'est qu'elles voient si bien, les femmes, en une seconde, la chose qu'on n'aurait pas dû laisser traîner !
Il faut considérer la vie comme une partie que l'on peut gagner ou perdre.
Les idées sont des vêtements sur mesure qu'on a fait passer dans la confection.
Dieu, autrefois moins vivant qu'on ne l'a cru, est aujourd'hui moins mort qu'on ne le dit.
Nées d'une expérience humaine, les idées meurent quand on les en sépare.
Les partis politiques c'est quand même l'art d'occuper le pouvoir quel que soit le programme et de piquer les idées des autres pour les appliquer si on voit qu'elles marchent.
On est écrivain quand on a quelque chose à dire et qu'on est le seul à pouvoir dire.