Il y a des choses difficiles à expliquer, et, alors, on s'en prend à la destinée.
Le théâtre doit représenter une histoire le plus clairement possible, avec un commencement, un milieu et une fin, telle qu'on la verrait se passer en action sous nos yeux.
Pour échapper à la souffrance, le plus souvent on se réfugie dans l'avenir. Sur la piste du temps, on imagine une ligne au-delà de laquelle la souffrance présente cessera d'exister.
Comme on serait meilleur, sans la crainte d'être dupe !
La douleur est une chose que l'on n'a le droit d'infliger qu'à soi-même.
Les autres gens ne savent pas tout ce que les livres représentent quand on est enfermé. La lecture, l'étude et la radio, voilà nos seules distractions.
On a beau être ministre, on ne peut oublier que l'on dépend du suffrage universel.
Pour énerver les cons, on est manifestement utiles.
On vit dans un monde où chaque pays a tendance à vendre son âme pour une petite place au soleil.
On ne se souvient que de ses folies. Tout le reste n'est que du remplissage.
On n'entend pas de trompettes le jour où l'on prend les décisions importantes pour le reste de notre vie. Le destin se fait connaître en silence.
Quand on vole un oeuf, on va en prison, quand on vole un boeuf, on va au Palais-Bourbon...
Les hommes qui passent pour être durs sont de fait beaucoup plus sensibles que ceux dont on vante la sensibilité expansive. Ils se font durs parce que leur sensibilité, étant vraie, les fait souffrir.
Le savoir sans le savoir, c'est ce qu'on appelle l'instinct.
C'est en se heurtant à du silence qu'on épuise le plus sûrement ses dons d'éloquence et de persuasion.
On ne devient pas un auteur dramatique, on l'est tout de suite ou jamais, comme on est blond ou brun, sans le vouloir.
Les livres que l'on écarte sont toujours ceux dont on s'aperçoit plus tard qu'on en a justement besoin.
Si l'amour quelquefois souffre qu'on le contraigne, Il souffre rarement qu'une autre ardeur l'éteigne.
La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s'examine n'avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte.
L'homme né pour la liberté, sentant qu'on cherche à l'asservir, aime souvent mieux se faire corsaire que de devenir esclave.
On ne peut résoudre les problèmes avec le même esprit qui les a créés.
On arrivera bien, finalement, à réduire la semaine de travail de façon que chacun puisse cumuler trois emplois différents tout en conservant ses week-ends libres.
Avoir une idée originale, c'est se souvenir de quelque chose qu'on a entendu quelque part et avoir oublié où.
Plus on va loin, moins on apprend.
L'amour est un ennemi que l'on ne peut vaincre corps-à-corps, mais seulement par la fuite.
Les mots sont comme les sacs : ils prennent la forme de ce qu'on met dedans.
Un véritable ami est le plus grand de tous les biens et celui de tous qu'on songe le moins à acquérir.
On supporte moins aisément la passion que la maladie. Il y a toujours du remords et de l'épouvante dans la passion.
L'on n'estime guère dans les autres que les qualités que l'on croit posséder soi-même.
C'est fou ce qu'on peut passer de temps dans une vie d'homme, à vouloir éteindre des passions !
C'est curieux, comme on lit bien dans les yeux de ceux que l'on aime pas ; les autres, les yeux de ceux qu'on aime, sont, au contraire, pleins de mystères.
Plus l'heure fatale approche, plus on se trouve important. Sans cela, la vie vaudrait-elle la peine d'être vécue ?
On n'a jamais rien à gagner à tenter de créer soi-même un événement. L'événement c'est comme la plomberie, une affaire de spécialiste.
On ne cesse jamais d'être un enfant tant que l'on a une mère vers qui aller.
C'est très couvrant de dire du mal de soi, surtout si l'on sait trouver les bonnes formules : elles vous habillent.
On garde sans remords ce qu'on acquiert sans crimes.
On emploie sa jeunesse à s'enrichir, et la richesse à rajeunir.
L'éducation est une chose admirable, mais il est bon de se rappeler de temps en temps qu'on ne peut rien enseigner qui mérite d'être connu.
Rien ne flatte les gens davantage que l'intérêt que l'on prend ou semble prendre à leurs propos.
On ne se dérobe pas à l'amour impunément. On est toujours rattrapé, où qu'on se cache.
On ne peut atteindre les limites de l'art.
Le prix d'Amour, c'est seulement Amour, Il faut aimer si l'on veut être aimé.
Il faut toujours laisser la porte du plateau ouverte, parce qu'on ne sait jamais ce qui peut y entrer.
Au dernier jour, on ne vous demandera pas ce que vous aurez su, mais ce que vous aurez fait.
C'est ce qu'on apprend de la vie en fin de compte : combien elle est étrange.
A quinze ans, vingt ans tout au plus, on est déjà achevé d'imprimer.
On n'est pas d'accord avec la vie tant qu'on n'est pas d'accord avec la mort.
Les Américains sont épouvantables en amour : ou ils sont tellement lents qu'on a envie de hurler, ou bien ils sont tellement rapides qu'on hurle.
On n'est jamais plus heureux que quand on croit l'être.
On ne voit bien le mal de ce monde qu'à condition de l'exagérer.