Un film, c'est comme un voyage. On plonge, on s'imbibe et l'on finit par s'apercevoir que certaines choses sont plus fortes que d'autres.
L'union avec plus puissant que soi est un grand danger, sauf au moment où l'on est attaqué par un ennemi.
On devient parfois bizarre, en vieillissant, et l'on se raccroche aux lubies les plus aberrantes.
Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de choses, quand on en a, mourir c'est trop.
La possession de ce qu'on aime est une joie plus grande encore que l'amour.
L'amour est comme la rougeole, plus on l'attrape tard, plus le mal est sérieux.
On apprend ordinairement les langues pour pouvoir exprimer nettement qu'on sait . Mais il semble que les médecins n'apprennent leur jargon que pour embrouiller ce qu'ils ne savent point.
On ne sait jamais rien pour les autres.
On appelle les comédiens des cabots, parce qu'ils se sauvent quand on les siffle.
A quoi sert la pudeur ? Elle sert à paraître plus belle quand on est belle et à paraître moins laide quand on l'est.
On parle à une femme, on lui dit des phrases en sachant bien qu'elle ne comprend pas, comme on parle à un chien ou à un chat.
Sur la terre, un homme n'a besoin et envie que d'aimer, mais on supporte toutes les servitudes, excepté celles de l'amour.
Avec l'amour et la pénicilline, on peut guérir le monde entier.
On ne doit jamais rêver au passé ou à l'avenir ; on doit rêver au présent...
La vieillesse s'oublie car le coeur ne change guère, et plus on vieillit, plus on a d'aventures pour s'engaillardir.
Pourquoi ces longues queues devant les théâtres ? C'est qu'on a vu des gens heureux sortir d'une pièce nouvelle, et qu'on essaie tout naturellement d'être du nombre...
Dans un poème ou une nouvelle, on peut décrire des objets parfaitement triviaux dans une langue on ne peut plus banale, mais d'une grande précision, et doter lesdits objets d'une force considérable, et même confondante.
On se souvient toujours des dates importantes... le lendemain.
On chuchote à l'Assemblée : je me suis mouillé dans une affaire, je suis complètement à sec, j'ai besoin de liquide.
Prier Dieu c'est se flatter qu'avec des paroles, on changera toute la nature.
Veux-tu qu'on t'aime ? Ne t'aime pas.
Tout le monde est contre la guerre, mais les forts ont besoin d'elle pour prouver aux faibles qu'ils sont forts. Si bien qu'on ne s'en débarrassera jamais, parce qu'il y aura toujours des faibles.
On ne vit point assez pour profiter de ses fautes.
Il y a des instants qu'on voudrait voir durer la vie entière. Cela tient à une secrète plénitude, à un mystérieux apaisement en nous de l'inquiétude, cette autre forme du désir.
Une idée n'est grande qu'autant qu'on a souffert pour elle.
Les maladies sont des questions posées. Ce sont aussi des tâches à remplir, et même des distinctions. Le fait décisif, c'est la manière dont on les supporte.
Le talent que l'on a profusion ne console pas de celui que l'on préférerait.
Dans la vie, on a toujours tendance à idéaliser l'ailleurs.
Un petit garçon n'a besoin ni de montre ni de calendrier. Il passe à table quand on l'appelle, va se coucher quand on lui dit. Les heures, les jours, les années ne portent pas de numéro.
Le meilleur des mondes n'est pas celui où l'on obtient ce que l'on désire, mais un monde où l'on désire quelque chose.
Le plus souvent, les problèmes que l'on a avec les autres, ne sont que le reflet de ceux que l'on a avec soi-même.
Ce qui me surprend toujours, c'est qu'on puisse croire avoir épuisé un paysage, compris un être, achevé une recherche quelle qu'elle soit.
Souvent, une perte terrible vient nous rappeler ce à quoi on tient le plus. Parfois, on sort plus fort de cette épreuve, plus avisé, mieux armé pour faire face à la prochaine grosse catastrophe. Parfois, mais pas toujours.
La vie m'a appris que si on ne suit pas son intuition, que si notre intuition dit quelque chose que l'on refuse d'écouter, alors on part forcément dans la mauvaise direction.
On ne peut décomposer précisément que ce que l'on comprend.
On aime toujours un peu à sortir de soi, à voyager, quand on lit.
Les enfances se ressemblent toutes, dans leur grandeur comme dans leur misère originelles. On ne connaît guère mieux son enfance que les enfances inconnues et secrètes des autres enfants.
Il y a deux sujets dont on ne peut parler avec autorité qu'après expérience : Dieu et l'amour. Comme il faut bien attendre de mourir pour faire l'épreuve de Dieu, reste l'amour.
Comme elle est longue à vivre, la quête de l'existence, quand on n'a pas de dieu qui la dirige.
Est-ce qu'on divorce parce qu'on connaît enfin l'autre ?
On n'est jamais si fortement tenté de croire aux dieux que lorsqu'on devient dieu soi-même. Mais celui qui fait croire en lui a tout à gagner et le dieu tout à perdre.
La mort nous trouvera bien partout où nous irons. La mort, c'est lorsqu'on la fuit qu'elle s'attache à nos pas ! Il est bien rare que ceux qui la désirent la voient venir.
De profession à profession, on se devine, et de vice à vice aussi.
A quoi reconnaît-on qu'on est vieux ? A ce qu'on va mettre trois jours à récupérer de cette cuite.
L'oeuvre d'un auteur est, ou devrait être, une totalité, un grand organisme dans lequel chaque partie est reliée aux autres par d'innombrables fils, nerfs, muscles, écheveaux, et canaux... qu'on le touche quelque part, il réagit ailleurs.
Je connais des gens heureux qui ont l'air tristes et des gens malheureux qui plaisantent toujours. L'humour est un antalgique, on l'utilise quand on a mal.
Approcher Autrui, c'est encore poursuivre ce qui déjà est présent, chercher encore ce que l'on a trouvé, ne pas pouvoir être quitte envers le prochain. Comme caresser. La caresse est l'unité de l'approche et de la proximité.
Le pourboire est un facultatif catégorique ; on a le droit de ne pas donner de pourboire ; on n'en a pas la liberté.
J'ai toujours détesté les politiques, car je déteste que l'on s'occupe de moi. Je respecte certains gestes. Mais on nous prend pour des enfants
On renverse les grands vases, et seuls les petits pots restent.