On peut, sans s'avilir, s'abaisser sous les dieux, les craindre et les servir.
On ne doit pas plus exhiber sa culture que ses biceps. Il faut qu'elle saille sous la phrase comme les muscles sous le vêtement.
Nous voulons tellement manquer de temps qu'il est devenu ringard de laisser paraître qu'on en a.
On peut se demander si les convictions les plus fanatiques ne servent pas parfois de simple lest au milieu du vide que l'homme a créé en persistant à s'interroger sur l'idée de Dieu et le sens ultime des choses.
L'amour... Il n'y a que cela qui ait de l'importance. On peut aimer un homme, on peut aimer Dieu, on peut aimer ses semblables, tout cela au fond, c'est pareil.
C'est l'ensemble de la vie individuelle que l'on devrait nommer "destin" et non pas ce futur tangible qui, d'une heure sur l'autre, remet tout en question, fait de nous une épave ou un héros.
Tous ceux-là qui prétendent avoir quelque chose à dire ne comprennent jamais ce qu'on leur dit.
Dans un poème ou une nouvelle, on peut décrire des objets parfaitement triviaux dans une langue on ne peut plus banale, mais d'une grande précision, et doter lesdits objets d'une force considérable, et même confondante.
En général, l'indulgence pour ceux qu'on connaît, est bien plus rare que la pitié pour ceux qu'on ne connaît pas.
Chaque fois qu'on a voulu changer le monde, il y a eu plus de problèmes qu'avant.
Privilège de l'âge mûr. On récolte. Alors qu'auparavant, on semait.
On ne quitte pas une maison qu'on trouve sale. On la nettoie.
Comme il est facile de pardonner le mal que l'on nous a fait quand nous l'avons oublié !
Le plus souvent, les problèmes que l'on a avec les autres, ne sont que le reflet de ceux que l'on a avec soi-même.
Vivre, ce n'est pas seulement faire pour soi, mais aussi ce que l'on fait pour les autres.
Le premier baiser est l'effleurement des lèvres de la rose par les doigts délicats de le brise où l'on entend la rose pousser un long soupir de soulagement et un et un doux gémissement.
Le sexe est beaucoup mieux avec une femme, mais on ne peut pas vivre avec une femme.
Je suis persuadé d'une chose, c'est qu'il faut toujours dire « Je t'aime » aux personnes qu'on aime.
On croit comprendre les règles quand on devient adulte, alors que tout ce que nous faisons est brimer notre imagination.
L'ennui quand on est tolérant, c'est que les gens pensent qu'on ne comprend rien au problème.
Enfant : fruit qu'on fit.
Les raisons qui font que l'on s'abstient des crimes sont plus honteuses, plus secrètes que les crimes.
On dit que le public a les journaux qu'il se fait ou qu'il mérite. N'est-il pas plus juste de dire que les journaux ont le public qu'ils façonnent ?
Les gens sont disciplinés. Pensez, depuis le temps qu'on les enrégimente, qu'on les englobe, qu'on les planifie, qu'on les organise !
Mais c'est quand on a trouvé une réponse à toutes les questions qu'il en surgit alors d'autres, plus mystérieuses, plus angoissantes.
On tolère mal la paix qui se fonde sur la liberté.
On ne voit jamais les personnes comme elles sont vraiment, on essaie de les deviner.
On ne définit pas le succès une fois pour toutes, dans l'abstrait. Il se mesure aux servitudes particulières surmontées.
Pourquoi ces longues queues devant les théâtres ? C'est qu'on a vu des gens heureux sortir d'une pièce nouvelle, et qu'on essaie tout naturellement d'être du nombre...
De profession à profession, on se devine, et de vice à vice aussi.
On se cache d'être brave comme d'aimer.
C'est peut-être au dehors que l'on guette, mais c'est toujours au fond de soi que l'on attend.
Si les singes avaient le talent des perroquets, on en ferait volontiers des ministres.
Les professeurs ne se préoccupent que de se tenir au niveau de leur auditoire. Ils se défient de ce qu'on ne comprendrait pas.
On ne peut pas désirer la liberté de la Croix quand on est spécialement choisi pour la Croix.
Si l'on en fait un absolu, l'égalité est une absurdité puisqu'elle est radicalement étrangère à la nature.
On ne peut décomposer précisément que ce que l'on comprend.
Il y a toujours une bagarre à la clé quand on cause religion.
On apprend ordinairement les langues pour pouvoir exprimer nettement qu'on sait . Mais il semble que les médecins n'apprennent leur jargon que pour embrouiller ce qu'ils ne savent point.
Si l'on retranchait du patriotisme de la plupart des hommes la haine et le mépris des autres nations, il resterait peu de choses.
On est fidèle à soi-même, et c'est tout.
Peut-être qu'en dormant on s'entraîne à mourir ? A moins que l'on ne dorme en mémoire des morts ?
La vieillesse s'oublie car le coeur ne change guère, et plus on vieillit, plus on a d'aventures pour s'engaillardir.
Essayant de donner, on voit qu'on n'a rien, Voyant qu'on n'a rien, on essaye de donner, Essayant de donner, on voit qu'on n'est rien, Voyant qu'on n'est rien, on désire devenir, Désirant devenir, on vit.
Le lit est encore le lieu le plus pratique quand on tient à perpétuer le genre humain.
A la demande d'un ami, on ne répond pas "plus tard".
J'adore le Seigneur, on m'explique sa loi, Dans son livre divin, on m'apprend à la lire.
C'est avec le temps qu'on découvre une cicatrice aux fesses.
Je crois qu'on ne peut pas être acteur si on n'a pas eu le sentiment d'être abandonné dans l'enfance.
Le repentir seul ne sert à rien, on ne peut acheter la grâce par le repentir, on ne peut pas l'acheter du tout.