On ne choisit pas son sujet. Voilà ce que le public et les critiques ne comprennent pas. le secret des chefs-d'oeuvre est là, dans la concordance du sujet et du tempérament de l'auteur.
Quand on aime la vie, on dort.
Sans réponse devant l'absurde. Comment justifier l'évidence quand tout le monde la nie, et qu'on n'a d'autre preuve à opposer que sa bonne foi ?
Laissez-nous tranquilles, les gars, a dit l'une des vieilles, la figure toute cartographiée à force d'être centenaire. On n'est que de pauvres vieilles.
La vie est assez énigmatique déjà, sans qu'on entreprenne le débrouillement du chaos métaphysique dans la cervelle des commis aux écritures.
Maintenant, tout est plus éphémère. On télécharge un morceau à la mode et on l'oublie en huit jours.
On pardonne plus ses rides à un homme qu'à une femme.
Ce n'est pas un métier de femme. C'est un univers rude, dur, où on est tout le temps sur les mers.
Peut-on tromper les autres sans se tromper un peu ou beaucoup soi-même ?
J'aime bien que l'on m'invente des mots d'esprit. Cela permet au mien de se reposer.
Veux-tu qu'on t'aime ? Ne t'aime pas.
On ne perçoit du monde que ce qu'on est préparé à en percevoir.
On se dit quelquefois : si Dieu était partout, où se trouverait l'homme ?
Le véritable exhibitionnisme consiste à montrer ce qu'on n'a pas.
Quand on a des opinions courantes, on les laisse courir.
On ne trouve jamais complètement désagréable ou inintéressant quelqu'un à qui l'on plaît.
Plus que l'homme, la femme tient à se tenir à la hauteur de l'opinion qu'on se fait d'elle.
Le renoncement est admirable, encore faut-il connaître ce à quoi on renonce.
On n'a tant d'indulgence que quand on n'a plus d'amour.
Lorsqu'on se tue, c'est un homme qu'on tue.
On se souvient d'une atmosphère parce que des jeunes filles y ont souri.
La littérature ne s'apprend pas. On rencontre simplement, en ce domaine, des gens ou des livres qui, brusquement, vous disent, vous montrent ce que vous avez besoin d'entendre ou de voir.
Etrange, comme on passe à travers la vie sans presque rien voir.
Nous nous étions fait don de l'innocence,Elle a brûlé longtemps de rien que nos deux corps,Et nos pas allaient nus dans l'herbe sans mémoire,Nous étions l'illusion qu'on nomme souvenir.
Tout est biaisé, revu, recharmé. Si on pouvait retourner vraiment dans les décors d'autrefois, sûr qu'on serait déçu, qu'on n'y tiendrait pas tellement. L'enfance c'est un paradis perdu qu'on recherche toujours, qu'on ne retrouve jamais, qui n'existe pas. Il faut rester seul avec ses rêves... la sagesse.
On n'évoque pas une victoire, sans émouvoir les soldats qui y ont combattu.
On obtient le bonheur dans la mesure où on ne l'attend que de soi.
L'homme compense le poids du mal dont on lui a écrasé l'échine par la masse de sa haine.
Si on ne peut pas rire au paradis, je ne tiens pas à y aller.
Quand on veut honorer les gens, il faut que ce soit à leur manière, et non pas à la nôtre.
Sans adresse on ne peut même pas attraper une puce.
Pour le diplomate, le dernier mot de l'astuce est de dire la vérité quand on croit qu'il ne la dit pas, et de ne pas la dire quand on croit qu'il l'a dit.
Malade, on voulut lui faire venir un médecin et il déclara : non, je veux un fossoyeur, car je déteste les intermédiaires.
Ce n'est qu'en pardonnant qu'on ne se trompe pas.
Toutes les sciences, même divines, sont de grandes enquêtes. Sauf que l'on ne cherche pas à savoir pourquoi un homme est mort mais les sombres secrets expliquant pourquoi il est en vie.
Si les révolutions traînent en longueur, c'est parce qu'on ne prend jamais que des demi-mesures.
On se souvient toujours des dates importantes... le lendemain.
Quand je vois le nombre de gens qui sont partis en vacances avec leur sans-fil, je me dis que s'il y avait eu des fils, on n'aurait pas fini de défaire les noeuds.
On a aussi peu de liberté maintenant qu'il y a vingt ans : faire l'amour était alors interdit aux jeunes filles ; maintenant c'est presque devenu obligatoire. Les tabous sont les mêmes.
L'écriture, c'est comme un iceberg, avec un dixième émergé. La partie émergée, c'est le premier roman. Ensuite, il y a le deuxième, le troisième... A chaque roman, on va plus profond.
C'est à ce signe qu'on distingue les vrais héros : ils ne se plaignent jamais de leur sort.
Il y a déjà longtemps qu'on a dit : « Du jour où les Romains ont cessé de croire aux poulets sacrés, c'en a été fait de l'Empire romain. »
On ne vit pas encore si mal pour de petits ouvriers.
On s'croyait invincibles quand on était mômes, insouciant, parents soucieux, de la veille à l'aube.
La Révolution, par définition, est une surprise, elle ne se déroule jamais comme on aurait pu s'y attendre.
A vingt ans, on a le physique que nos parents nous ont donné. A quarante, on a celui de son âme.
Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas.
Le commencement et le déclin de l'amour se font sentir par l'embarras où l'on est de se trouver seuls.
Les vrais copains, c'est pas quand on boit, c'est quand on est sobre.
Les vieux, c'est comme les enfants, ils voudraient qu'on les plaigne, mais qui en a pitié ?