Si l'on veut ouvrir la littérature et l'art au plus grand nombre, il faut donner aux gens le courage de s'en approcher, alors qu'on les décourage sans cesse.
Le cinéma, ce n'est pas signer des autographes ou porter des lunettes noires, c'est un vrai business.
Aimer est exceptionnel. Ne pas aimer est la règle. Accepter cette règle devrait donner un début de bonheur.
Après cinq ans de silence, je pense que mon public a été très clément, très patient. Aujourd'hui, il fallait lui donner la dose de musique qui pourrait assouvir sa longue attente.
Il est impossible de porter à travers la foule le flambeau de la vérité sans roussir ici et là une barbe ou une perruque.
Selon moi,il n'existe que deux professions absolument honorables: la littérature car elle soigne les esprits, et la médecine car elle soigne les corps.
Souvent la parole coupe davantage que le sabre.
Heureuse le femme qui peut être connue à fond et se donner tout entière.
Le cinéma est pour moi un art tridimensionnel. Avec ma caméra, j'ai le sentiment de sculpter l'espace.
L'identité, c'est comme des sacs de plastique noir dans lesquels on enveloppe les objets précieux, mais où l'on jette aussi les ordures.
La plupart des pièces que nous considérons comme les chefs-d'oeuvre tragiques ne sont que des débats et des querelles de famille.
En somme, les plus purs chefs-d'oeuvre sont ceux où l'on ne trouve plus aucun déchet inexpressif de formes, de lignes et de couleurs, mais où tout, absolument tout se résout en pensée et en âme.
Ne cesse pas, voix dansante, parole De toujours murmurée, âme des mots Qui colore et dissipe les choses Les soirs d'été où il n'est plus de nuit.
Aimer ce n'est pas tant d'attendre quoi que ce soit de l'autre que de consentir à lui donner ce qu'on a de meilleur.
Tant que tu n'as pas parlé, la parole est en ton pouvoir, mais échappée de ta bouche, elle te tient en son pouvoir.
L'histoire est un roman d'aventures, sanglant certes, mais toujours grand ouvert.
J'admire la bonté de parole et de geste envers l'humanité de la part des athées, car ils n'attendent aucune récompense de l'au-delà.
Un homme peut porter une hache toute sa vie et ne jamais couper d'arbre. Un autre, sachant s'y prendre, donne quelques coups et l'arbre est abattu. Cette hache, c'est la discrétion.
L'honnêteté est plus inébranlable que la loi. L'une, personne ne pourra jamais l'ébranler par la parole ; l'autre, en la tournant et la retournant souvent, un rhéteur la met à mal.
Dans un monde bâti sur des sacro-saintes certitudes, le roman est mort.
Se donner du mal pour les petites choses, c'est parvenir aux grandes, avec le temps.
L'exotisme peut vous donner un avantage: il fait que les gens supposent que vous êtes plus intelligent que vous et vous donne le dessus.
Il n'y a pas de Littérature sans une Morale du langage.
C'est peut-être la trace la plus évanescente : le dessin que l'on fait sur la buée d'une vitre. Plutôt en train, ou dans une maison, en voiture à la rigueur, mais seulement sur les glaces latérales. C'est trop tentant. La [...] â–º Lire la suite
La poésie moderne, en effet, puisqu'il faut l'opposer à la poésie classique et à toute prose, détruit la nature spontanément fonctionnelle du langage et n'en laisse subsister que les assises lexicales.
Les vieillards aiment à donner de bons préceptes pour se consoler de n'être plus en état de donner de mauvais exemples.
Les femmes devraient apprendre des hommes cet art de disserter sans conséquence des sujets graves, au lieu de prendre trop à coeur les réalités qui les entourent.
La littérature reste une des meilleures garanties pour espérer une sorte de progrès dans nos sociétés hypertechniques.
Au fond, tout le mystère de la poésie est d'être attentif au monde.
La parole n'est pas faite pour couvrir la vérité, mais pour la dire.
Je crois que Berlioz a trop aimé Shakespeare, Byron et Goethe ; lui-même l'a avoué sans en avoir conscience. Il appelle Goethe et Shakespeare les « explicateurs de vie ». Ce mot, quand on y réfléchit, est terrible. On assiste [...] â–º Lire la suite