Si jamais on te démet de tes fonctions, manifeste publiquement ta satisfaction, et même ta reconnaissance envers celui qui t'a rendu la quiétude et le loisir auxquels tu aspirais : ainsi éviteras-tu qu'à la disgrâce s'ajoute le sarcasme.
Il semble que la psychanalyse soit la troisième de ces professions impossibles où l'on peut d'avance être sûr d'échouer, les deux autres, depuis bien plus longtemps connues, étant l'art d'éduquer les hommes et l'art de gouverner.
Chaque maison a son odeur à laquelle ses habitants ne prennent plus garde, sauf après une longue absence. Quand une maison n'a pas d'odeur, elle effraie ; on a l'impression qu'elle cache un secret, la maladie.
En général, l'indulgence pour ceux qu'on connaît, est bien plus rare que la pitié pour ceux qu'on ne connaît pas.
Etrange, comme on passe à travers la vie sans presque rien voir.
Vivre la route. Ne jamais quitter la route. Toujours plus loin, toujours en exil. Ne plus vivre l'idée du temps, n'avoir aucune horloge, que des couchers de soleil à l'horizon qui ne cesse de reculer plus on avance.
On n'a rien à écouter d'un ingrat ni d'un faux ami.
Les coeurs sont trop précieux pour qu'on les brise.
A vingt ans, on a le physique que nos parents nous ont donné. A quarante, on a celui de son âme.
De quoi on parle, ça n'a pas d'importance. C'est juste parler qui compte.
Toute vanité souffre de la désaffection amoureuse dans la mesure même où on l'a flattée
Faites justice aux autres, afin qu'on vous la fasse à vous-mêmes.
La littérature ne s'apprend pas. On rencontre simplement, en ce domaine, des gens ou des livres qui, brusquement, vous disent, vous montrent ce que vous avez besoin d'entendre ou de voir.
Pour peu qu'on tâche de se perfectionner, on voit les autres rapetisser, comme s'ils s'enfonçaient dans le sable.
Je ris de douleur et l'on me trouve gai.
C'est en prison qu'on rêve le mieux la liberté.
On ne vit pas encore si mal pour de petits ouvriers.
On a modernisé l'Algérie. [...] Les résultats satisferaient les plus difficiles. On n'a omis qu'une chose essentielle : moderniser ses habitants. Et on est arrivé ainsi à un anachronisme frappant. Sur une terre européenne, aux cadres européens, vivent six millions d'orientaux.
Souvent, une perte terrible vient nous rappeler ce à quoi on tient le plus. Parfois, on sort plus fort de cette épreuve, plus avisé, mieux armé pour faire face à la prochaine grosse catastrophe. Parfois, mais pas toujours.
Il me semble qu'on résout le problème de la vie, quand on a découvert ce qui doit prendre le premier rang.
La solitude est utile. Il faut parfois ne parler qu'avec soi-même. On entend alors de dures vérités ou d'agréables mensonges selon qu'on s'analyse ou qu'on s'imagine.
On ne prend pas l'oiseau à la crécelle.
Un homme d'esprit fait toujours quelque profit de mal qu'on dit de lui.
On n'a jamais fini de faire son devoir.
A-t-on le droit de s'écarter de la vérité ? Oui, si c'est pour la devancer.
De quel droit a-t-on décidé que les gens pauvres seraient aussi modestes ?
Il n'est que de vivre : on voit tout et le contraire de tout.
Rappelez-vous que la liberté n'est belle que dans la mesure où l'on en fait bon usage.
En se plaignant du peu qu'on a on ne l'augmente pas. On se le gâte, on le perd.
Là où on ne voit rien d'autre, où on n'entend rien d'autre, où on ne connaît rien d'autre, c'est l'infini. Là où on voit autre chose, où on entend autre chose, où on connaît autre chose, c'est tout petit. Seul l'infini est immortel. Le fini est mortel.
On se souvient d'une atmosphère parce que des jeunes filles y ont souri.
L'écriture, c'est comme un iceberg, avec un dixième émergé. La partie émergée, c'est le premier roman. Ensuite, il y a le deuxième, le troisième... A chaque roman, on va plus profond.
Les morts on toujours tort. Les gagnants, ce sont ceux qui restent en vie.
Comment peut-on empêcher une grosse dame de chanter quand on a oublié sa mitraillette ?
L'écriture, c'est comme l'armée, on y retrouve tout le monde. Des avocats, des secrétaires, des boulangères, des critiques littéraires, des énarques, des politiciens, des fils de famille, des vagabonds, et même quelques écrivains.
Ce n'est que ridicule d'être sourd, c'est triste d'être aveugle. On peut ainsi mesurer la différence qu'il y a entre la nature visible et les hommes qui parlent.
Dans la déchéance des autres, on n'entre pas sans s'abaisser.
Privilège de l'âge mûr. On récolte. Alors qu'auparavant, on semait.
Aucun cheval de course n'est capable de filer aussi vite que l'argent qu'on a misé sur lui.
On dévore les livres, ou bien les livres vous dévorent. C'est une drogue effrayante et douce, un séduisant voyage.
Et on dit que, si la femme allume les bougies du Chabat, c'est pour apporter la lumière dans le coeur de L'histoire.
Ce qui est bien dans le métier d'acteur, c'est qu'on peut vivre dans la peau d'un autre sans avoir à en payer le prix.
On est en train de réduire au réchauffement climatique le multidimensionnel problème écologique qui concerne toutes les pollutions et toutes les dégradations que subissent les humains et les sociétés, pas seulement la Nature.
Ça fait toujours ça, on n'est jamais sûr de soi vraiment. Des fois le rôle vient à vous, des fois il ne vient pas. Des fois vous essayez d'aller au rôle et vous n'y arrivez pas. C'est pour ça qu'on [...] ► Lire la suite
Quand on ne peut plus avoir la liberté qu'on avait sous les tyrans, on jouit au moins des tyrannies de ceux qui parlent de liberté.
Nier en criant est encore une sorte d'aveu puisqu'on ne crie pas en face de l'indifférence.
La nuit, toute chose prend sa forme et son vrai aspect. De même qu'on ne distingue que la nuit les étoiles du ciel, on aperçoit alors sur la terre bien des choses qu'on ne voit pas le jour.
Qu'est-ce que le vice ? Un goût qu'on ne partage pas.
Le créateur, ce n'est pas parmi les personnages qu'on doit le chercher, ses secrets sont dans sa manière de créer.
On a beaucoup discuté la question de savoir si la femme n'était pas un être radicalement débile. Sa débilité n'est qu'apparente ; elle a, en effet, de meilleurs principes de vie que l'homme.