Le peuple américain comprend parfaitement que, pour assurer sa protection et mener notre politique étrangère, nous dirigeons des opérations complexes, que l'on ne peut dévoiler au grand public. Pas par goût du secret, mais par devoir. C'est la prérogative du pouvoir exécutif.
Les morts n'ont pas de noms. Et nous ne devrions pas non plus. Sans nom ni passé, ceux d'entre nous qui sont assez forts pour être encore vivants ici peuvent se connaître à un niveau primitif.
Le temps nous rend encore plus fous.
Une province du Brésil vient de déclarer l'esclavage aboli [...] Le Brésil a un empereur; cet empereur est plus qu'un empereur, il est un homme. Nous le félicitons et nous l'honorons. Avant la fin du siècle, l'esclavage aura disparu de la terre.
Nous pouvons améliorer les images du monde et, comme ça, nous pouvons améliorer le monde.
On ne prouve pas Dieu et c'est mal dire qu'on l'éprouve : il nous éprouve !
La faiblesse de caractère ou le défaut d'idées, en un mot tout ce qui peux nous empêcher de vivre avec nous-mêmes, sont les choses qui préservent beaucoup de gens de la misanthropie.
Nous avons eu, parmi les malheurs de la France, la création de l'École Nationale d'Administration qui détient le monopole de la formation des hommes politiques.
Si nous étions censés parler plus qu'écouter, nous aurions deux bouches et une oreille.
"Rester positif", c'est l'obsession de notre époque. Nous sommes dans une merde terrible.
Notre repentir, ce n'est pas tellement pour le mal que nous avons fait, mais pour la peur de ses conséquences.
La raison nous trompe plus souvent que la nature.
La raison pour laquelle les mouches peuvent voler et nous pas, c'est tout simplement qu'elles ont une foi parfaite, car avoir la foi, c'est avoir des ailes.
La vieillesse nous paraîtrait naturelle, si l'âme n'était que l'idée du corps.
Que peut-il nous arriver de pire que d'être ce que nous sommes.
Nous les grands nous avons des angoisses que l'enfance ignore.
La société est un vaisseau sur lequel nous sommes tous passagers.
Tout ce que nous pouvons faire pour accroître l'épargne personnelle est tout à fait dans l'intérêt de ce pays.
La clé dans tout ce que l'on fait, c'est de prioriser. C'est-à-dire de cerner les points importants à traiter pour nous, et de s'y tenir.
La conscience de notre propre force nous rend modestes.
Nous aimons davantage ceux à qui nous pardonnons. Nous finissons toujours par mépriser ceux qui nous pardonnent.
Avez-vous remarqué comme nos proches nous en veulent quand on est heureux à l'écart d'eux ?
Il faut craindre celui qui nous craint.
Sapiens sapiens, cet homme développé que nous sommes, est une forme extrême du processus d'individuation.
C'est encore devant la mort que nous nous sentons le plus livresques.
Comme avec des ciseaux, la femme, avec ses cuisses qui s'ouvrent, coupe les gerbes de nos désirs. Nous sommes las d'avoir fauché tant de désirs dans le beau champ de notre amour.
En outre, il y a une loi de beauté qu'il importe de ne pas oublier! malgré l'effort de quelques uns, nous semblons marcher vers cet oubli, tant la médiocrité, monstre à mille têtes, a de fidèles dans les sociétés modernes.
Nous devons débarrasser le monde du fléau de ces agents de la mort et de la destruction.
Pourquoi ne reconnaissons nous pas toujours l'amour qui commence, mais reconnaissons nous toujours le moment où il se termine ?
Nous ne sommes savants que de la science présente.
Il reste peu de temps. L'éternité continue de nous menacer.
Après l'enfance, en même temps qu'on prend possession de la vie, elle nous quitte...
L'on croit se libérer (et de quoi ?) en écrivant et à écrire, on s'emprisonne. L'on crée des personnages qui nous enchaînent et l'on a peur de revivre leur destinée.
Nous avons beaucoup d'écrits où l'on se refuse à convenir qu'il existe un Dieu. Mais nul athée, tant que je sache, n'a réfuté de façon probante l'existence du diable.
Parce que nous pensions que nous devions persuader, nous avons oublié d'écouter.
C'est lorsque nous avons l'impression de donner le plus que nous sommes le plus égoïstes.
Nous ne tenons pas à ce qu'une femme soit trop intelligente parce qu'alors, qu'est-ce qu'il nous reste ?
Notre opinion, c'est la moyenne entre ce que nous disons à l'auteur et ce que nous disons à ses amis.
Nous ne nous contentons de rien de moins que l'excellence.
Qui est prêt à combattre avec nous ? Je ne vois personne. Qui est prêt à donner à l'Ukraine la garantie d'une adhésion à l'OTAN ? Tout le monde a peur.
L'époque nous contraint à nous positionner. Il faut être pour ou contre. C'est un manichéisme de mauvais aloi qui ne permet plus la nuance.
Nous attendons toujours, pour nous exécuter, l'instant où nous sommes forcés par les circonstances.
Gardons-nous de chercher ce qu'on ne peut atteindre.
On voudrait parfois que le monde et le temps s'arrêtent pour nous permettre de les rattraper.
L'âme et la vie intérieure, c'est ce qu'il y a de plus profond et donc de plus difficile à exprimer. C'est inépuisable. On ne se voit pas tel que Dieu nous voit.
Celui qui écrit des livres est tout (un univers unique pour lui-même et pour tous les autres) ou rien. Et parce qu'il ne sera jamais donné à quelqu'un d'être tout, nous tous qui écrivons des livres, nous ne sommes rien.
Qu'on hait un ennemi quand il est près de nous !
Si les voeux étaient des poissons, nous lancerions tous des filets.
Mais vous savez ce que nous disons ? « Qui se marie par amour, bonne nuit et mauvais jours ».
Ce qui nous a changés, à vrai dire... enfin, dans les signes extérieurs, les coutumes, la morale, c'est plutôt le train, l'automobile, l'électricité, le butagaz... la brosse à dents... la publicité de savon pur odor qui nous a poussés à nous laver le fion.