C'est justement quand on a de l'humeur qu'on déguise le moins ses sentiments.
On prend un amant comme un miroir, non pour le regarder, mais pour s'y regarder.
L'amour ne fait pas que du bien. L'expérience d'une passion peut être extrêmement destructrice, douloureuse, et on peut mettre des années à se sortir de cette dépendance terrible - comme d'une dépendance à la drogue.
Ce n'est pas par le génie mais par la souffrance, par elle seule, qu'on cesse d'être une marionnette.
Ce dont on ne peut parler, c'est aussi ce qu'on ne peut apaiser ; et si on ne l'apaise pas, les blessures continuent à s'ulcérer de génération en génération.
- On n'est pas sur la terre pour s'amuser. - Pardon, voudriez-vous me dire pourquoi on y est, si ce n'est pas pour s'amuser. Serait-ce pour souffrir ?
On peut entendre bien des choses étranges avant que les oreilles ne tombent.
Pendant dix ans, je disais tous les jours j'arrête demain. On va s'apercevoir que je n'y connais rien. J'ai toujours pensé qu'on finirait par me démasquer.
On ne doit point abuser de ses amis, ni rien exiger d'eux au-delà de ce qu'ils accordent volontiers.
On se surprend à marcher sur le bord du trottoir comme on faisait enfant, comme si c'était la marge qui comptait, le bord des choses.
Il y a deux buts dans la vie : obtenir d'abord ce que l'on désire, ensuite en jouir. Les sages seuls atteignent le second.
Quand un vrai génie paraît dans le monde, on le distingue à cette marque : tous les sots se soulèvent contre lui.
On est écrivain quand on a quelque chose à dire et qu'on est le seul à pouvoir dire.
On ne peut avoir de culture gastronomique sans vin.
Un roman n'est intéressant que si son auteur se remet en question et s'expose à ce qu'on lui dise : " C'est illisible".
Les bêtes savent quand on est malade : elles fuient.
Je crois, finalement, que je préfère les hommes âgés parce que sur leurs traits on peut lire la souffrance.
C'est souvent celui qui creuse les tranchées qu'on abat et celui qu'elles protègent qu'on décore.
Les nouveau-nés sourient aux anges dit-on. Et en effet si les anges sont ces riens qui pour un rien parfois donnent des ailes.
Est-on sage, Est-on sage, Dans le bel âge De n'aimer pas?
Je fais assez ce que tout le monde désire pour qu'on fasse une fois ce que je veux !
La bravoure c'est bien - surtout quand on est soldat.
À Chambéry, au temps de mon adolescence, on parlait déjà du fossé entre les générations.
Plus on sait, plus on doute.
On amène les gens courageux à une action en la leur exposant plus périlleuse qu'elle ne l'est.
On ne saurait être sage quand on aime, ni aimer quand on est sage.
La plupart du temps, on ne résout pas les difficultés ; on les déplace, comme la poussière.
Il suffit parfois d'aimer un peu moins ce qu'on aime pour éviter de le haïr.
On croyait qu'il était à la tête d'une immense fortune - on ne se doutait pas qu'il était à ses pieds.
Le droit ne commence à dater que du moment où l'on détient la force nécessaire pour le faire respecter.
Tout n'est pas perdu quand on a fait une grosse bêtise. Il reste a en tirer vanité.
On ne monte pas au ciel sans traverser des nuées.
Une race à laquelle on ne veut plus guère appartenir : la race humaine.
Soyez sûre qu'on me reprocherait moins de paradoxes, si l'on pouvait me reprocher des erreurs.
Savoir ce qu'on sera, c'est vivre comme les morts.
On n'écrit pas ce qu'on veut mais bien ce qu'on peut.
C'est toujours très curieux ce qui se passe quand on se meurt d'amour et qu'on n'a personne pour se jeter dedans, follement.
On ne tire de soi la vie et la beauté qu'au détriment de sa chair...
Dans les yeux de quelqu'un on ne peut pas lire vraiment mais on imagine des choses.
La richesse c'est comme le bonheur, ça doit se gagner. Autrement, on regrette qu'elle nous enlève ce qu'on ne lui a pas disputé.
La civilisation boutiquière s'obstinait. On disait qu'elle craquait. Mais tout en craquant elle s'obstinait.
Le talent suprême est de faire croire qu'on en a.
On dit que les Américains mangent toute la journée. C'est faux. Mais ce qu'ils mangent est tellement mauvais qu'ils doivent s'y reprendre à plusieurs fois.
Quand on n'a plus à compter sur rien, il faut compter sur tout.
Lorsqu'on cesse de boire à la source des rêves, le développement ne se fait qu'à moitié. En haut, quelque chose manque.
Autant être payé pour ce que l'on sait faire et qui se rapproche de ce que l'on aime.
Un suicide on ne sait pas ce que c'est, alors on préfère penser que c'est génétique, un peu comme la laideur.
Vivre quotidiennement avec des gens qu'on méprise, passer ses jours dans une maison sale et respirer un air plein de miasmes, voilà pourtant ma destinée.
On ne sait jouir de rien à force de vouloir jouir de tout.
Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette.