Bonne année : Charmante coutume, qui fait qu'un jour par an, on souhaite bonheur, santé, prospérité et longue vie à des gens que, les trois cent soixante-cinq autres jours, on laissera - s'ils n'ont pas trop mauvaise haleine - crever la gueule ouverte.
Impossible de se sentir en vie si l'on ne pense pas aussi qu'on mourra un jour.
Tout exercice du pouvoir aujourd'hui est un vol et une duperie où l'on se floue soi-même.
L'essentiel dans la vie, c'est de tuer le temps, meubler les heures, trouver tous les prétextes possibles pour remplir les pages de l'inévitable biographie qu'on appelle la mémoire.
C'est le propre des grands voyageurs que de ramener tout autre chose que ce qu'on allait chercher.
On ne rit pas pour rire mais pour être applaudi.
La vie est une mauvaise habitude dont on parvient mal de se défaire.
Ce n'était qu'un début. Là où on brûle des livres, on finit par brûler des hommes.
On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
Lorsqu'on me demande si je suis pessimiste ou optimiste, je réponds qu'en moi la connaissance est pessimiste, mais le vouloir et l'espoir sont optimistes.
Il faut un diagnostic juste si l'on veut des remèdes appropriés.
On ne saurait aller trop loin dans la connaissance de l'homme.
On peut, à la rigueur, parvenir à la jouissance sans acquitter le prix d'un travail rude et pénible, mais non pas à la joie, cette "merveilleuse étincelle divine".
Le vice, c'est le mal qu'on fait sans plaisir.
L'époque la plus favorable pour la répression d'un abus, c'est le jour où on le découvre.
On ne se met pas en travers de l'inévitable, c'est courir après la mort.
L'unique règle de plaire est de trouver un appétit que l'on a laissé affamé. S'il le faut provoquer, que ce soit plutôt par l'impatience du désir que par dégoût de la jouissance.
Tout effort que l'on fait dessert la pratique, car il fait des vagues dans notre esprit. D'autre part, il est impossible d'atteindre le calme absolu de l'esprit. Il faut donc faire un effort, mais il faut s'oublier dans cet effort.
On dit "une belle mort", comme si la mort pouvait avoir droit à l'esthétique, au raffinement et à la souplesse.
Au réveil d'un doux rêve, on voudrait se rendormir pour le continuer ; mais vainement on s'efforce d'en ressaisir les vagues traces, comme les plis de la robe d'une femme aimée disparaissant derrière une portière qu'on ne pourrait soulever.
Tout ce qu'on rêve est fiction, tout ce qu'on accomplit est science, toute l'histoire de l'humanité n'est rien d'autre que de la science-fiction.
On ne peut pas être le bourreau et le pendu.
C'est facile d'avoir des principes quand on est riche. L'important, c'est d'avoir des principes quand on est pauvre.
L'économie restera la science principale tant qu'on n'arrivera pas à se nourrir d'air et de vent.
Si on respecte toutes les règles, on gâche tout le plaisir.
Les meilleurs sont les vers qu'on ne finit jamais.
La vertu des femmes, au contraire des lattes de boulanger, a d'autant moins de valeur qu'on y fait plus d'entailles.
Sécurité sociale. Depuis le tonneau des Danaïdes, on n'a pas trouvé mieux.
Ce qui importe, ce n'est pas de se donner, ni ce qu'on a à donner, mais ce que les autres ont besoin de recevoir.
On a le choix de ses plaisirs, pas celui de ses souffrances. On dirait plutôt que les souffrances nous choisissent, elles connaissent nos faiblesses et le terrain de jeu de nos illusions.
A force de vivre avec un homme, on oublie forcément ce qu'il est... pour ne se souvenir que de ce qu'il a été.
Quand un client achète une chose, il en achète deux : premièrement, celle qu'il croit avoir achetée, deuxièmement celle que réellement on lui a vendue.
Plus on légifère, moins il y a de dialogue social.
Il est important quand on veut défendre les gentils contre les méchants de ne pas faire des gentils trop gentils et des méchants trop méchants.
Le mariage en soi n'est pas une tare, tout dépend de ce qu'on en fait.
Le problème, quand on a été heureux au moins une fois dans sa vie, c'est qu'on ne peut plus s'en passer.
Les gens disent que la musique celtique est revenue. Elle n'est jamais partie. Tout ce qu'on vit aujourd'hui vient du mouvement des années 1960 et 70.
Avoir du pouvoir, c'est garder le sourire quand on se fait casser les côtes par plus puissant que soi.
On n'exporte pas la démocratie dans un fourgon blindé.
La continuité des grands spectacles nous fait sublimes ou stupides. Dans les Alpes, on est aigle ou crétin.
Les vrais bons souvenirs ne sont pas assez nombreux pour qu'il faille refuser les faux qu'on nous propose.
Qu'est-ce que ça peut fiche qu'il ait une jolie femme ! Entre hommes, on ne se complimente que sur ses maîtresses.
Ce qu'on risque révèle ce qu'on vaut.
Quand on croit qu'on a tout compris, en un clin d'oeil, tout change.
A partir de 65 ans, on se répète toujours, excepté en amour.
Marcher devant le troupeau ne signifie jamais qu'on cesse d'en faire partie.
Mieux vaut respirer que de cueillir les roses, Et les plus beaux jardins sont où l'on n'entre pas.
Toutes choses s'enchaînent entre elles et leur connexion est sacrée et aucune, peut-on dire, n'est étrangère aux autres, car toutes ont été ordonnées ensemble et contribuent ensemble au bel ordre du même monde.
Au milieu d'un monde qui s'écroule, on veut mourir debout.
On ne peut pas vivre mal, c'est une contradiction.