On aime ou on n'aime pas. Aimer, c'est désirer. Désirer, c'est agir déjà.
À ne pas savoir danser, on sacralise la danse, on lui donne tout son pouvoir. Toutes les années perdues en apparence font le bonheur présent. Et l'on se venge enfin du carcan de l'adolescence.
Car les choses que l'on cueille en passantN'ont pas la douceur ni la saveurDe celles dont on paie le prix.
Rien que de penser à ces années de carême, il se force à engouffrer le maximum de nourriture dans la panse. Ça se conçoit, mais ça présente un danger plus ou moins lointain. Trop ou trop peu, au finish on en crève.
Ainsi dans toutes les affaires humaines on s'aperçoit, si on les examine de près, qu'il est impossible de supprimer un inconvénient sans qu'un autre n'apparaisse.
Ce genre de bienséance et cette vérité qu'on ne peut plus dire dans plein de domaines, cela me gêne.
Si l'on habite près d'une gare, cela change complètement la vie. On a l'impression d'être de passage. Rien n'est jamais définitif. Un jour ou l'autre, on monte dans un train.
La morale, c'est ce qui reste de la peur quand on l'a oubliée.
C'est par l'esprit qu'on s'amuse ; c'est par le coeur qu'on ne s'ennuie pas.
On n'est jamais trop recommandé auprès de ses chefs.
Il est certain qu'en France on n'aime plus du tout l'orgue de Barbarie !... Ce n'est plus guère qu'à d'annuels et tricolores « Quatorze Juillet », ou dans des terrains vagues plus propices à des chuchotements d'apaches qu'à la passagère rêverie des mélomanes qu'ils osent encore moudre la mélancolie de leurs tuyaux enroués.
Grégoire ne sait pas souffrir comme on ne sait pas parler une langue étrangère. Seulement, il est plus facile d'apprendre le chinois que d'apprendre le métier de la douleur.
Un rude animal qui, par l'élémentaire exercice de sa vitalité, répand le sang et sème la mort, on se souvient qu'historiquement, c'est sous cette forme d'archétype féroce que se manifesta, à la conscience et à l'esprit des meilleurs, la révélation de la société capitaliste.
J'ai compris une fois pour toutes que l'on ne doit pas attaquer une bête, si on n'est pas sûr de la tuer.
Et l'on songerait, parmi ces parfums,De bras, d'éventails, de fleurs, de peignoirs,De fins cheveux blonds, de lourds cheveux noirs,Aux pays lointains, aux siècles défunts.
On dirait que l'idée de plaisir ne flatte plus personne. Notre société paraît à la fois rassise et violente ; de toute manière : frigide.
On s'épuise à aménager des erreurs au lieu de leur apporter des solutions radicales à la mesure du danger qu'elles représentent.
Tout ce qu'on dit sur Hollywood et vrai: hypocrisie, connerie, duperie... ce n'est pas le genre d'endroit que je fréquente. Là-bas, si tu n'es pas un acteur qui rapporte de l'argent, tu n'existe pas.
J'aimais surtout intensément la vie et ne supportait pas qu'on me l'abîme.
La vie serait impossible si l'on se souvenait, le tout est de choisir ce qu'on doit oublier.
On a de l'humour dans la mesure où l'autre ne s'aperçoit de rien.
Les crimes deviennent vraiment abominables quand on en est réduit à plaindre l'assassin.
On aimerait à savoir si c'est la littérature qui corrompt les moeurs ou les moeurs au contraire qui corrompent la littérature.
On se console souvent d'être malheureux par un certain plaisir qu'on trouve à le paraître.
Le génie, c'est d'avoir du talent tout le temps ; le talent, c'est d'avoir du génie de temps à autre ; l'intelligence, c'est de savoir que l'on n'a ni génie, ni talent.
Autrefois, dans l'Occident chrétien, on pensait que les femmes devaient avoir le plus d'enfants et le moins d'orgasmes possibles. Aujourd'hui, on croit le contraire.
On dit plus en ne disant rien.
Avec les femmes est-on jamais sûr ?
Il était parfois difficile de se présenter aux autres tel qu'on était, sans tricher car alors on s'exposait à leurs critiques. C'était un peu comme marcher dans la rue avec une cible dans le dos.
Il y a de la satisfaction à savoir que l'on apporte du bonheur.
L'hosto, quand on y a séjourné longtemps et qu'on a failli y clamser, on y reste toujours un peu. Il vous fascine, vous obsède... on se dit qu'on y reviendra un jour ou l'autre. Il est l'image de notre mort...
Ce n'est pas parce qu'on écrit sur du papier recyclé que les textes sont bons.
Si on m'avait dit que je finirai décalqué sur des assiettes en porcelaine.
Faut qu'on s'rattrape, qu'on enlève nos fringues et ensuite on avise.
Il n'y a que l'argent qui aide à oublier qu'on n'est pas riche.
Pourvu que l'on ait une auge, on trouvera les cochons.
Les proverbes ressemblent aux papillons ; on en attrape quelques-uns, les autres s'envolent.
On s'habitue à ses infirmités, le plus difficile est d'y habituer les autres.
On fuit ceux à qui on a trop d'obligation.
On voudrait de grandes causes pour ses moindres malchances afin de s'en consoler plus facilement.
On a l'air de craindre les autres, et l'on ne craint que soi-même.
On est facilement devenu coupable d'avoir du style, là où il est devenu aussi rare de le rencontrer que la personnalité elle-même.
Quiconque croit qu'une forme ancienne a été subitement transformée par une force ou une tendance interne en une autre forme pourvue d'ailes par exemple, est presque forcé d'admettre, contrairement à toute analogie, que beaucoup d'individus ont dû varier simultanément. Or, [...] ► Lire la suite
On peut aussi prendre son temps, choisir les saisons et les heures creuses. Préférer les sentiers aux autoroutes. C'est comme l'amour en fin de compte. Les grands circuits sont les mêmes pour tous. Mais chacun peut y préférer, ici ou là, sa petite chapelle.
Et la jeune femme parlait, soulageant sa peine dans la certitude de ma sympathie : elle parlait comme on boit quand on a soif.
Quand on sacrifie la moitié de sa vie pour une raison quelconque, dit-il d'une voix calme et nette, on change de personnalité. On ne devient pas seulement la moitié de ce qu'on était destiné à être, mais une créature tout autre, tordue et déformée par le sacrifice.
On ne peut devenir maître d'une chose qu'on n'a pas étudiée.
Plus on travaille, plus on disparaît et plus on devient son oeuvre.
Je souhaite que dans les prochaines semaines (sans doute au 1er août ndlr) on rende obligatoire le masque dans les lieux publics clos.
Il faut l'avouer, je crois peu aux lois. Trop dures, on les enfreint, et avec raison. Trop compliquées, l'ingéniosité humaine trouve facilement à se glisse entre les mailles de cette nasse traînante et fragile.