La jeunesse est cet heureux temps où l'on devrait plutôt dire qu'on ne doute de rien plutôt que de dire qu'on n'y doute pas de soi.
Quand on veut vivre parmi les hommes, il faut laisser chacun exister et l'accepter avec l'individualité, quelle quelle soit, qui lui a été départie.
Une occasion manquée se retrouve, tandis qu'on ne revient jamais d'une démarche précipitée.
On ne s'intéresse guère aux affaires des autres que lorsqu'on est sans inquiétude sur les siennes.
On dit "civisme" par honte de dire "patriotisme", comme on dit "fréquenter" par peur de dire "coucher avec".
Impossible de parler de Dieu sans prononcer aussitôt une quantité invraisemblable de bêtises. On ne peut rien dire de Dieu, seulement parler avec lui, en lui.
Quand on croit prendre parti, on est toujours, déjà, de parti pris.
En dépit du malheur et de la souffrance, la vie n'est jamais tout à fait mauvaise quand on garde le don des rêves.
Peut-on manger à temps quand les cuisiniers et les clients entrent tous à la même heure dans la cuisine ?
L'argent permet de jouir de la vie. Sans argent, on jouit... de la pauvreté.
Ce qui est hors des gonds de la coutume, on le croit hors des gonds de la raison.
Faire ce que l'on doit faire, ce n'est pas vivre, c'est survivre.
Si l'on ne veut être qu'à son avantage, mieux vaut choisir d'être mannequin !
Le bonheur, c'est le plaisir qu'on attend pas.
C'est bien plus difficile de parler quand on n'est pas habillé. Essaie donc d'être sérieux sans pantalon !
La joie, c'est en soi qu'on la trouve, pas ailleurs.
Chaque fois qu'on monte là-haut, c'est comme si tu volais avec un fantôme.
Je ne suis qu'un exécutant, je me borne à traduire. Mais on ne traduit que son trouble : c'est toujours de soi-même qu'on parle.
Mais tout est raciste, c'est pas possible ! On ne peut plus rien dire sans se faire insulter de raciste, j'en sais quelque chose. Il faut arrêter avec ça.
On envahit Berlin, ensuite on encercle la Pologne et on crie « surprise » !
Tout est plus simple qu'on ne peut l'imaginer et en même temps plus enchevêtré qu'on ne saurait le concevoir.
Le secret de tout art d'exprimer consiste à dire la même chose trois fois : on dit qu'on va le dire, on la dit, on dit qu'on la dite.
On s'endort enfant et l'on se réveille vieillard. On fait le tour de son berceau et l'on se trouve au bord de sa tombe.
Pourquoi contredire un homme, puisqu'on sait très bien qu'il persistera dans ses erreurs !
Il faut être heureux et y mettre du sien. Si l'on reste dans la position du spectateur impartial, laissant seulement entrée au bonheur et portes ouvertes, c'est la tristesse qui entrera.
Quand on n'attend rien, c'est alors que le temps passe.
Quand un homme parle à Dieu, on dit qu'il prie. Quand Dieu parle à un homme, on dit de ce dernier qu'il est schizophrène.
On n'obtient pas toujours ce qu'on demande, mais on n'obtient jamais ce qu'on ne demande pas... sauf si c'est contagieux !
C'est pour ça qu'on écrit. Ce ne peut être que pour ça, et quand c'est pour autre chose c'est sans intérêt : pour aller les uns vers les autres.
L'on dirait que par une étrange bizarrerie du coeur, la femme aimée communique plus de charme qu'elle n'en a elle-même.
Le roman est ce que chaque auteur en fait. Il faut simplement exister - essayer d'exister dans ce qu'on écrit.
Ce qu'il y a de merveilleux dans le roman, c'est qu'on peut y parler de soi tout en ayant l'air de parler des autres.
Si l'on n'a pas une bonne démocratie, il y a une mauvaise légitimité des décisions et quand la croissance diminue, les risques de remise en cause de la solidarité sont considérables.
Il y a des choses qu'on peut faire, et d'autres qui paraissent trop difficile. Peu à peu, tout devient trop difficile ; c'est à cela que se résume la vie.
On peut vraiment avoir de l'énergie avec peu de matériel.
Dans les écoles, on apprend des quantités de dates de batailles ridicules, des noms d'anciens rois tout aussi absurdes... mais, de l'homme, on ne sait rien !
Dire que la vie c'est ça, c'est pour ça qu'on s'habille, et qu'on se fait belle, et tous les romans sont écrits sur ça, et on y pense tout le temps, et finalement, on s'en va dans une chambre avec un type qui vous étouffe à moitié et qui vous mouille le v
En philosophie, il faut se défier de ce qu'on croit entendre trop aisément, aussi bien des choses qu'on n'entend pas.
L'instant où l'on découvre son propre manque de talent est un éclair de génie.
Les boys bands ont leur chemise ouverte pour qu'on puisse voir leur tablette de chocolat et un pantalon moulant pour qu'on puisse voir les noisettes !
C'est l'âge qui nous a forcé à arrêter, mais il reste l'envie de fumer. C'est la même chose que pour faire l'amour. On ne le fait plus mais on en a encore envie.
Les beautés qu'on découvre le plus tôt sont aussi celles dont on se fatigue le plus vite.
Lorsqu'on nous dit que nous sommes dans la civilisation de l'image, on commet une erreur : en fait nous sommes dans une civilisation de l'audiovisuel (ou l'audiovisible) c'est-à-dire d'une domination de l'image parlante.
Dans un roman, on est porté par le récit. Le roman est situé dans le temps d'une lecture. Un poème est toujours "maintenant".
Les chaos est le nom que l'on donne à tout ce qui produit la confusion dans notre esprit.
Pourquoi dit-on communément "requin de la finance" et jamais "mérou" ou "saumon de la finance" ? Demandez aux petits poissons et aux petits actionnaires.
A force de vivre au milieu des tableaux, on finit par se taire ; on vit surtout avec les yeux.
S'il l'on doit chercher un ancêtre socio-politique au socialisme, il faut songer au communalisme.
Respirer, marcher, parler, regarder : toutes choses ordinaires, dont on ne s'aperçoit de la valeur que lorsqu'on a failli les perdre pour toujours. Les rescapés d'accident, de maladies ou d'événements de vie graves racontent tous la même histoire, et la même sensation, liée à cette prise de conscience : vivre est une chance.
Il est important d'exprimer ce que l'on ressent. On ne peut pas espérer que les autres le devinent.