Nos vies nous emportent selon des modes que nous ne pouvons maîtriser, et presque rien ne nous reste.
Il n'y a pas que le corps qui importe, et nos sexes, que sont-ils sinon les portes sacrées de ce que nous pourrions être ?
La tragédie est le lieu où on se tue à nous le dire.
Je conviendrai bien volontiers que les femmes nous sont supérieures si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales.
On va mettre cela sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d'enfance...
Essayer de vivre selon les nuances que nous apprend la littérature.
Si vous recherchez le meilleur de vos employés, ils s'épanouiront. Si vous critiquez ou recherchez le pire, ils se ratatineront. Nous avons tous besoin de beaucoup d'eau.
L'amitié nous permet d'être laids, d'être vieux, de manquer de goût et de tournure : généreuse amitié !
Nous sommes, nous les écrivains, des anomalies sociales, des boutons sur le cul de notre culture.
Nos disparus ont, dans une grande partie, fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui.
Il n'est pas facile de distinguer dans nos réflexions ce qui se rapporte à nous ou à nos proches. On est habité par ceux qu'on aime ou qu'on hait.
Quand nous sommes las d'aimer, nous sommes bien aises que l'on devienne infidèle, pour nous dégager de notre fidélité.
Tout ce qui est injuste nous blesse, lorsqu'il ne nous profite pas directement.
Nous aimons toujours ceux qui nous admirent, et nous n'aimons pas toujours ceux que nous admirons.
Il nous est plus aisé d'arriver au pouvoir que de nous y maintenir, par la raison que, pour y arriver nous sommes aidés par les fautes de nos adversaires, et que quand nous y sommes, ils ont le même avantage sur nous.
Seule, la mort, à qui est confié le renouvellement sacré des choses, nous promet la paix.
Nous mettons l'infini dans l'amour. Ce n'est pas la faute des femmes.
C'est une bonne chose que les femmes mangent, elles aussi, il n'y a pas de raison, elles sont comme nous, finalement, en tout cas manger les rapprochent de nous, ça les rend plus humaines.
Que sont nos sentiments ? Des nouvelles qui nous parlent de nous-mêmes.
Etourdissons-nous avec le bruit de la plume et buvons de l'encre. Cela grise mieux que le vin.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encoreDe la splendeur du jour et de tous ses présents.Si nous ne dormons pas, c'est pour guetter l'auroreQui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.
Nous sommes manipulés par l'insatisfaction et le manque.
Ne vous vient-il jamais à l'esprit à quel point nous sommes différents, comme au niveau cellulaire ?
On ne peut offrir quelque chose qui ne nous appartient pas...
Nous sommes tous une exception, rien donc d'exceptionnel.
Il existe en nous des germes de ressemblance que développe l'amour. Un geste, une inflexion de voix, tôt ou tard, trahissent les amants les plus prudents.
La plus grande charité envers les morts, c'est de ne pas les tuer une seconde fois en leur prêtant de sublimes attitudes. La plus grande charité, c'est de les rapprocher de nous, de leur faire perdre la pose.
En vieillissant, nous perdons le sens des vérités fondamentales.
L'échec de beaucoup de personnes nous sauve un peu.
Les grands auteurs n'ont écrit que pour nous élever jusqu'à eux ; mais parce que nous négligeons de les lire, ils ne font que nous dominer.
Quelle que soit l'étendue de notre raison, au-delà se trouve encore davantage pour nous surprendre.
Notre crainte n'est pas que nous soyons inadéquats, mais que nous soyons puissants au-delà de toute mesure.
Nous naissons dans l'esclavage. Et de là, si nous avons suffisamment la grâce, si nous sommes assez fous ou assez courageux, nous nous libérons.
Nous sommes des malheureux, il n'y a que ça de vrai !
Pour être humains, nous devons toujours être prêts à prononcer cette déclaration sage, ingénieuse et modeste "je ne sais pas".
Partir, c'est beaucoup plus une façon de demander autre chose qu'un moyen sûr d'obtenir quelque chose. Naufragés, nous représenterions quelque chose, pour une fois, nous occuperions l'attention, nous nous regarderions nous même avec surprise, avec intérêt, avec compassion. Nous sommes l'autorité que nous conservons sur nous-mêmes. Nous ne sommes rien que l'autorité du désespoir.
Quant à la souffrance amoureuse, elle est indissociable de la félicité, notre chagrin nous plaît et nous manquerait s'il venait à disparaître, délices et douleur mêlées.
Nous avons besoin d'entendre la parole de ceux qui savent, et non de ceux qui croient savoir. Besoin de les entendre ensemble, qu'ils communiquent, qu'ils échangent, qu'ils se nourrissent les uns les autres.
J'espère que nous pourrons étudier l'océan avant de le détruire.
Je suppose que nous devons remercier la presse de nous avoir poussés à voir quelque chose que nous n'avons pas vu !
Nous avons tous un faible pour la beauté.
Les photos que nous aimons ont été faites quand le photographe a su s'effacer. S'il y avait un mode d'emploi, ce serait certainement celui-là.
Mieux connaître Dieu, ce n'est que mieux comprendre combien il nous est impossible de le jamais connaître. Je ne saurais dire lequel des deux est le plus puéril, de le nier ou d'essayer de le définir.
Il y a bien des façons de servir... Chaque époque nous propose la sienne.
Seuls le désir et l'oisiveté nous rendent tristes.
Le risque zéro auquel nous aboutissons est mortifère.
Les mains du Christ qui bénissent sont comme un toit qui nous protège. Mais elles sont en même temps un geste d'ouverture qui déchire le monde afin que le ciel pénètre en lui et puisse y devenir une présence.
Aussi longtemps que je serais chancelier, nous ne mènerons pas de politique coloniale. Nous avons une flotte qui ne peut pas naviguer et nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir un point vulnérable dans quelque partie éloignée du monde, qui échoira dans l'escarcelle des Français dès que la guerre commencera.
Si nous renoncions à notre liberté comme prix de la sécurité, nous ne serions plus la grande nation que nous sommes.
La descente dans l'Hadès est à peu près la même quel que soit l'endroit où nous commençons.