Il faut aimer n'importe qui, n'importe quoi, n'importe comment, pourvu qu'on aime.
Quand on n'a rien à perdre, on peut bien tout risquer.
On excuse les vices du riche, et on ne supporte pas les défauts du pauvre.
Il ne faut choisir pour épouse que la femme qu'on choisirait pour ami, si elle était homme.
Dans ces choses appelées guerres, on a toujours moins à se plaindre de ceux qu'on tue que de celui pour lequel on se fait tuer.
C'est beaucoup de choses l'image : une belle gueule, un beau parler, une poignée de main ferme, un regard droit, du linge bien repassé, l'air d'avoir toujours envie de se trouver là où on est et de penser profondément ce que l'on dit.
C'est quand on a tout donné, quand on ne tient plus à rien qu'on possède tout.
Nous savourons la moindre joie, ainsi qu'un dessert dont on est privé.
Il y a des souvenirs qu'on aime se faire rappeler.
On naît livré au hasard et c'est en se créant qu'on se livre, en créant sa vie.
On n'est responsable que par-devers soi. On ne peut pour les autres que ce que l'on peut pour soi.
La haine que l'on porte aux grands est, de la part du peuple, un hommage involontaire.
Dieu est pour le bien des hommes à quelques conditions : qu'on l'honore, qu'on le prie, qu'on lui fasse des sacrifices. Sinon, Dieu devient terrible ! Il te fait le déluge, l'exil, la guerre, la sécheresse, la foudre, au choix.
On commence à deviner ce que vaut quelqu'un quand son talent faiblit, quand il cesse de montrer ce qu'il peut. Le talent peut être un ornement, et l'ornement une cachette.
Quand on va se baigner, on a chacun droit à son mètre carré. Quelqu'un voudrait se noyer, qu'il pourrait pas.
La petite chose niaise qu'est le symbole, qu'on nous cache avec tant de soin !
On ne vit pas dans l'absolu. Nul homme n'est coulé d'une seule pièce. Même un robot connaît la panne. Sans contradictions il n'y a pas de vie.
Lâche évident, chourineur probable, empoisonneur par principes, mais incendiaire frigide, il offre à l'observateur la lividité sébacée d'un homme sur le visage duquel on aurait pris l'habitude de pisser...
Le but dans la vie est le plaisir. C'est un idéal inaccessible mais quand on le peut, il faut s'en souvenir.
Il faut avoir aimer souvent pour comprendre qu'on aime qu'une fois.
Rien n'est si commun au beau sexe que de ne vouloir pas qu'une autre profite de ce qu'on refuse.
Il y a deux buts dans la vie : obtenir d'abord ce que l'on désire, ensuite en jouir. Les sages seuls atteignent le second.
On appelle cultivé un esprit dans lequel on a semé l'esprit des autres.
Quêter l'amour des autres, quand on n'a rien à lui offrir en retour, n'est-ce pas une malhonnêteté ?
En politique, on ne s'entendra jamais. Mais c'est peut-être ce que demandent les partis. C'est peut-être le jeu des partis.
Jamais on n'échappe à la réalité tant qu'on est lucide.
On ne renonce pas à ses rêves, on les modifie seulement.
Il faut une très grande maturité pour être capable d'être parent, car cela implique d'être conscient que ce n'est pas une situation de pouvoir, mais une situation de devoir, et qu'on n'a aucun droit à attendre un échange.
Si la solitude sépare, elle nourrit et affermit, elle tranche bien des liens qu'on ne coupe qu'à regret, mais elle permet de plonger des racines dans ce qui est essentiel.
On salue tous les connards, qui sont nombreux.
On ne fait pas d'un corbeau un vautour.
En France, j'ai beaucoup d'opportunités. Peut-être que maintenant on me proposera des films en Amérique. C'est la rencontre, avec le réalisateur et l'histoire qui compte.
La féminité est l'arme ultime quand on sait comment l'utiliser.
- Comment on dit égoïste gentiment ? - Indépendant. - Oui, c'est ça, ils sont indépendants.
Tout le secret de l'art est peut-être de savoir ordonner des émotions désordonnées, mais de les ordonner de telle façon qu'on en fasse sentir encore mieux le désordre.
On aime mieux dire du mal de soi-même que de n'en point parler.
Il y a bien moins d'ingrats qu'on ne croit, car il y a bien moins de généreux qu'on ne pense.
Que l'homme soit la plus noble créature du monde, on peut le déduire de ce qu'aucune autre créature ne l'a jamais contredit sur ce point.
Il n'y a pas de justice : Le premier intellectuel venu exhibe l'intérieur de sa tête... on le fête. La plus jolie des filles nues montre très simplement son cul... on la hue.
On dit d'un mot qu'il est profond quand il n'est pas spirituel.
Devenir vieux, c'est être de plus en plus puni pour un crime que l'on n'a pas commis.
Saura-t-on jamais quand commencent et finissent les enfants et de quoi ils sont faits ?
Si on répétait toujours le même acte on n'apprendrait jamais rien.
Les monuments aux morts des guerres que l'on perd sont moins laids que les monuments aux morts des guerres que l'on gagne.
Quand on me dit qu'une personne est arrivée, je suis tentée de demander où, et par quels moyens, et dans quel but ! Seuls se félicitent ceux qui se savent incapables d'aller plus loin.
Il n'y a rien de définitif en nous, et qu'il est vain et futile d'essayer de rechercher qui on est : on ne découvrira jamais qui on est, ce qu'il faut c'est découvrir où on veut aller, ce qui est beaucoup plus intéressant.
A quoi reconnaît-on un personnage réussi ? Quand son nom propre devient un nom commun...
On ne demande conseil que pour raconter ses ennuis.
Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux.
Il faut toujours dire ce qu'on veut faire, même si cela présente un risque.