On peut maintenant prédire presque à coup sûr que le contribuable sera la première des ressources naturelles qu'on aura complètement épuisées.
Je vois tout comme une scène, et j'écoute tout comme si on était dans une pièce de théâtre.
Misères, complexes, nostalgie ; on sait des temps où le masculin ne s'encombrait pas de tant d'inquiétudes, exprimait moins de doutes sur son identité même.
Comment peut-on percevoir sans concevoir ?
Il n'est pas facile de distinguer dans nos réflexions ce qui se rapporte à nous ou à nos proches. On est habité par ceux qu'on aime ou qu'on hait.
Il n'y a pas deux temps pareils de solitude car on n'est jamais seul de la même façon.
Quand on a le malheur d'avoir plus d'esprit que son supérieur, il faut paraître en avoir moins.
On accroît la servitude de l'homme en lui accordant des droits qu'il ne peut contrôler.
Quant on ment, on ne calomnie jamais.
Les choses sont comme les êtres, on peut toujours en y mettant le prix les posséder.
C'est souvent en y mettant trop de condiments qu'on finit par gâter les meilleures sauces.
Les idées sont comme les hommes : elles dépendent de l'état et de la place qu'on leur donne.
On est dans une société qui part en vrille.
On ne peut pas consommer grand chose si l'on reste tranquillement à lire des livres.
L'orgueil en fleur a pour fruit des épis de crime dont on n'engrange, aux moissons, que des pleurs.
Décidément, cette chambre est triste. Les grosses araignées du matin, qu'on appelle pensées philosophiques, ont tissé leurs toiles dans tous les coins... Allons dehors.
Il est un âge où l'on enseigne ce que l'on sait ; mais il en vient ensuite un autre où l'on enseigne ce que l'on ne sait pas : cela s'appelle chercher.
Quand ni le sort ni le coeur ne sont bons, on est pauvre et misérable jusqu'à sa vieillesse.
On dit est souvent un grand menteur.
L'amour signifie avoir à dire qu'on est désolé toutes les quinze minutes.
Il faut un équilibre, si sexuellement on ne s'entend pas, on ne s'entendra pas, mais il n'y pas que ça.
On ne réussit pas à m'influencer chaque fois que l'on me flatte.
Chocolat : le mélange de l'amande du cacao grillée avec le sucre et la cannelle ; car avec du cacao tout seul, on ne fait que de la pâte de cacao et non du chocolat.
C'est souvent en compagnie des êtres avec qui l'on pense le moins apprendre qu'on apprend le plus.
On peut citer de mauvais vers, quand ils sont d'un grand poète.
S'il y a une possibilité si minime soit-elle, que quelque chose tourne mal, on peut être assuré que ça se produira.
La tragédie est le lieu où on se tue à nous le dire.
Les petites choses n'ont en fait pas d'avenir, quand on réfléchit bien. Nous avons besoin de grandeur.
On ne résout jamais un problème en jouant sur les mots.
On dit qu'il faut s'efforcer de retrancher tous les jours de nos besoins. C'est surtout aux besoins de l'amour-propre qu'il faut appliquer cette maxime. Ce sont les plus tyranniques, et qu'on doit le plus combattre.
J'ai d'abord aimé, comme tout le monde, l'effet de la lègère ivresse, puis très bientôt j'ai aimé ce qui est au-delà de la violente ivresse, quand on a franchi ce stade : une paix magnifique et terrible, le vrai goût du passage du temps.
On pleure quand on arrive sur terre, pourquoi on râle quand on doit partir ?Jamais content.
Ma première idée était que peut-être l'« étant », le « quelque chose » qu'on peut désigner du doigt, correspond à une maîtrise de l'« il y a » qui effraie dans l'être.
C'est cela la découverte moderne: que la vie n'est pas aussi répétitive qu'on le dit, que du neuf peut être inventé mais aussi qu'elle se répète atrocement.
On appellera colombes ceux qui privilégient la paix à tout prix et faucons ceux qui, pour préserver la paix, ne craignent pas d'envisager la guerre. Jusqu'au bout faucons et colombes s'affronteront.
- Vous voulez dire avoir le cafard ? - Non ça c'est quand on grossit ou qu'il pleut des journées entières. Là on est triste c'est tout. Non... broyer du noir c'est affreux. On a peur mais on ne sait pas pourquoi on a peur...
Les mots étrangers, sans permis de séjour, on les reconduit à la frontière linguistique. Les clandestins qui demeurent sont férocement exploités.
A Paris, quand on croise une femme dans la rue et qu'on la regarde, on commet presque une infidélité. Regarder une Française et être vu par elle, on dirait qu'on ébauche un roman d'amour !
Quelque délicat que l'on soit en amour, on pardonne plus de fautes que dans l'amitié.
Quand il s'agit d'histoire ancienne, on ne peut pas faire d'histoire parce qu'on manque de références. Quand il s'agit d'histoire moderne, on ne peut pas faire d'histoire, parce qu'on regorge de références.
Il est des moments où il ne vous resterait plus aucun droit si l'on ne pouvait mépriser.
Ce que l'on gagne est à soi et l'on a le droit d'en disposer.
On pourrait composer une diète pour la santé de l'entendement.
Ce qu'on croit a le même poids que ce qu'on sait.
On sait qu'il faut écrire simplement ; mais on ne pense pas des choses assez solides pour soutenir la simplicité.
On a le sens de l'éternité ou on ne l'a pas : c'est inné.
De ce qu'à moi, ou à tout le monde, il semble ainsi, il ne s'ensuit pas qu'il en est ainsi. Mais ce que l'on peut fort bien se demander, c'est s'il y a sens à en douter.
On se tait pour de grandes raisons : on n'agit que pour de petites.
On écrit pour se mettre en évidence.
Les nuits sont faites pour qu'on puisse rejouer les choses.