Il est impossible de gouverner la France. A-t-on idée d'une maison de commerce où le directeur et les membres du conseil d'administration ne s'occuperaient qu'à plaire aux employés ?
Comment croire en Dieu quand on voit sa justice.
Vivre, c'est voir toutes les bêtises qu'on a faites la veille.
La guerre puise en elle-même sa propre énergie et sa propre justification. On se bat parce qu'on s'est battu.
On comprend assez tôt que la vie est une horrible chose dont on se serait bien passé.
La vie des écrivains, c'est plus important que les livres. On entend le mensonge et on entend la vérité, on entend le dedans et on entend le dehors, on est en soi et on est hors de soi.
Quand on a aimé quelqu'un, ce n'est pas la durée de la liaison qui compte, c'est tout ce qu'on a ressenti ou fait, et qui ressort de là, intensifié.
Un écrivain ne doit jamais perdre cet «état d'enfance». Un état qui n'est pas nécessairement de l'immaturité ou de la sentimentalité, mais une manière de regarder les choses comme si on les voyait pour la première fois.
Il est absurde d'avoir une règle rigoureuse sur ce qu'on doit lire ou pas. Plus de la moitié de la culture intellectuelle moderne dépend de ce qu'on ne devrait pas lire.
Ce qui distingue les forfaits de la vie de ceux du théâtre, c'est que dans la vie on fait plus et on dit moins, et qu'au théâtre on parle beaucoup pour faire une toute petite chose.
On se dit que mieux vaudrait jouer, tous les quatre ans, le sort de ce pays à pile ou face. Il y aurait plus de chances heureuses. Celles-ci sont éliminées, sauf incident des élections législatives, par la pression d'une machine [...] ► Lire la suite
L'on perd ses amis en perdant tout son bien.
L'Église catholique a fini par reconnaître l'indépendance de l'ordre spécifiquement spirituel et par vivre avec. On ne saurait demander moins à l'islam.
- Tu sais moi si à ton âge j'avais été dans cette colo, j'aurais bien aimé sortir avec toi. - Le prend pas mal Nadine mais j'pense pas que j'aurais accepté... j'préfère qu'on reste amis.
Le dimanche, on échange les ennuis de la semaine contre l'Ennui.
Les buveurs de bière solitaires sont redoutables : on ne sait jamais combien de chopes ils ont déjà ingurgitées.
On est beaucoup plus heureux, et on sent quelque chose de bien plus touchant, quand on aime violemment, que lorsqu'on est aimé.
Mûrir ! mûrir ! - on durcit à de certaines places, on pourrit à d'autres ; on ne mûrit pas.
On n'insistera jamais assez sur les inconvénients que présente l'abus de cyanure de potassium dans l'alimentation des nouveau-nés.
On croyait qu'il était à la tête d'une immense fortune - on ne se doutait pas qu'il était à ses pieds.
On naît amant comme on naît musicien, peintre ou poète.
Les vacances ? Dès le deuxième jour, l'ennui commence sitôt le petit-déjeuner expédié. On va acheter des cartes postales qu'on adresse à des truffes qui s'ennuient autre part en vous écrivant les mêmes.
Il faut sans doute payer le prix de ses amours comme on paie celui de ses ambitions.
Tant que l'on se réfère à une autorité, on ne sait rien.
On oublie vite les morts. On oublie très vite, aussi, les circonstances où l'on a été malheureux... Il ne faut pas s'en scandaliser : s'il en était autrement, la vie serait un cauchemar.
Qu'est-ce que l'on est quand on ne peut plus être soi-même ?
La télévision nous fera une race d'hommes-éponges. On perdra l'art de la conversation avant même de l'avoir appris. C'est à vous faire regretter les jeux de société.
Si l'amour n'était pas la plus noble des passions, on ne le donnerait pas pour excuse à toutes les autres.
La chance, c'est ce qu'on croit toujours qu'on n'a pas.
Pour rétablir la confiance, il faut que les citoyens perçoivent qu'on a bien identifié avec eux ce qu'ils vivent. Le meilleur moyen, c'est encore de leur demander ce qu'ils en pensent. Je crois, moi, à l'expertise citoyenne.
A Paris, quand on vient de province, on a toujours quelque chose à cacher.
Le polyamour ça consiste à coucher avec qui on veut sans se soucier de ce qu'en pense la fille de la veille.
Quand Macron parle des années 2030, on dirait le patron de Google devant un immense écran, avec un public bien habillé qui l'applaudit.
On invente, les autres copient.
Du côté positif, mourir est une des rares choses que l'on puisse faire aussi bien couché que debout.
On ne perd jamais en aimant, on perd toujours en tenant.
Un jour on verra surgir à l'horizon des menaces de paix. Or, nous ne sommes pas prêts.
Quand on donne un baiser à quelqu'un, c'est qu'on avait envie d'être embrassé soi-même.
On n'est jamais trahi ; on se sert des autres pour se trahir soi-même.
On n'improvise jamais mieux que lorsqu'on sait son texte.
C'est sur la terre que s'engagent les dépenses, mais le grand livre où on les apure est au ciel.
Quêter l'amour des autres, quand on n'a rien à lui offrir en retour, n'est-ce pas une malhonnêteté ?
L'on doit se taire sur les puissants : il y a presque toujours de la flatterie à en dire du bien ; il y a du péril à en dire du mal pendant qu'ils vivent, et de la lâcheté quand ils sont morts.
Chacun sa mort, on a celle qu'on mérite, ça ne sert à rien de vouloir la reconnaître, elle n'a jamais le même visage, et au fond pour chacun elle ne peut ressembler qu'à soi-même.
Il y a des journaux qu'on croirait seulement destinés à protéger le bas des cages à oiseaux.
Les nouveau-nés sourient aux anges dit-on. Et en effet si les anges sont ces riens qui pour un rien parfois donnent des ailes.
Je me suis toujours méfié de l'agitation mais je l'ai entretenue dans mon coeur, et l'on en retrouve la flamme dans mes arabesques.
Les seul vrais cadeaux sont ceux où l'on a du se priver pour les faire.
Depuis le temps qu'on est sur pilote automatique,Qu'on fait pas nos paroles et pas notre musique.
Vivre quotidiennement avec des gens qu'on méprise, passer ses jours dans une maison sale et respirer un air plein de miasmes, voilà pourtant ma destinée.