Quand on naît salade, l'huile et le vinaigre vous tombent du ciel.
On compare généralement la politique à un échiquier. On a tort : c'est un jeu de dames.
On devient vieux à partir du moment où on ne comprend plus les jeunes.
Le sommet du crâne est apparemment l'unique endroit où l'on n'a aucune chance de pouvoir faire pousser des cheveux.
Les mots ne sont que les mots, à peu près rien sans leur dessein que l'on confie au ton et qui transcende leur sens à jamais prisonnier des dictionnaires.
Quand on a un meilleur ami, on a besoin de rien d'autre au monde.
Quand on a un coeur d'or, il faut le garder pour soi.
L'on peut prévoir le jour où, le phonographe et le cinéma étant devenus les seules formes d'impression en usage, les poètes auront une liberté inconnue jusqu'à présent.
Quand on a remonté sa montre, est-ce du temps que l'on crée, ou l'heure de la mort qu'on nourrit ?
Il faut passer par beaucoup de choses pour se connaître. Et encore ! Chaque expérience vous amène à une nouvelle frontière de vous-mêmes. Par-delà la barrière, qui sait ce qu'on trouvera.
Quand on écrit son autobiographie, on n'a pas le temps de vivre.
Parler, c'est exprimer ce qu'on a dans le coeur.
Pas de mari, pas de couple, pas de famille. Comment peut-on être deux, pourquoi n'est-on pas tous à chacun ?
Quand on voit quelqu'un et qu'il fuit, ça signifie c'est quelqu'un qui te veut du mal. Il faut l'attraper.
Le public consensuel qui dort pendant les représentations et applaudit à tout rompre à la fin... Comment appelle-t-on ça ? Feindre l'orgasme ?
On doit, au théâtre, faire, avec du faux, plus vrai que le vrai.
Il est des jeux radiophoniques comme de l'amour : à en connaître la finalité, on est déçu.
Une fois qu'on est en route, on ne connaît ni adieu ni regret, il devient chaque jour un peu moins possible de faire demi-tour, on ne le souhaite d'ailleurs plus.
Dès qu'ils apprennent qu'on va déshabiller leur carapace, ils rougissent. Je serai toujours fasciné par la pudeur des homards.
S'il l'on doit chercher un ancêtre socio-politique au socialisme, il faut songer au communalisme.
La vie aime la conscience qu'on a d'elle.
La femme pouvant être mère, on en a déduit qu'elle devait l'être... et ne trouver son bonheur que dans la maternité.
Dès qu'il y aura du sang versé, on ne sera plus Robin des Bois, mais une bande de crétins.
L'espérance dure longtemps tant qu'on y croit : c'est une déesse trompeuse, mais bien utile.
Avec le temps, la passion des grands voyages s'éteint, à moins qu'on n'ait voyagé assez longtemps pour devenir étranger à sa patrie.
Lorsqu'on fait une profonde révérence à quelqu'un, on tourne le dos à quelqu'un d'autre.
Il est sans comparaison plus facile de faire ce qu'on est, que d'imiter ce qu'on n'est pas.
On est assez riche quand on a le nécessaire.
Si on ne suppose pas que les hommes ont tous la même intelligence, et l'ont toute, il n'y a plus ni vérité ni erreur.
La mort n'est qu'un banal incident qui ne dure qu'un instant. Une affaire où l'on a plus de peur que de mal.
Faire la charité, c'est bien. La faire faire par les autres, c'est mieux. On oblige ainsi son prochain, sans se gêner soi-même.
Le vase du potier contient l'espace qu'on lui donne. Le vase du sculpteur contient ce qu'on lui a enlevé.
Je suis de la race de ceux qu'on opprime.
On ne détruit pas la personne qu'on aime.
On cesse d'être un enfant quand on comprend qu'on est mortel.
Une fois dans sa vie, juste une fois, on devrait avoir suffisamment la foi en quelque chose pour tout risquer pour ce quelque chose.
A quoi ressemble un professeur ? A un flacon qui contient un onguent aromatique. Quand on le débouche, le parfum se répand ; quand on le ferme, le parfum disparaît.
Sur la terre, on se comprend sans presque jamais se parler ; tandis que dans les villes, on se parle sans presque jamais se comprendre.
Dans le plaisir à deux on peut échanger ses pensées. Dans la masturbation on sait jamais à qui causer.
Le temps et l'obsession et l'amour qu'on met dans l'écriture vous éloignent de la vie.
Pour vivre tous les jours avec les mêmes personnes, il faut garder avec elles l'attitude qu'on aurait si on ne les voyait que tous les trois mois.
Rien n'est jamais aussi mal qu'on le craint ni aussi bien qu'on l'espère.
Les funérailles sont, relativement au degré des civilisations des Gaulois, magnifiques et somptueuses. Tout ce qu'on pense que la mort chérissait est porté au bûcher, même des êtres vivants, et, il n'y a pas longtemps encore, la règle d'une cérémonie [...] ► Lire la suite
Quand on possède le goût des gens exceptionnels, on finit toujours par en rencontrer partout.
On choisit l'âge de faire des enfants suivant le temps que l'on est prêt à passer avec eux.
Plus met-on de paille en l'étable et plus il y a de fumier.
Peut-être qu'un jour, on découvrira que la bêtise n'est rien d'autre qu'un virus.
Le baiser qu'on cueille est moins savoureux que celui que l'on imagine, et le désir vaut mieux que la conquête.
Quand on parle de s'en aller, on place vite son coeur dans ses bagages.
On a beau s'éloigner des cimetières, on finit toujours par s'y installer.