La mort est la seule chose au monde dont nous soyons sûrs. C'est une question de temps. Combien d'années me reste-t-il à vivre ? Je peux aller jusqu'à 90, 92 ans. Ce n'est pas moi qui décide, c'est l'Autre, là-haut.
Ce que nous avons vu cette nuit ensemble à Paris, c'est cette capacité de nous mobiliser, nous unir pour vaincre.
Nos disparus ont, dans une grande partie, fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui.
Il y a bien des façons de servir... Chaque époque nous propose la sienne.
Combien de vies nous faudrait-il,combien d'océans de foi et de montagnes de patience pour que nous accédions un jour à l'état d'êtres humains.
Quant à la souffrance amoureuse, elle est indissociable de la félicité, notre chagrin nous plaît et nous manquerait s'il venait à disparaître, délices et douleur mêlées.
La douleur d'une perte vient du bonheur d'avoir pu profiter d'une présence. Les pires deuils sont possibles parce que nous avons aimé.
L'amitié nous permet d'être laids, d'être vieux, de manquer de goût et de tournure : généreuse amitié !
L'Esprit de Dieu se déplace à travers nous et le monde à un rythme qui ne peut jamais être resserré par aucun paradigme religieux.
Il nous est plus aisé d'arriver au pouvoir que de nous y maintenir, par la raison que, pour y arriver nous sommes aidés par les fautes de nos adversaires, et que quand nous y sommes, ils ont le même avantage sur nous.
Si les hommes connaissaient nos faiblesses, ils nous prendraient toujours.
L'éternité est sans mesure, comment pourrions-nous en parler ?
Nous sommes des malheureux, il n'y a que ça de vrai !
Rêver est souvent une manière de compenser pour ce que nous n'avons pas ou n'osons pas.
Nous ne voulons plus de guerre, nous ne voulons plus de sang, halte aux armes nucléaires, halte à la course au néant. Devant tous les peuples frères, qui s'en porteront garants, déclarons la paix sur terre unilatéralement.
Il y a des personnes que nous ne pourrions pas réduire à notre taille sans nous diminuer également.
Ne vous vient-il jamais à l'esprit à quel point nous sommes différents, comme au niveau cellulaire ?
Presque tous nous fauchons en herbe les biens qui nous auraient été de riches moissons.
Donc ne condamnons pas trop vite ce qui nous choque, faute d'habitude et de réflexion suffisante !
La plus grande charité envers les morts, c'est de ne pas les tuer une seconde fois en leur prêtant de sublimes attitudes. La plus grande charité, c'est de les rapprocher de nous, de leur faire perdre la pose.
Pour être humains, nous devons toujours être prêts à prononcer cette déclaration sage, ingénieuse et modeste "je ne sais pas".
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encoreDe la splendeur du jour et de tous ses présents.Si nous ne dormons pas, c'est pour guetter l'auroreQui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.
Quand je ne parle pas, je ne pense pas... Nous sommes tous ainsi dans mon pays... obligés de lancer les mots devant nous, en rabatteurs, pour faire lever les idées.
.../... le jour où Allah épargnera l'ignominie au Prophète et à ceux qui croient avec lui. Leur lumière courra devant eux et à leur droite; ils diront : Seigneur, parfais-nous notre lumière et pardonne-nous. Car Tu es Omnipotent.
Nous naissons dans l'esclavage. Et de là, si nous avons suffisamment la grâce, si nous sommes assez fous ou assez courageux, nous nous libérons.
Nous prenons aisément l'exagération pour la grandeur.
Sommes-nous donc si seuls, et même lorsque nous sommes aimés, que la moindre des complicités galantes nous éclaire et nous comble ?
Et croyez-vous, parce que nous sommes partis, que nous sommes certains d'arriver ?
Dans ses éléments en effet la philosophie nous enseigne que ni vous ni moi ne sommes la vérité complète, et nous engage ainsi à une grande modestie l'un envers l'autre.
Qui nous donnera des habits doit tout d'abord en avoir sur lui.
J'espère que nous pourrons étudier l'océan avant de le détruire.
Chacun d'entre nous est acteur de la lutte contre le COVID-19. Si nous ne voulons pas de deuxième vague, ça dépend de nous : nous protéger, nous tester.
Il y a un paradoxe chez tous mes confrères, moi compris : On rêve d'être reconnus, et en même temps, que personne ne nous emmerde.
Je pense que le mariage est une question de timing. Se marier, c'est de la folie. Je veux dire, c'est un risque - qui sait si vous serez ensemble pour toujours? Mais vous dites tous les deux: "Nous allons prendre cette chance, dans le même esprit."
Nous sommes, nous les écrivains, des anomalies sociales, des boutons sur le cul de notre culture.
Si seulement nous connaissions ce qui est à notre portée ! Nous n'avons rien à voir avec ce qui nous dépasse.
Nous parlons plutôt que nous ne pensons.
Nous ne nous sommes jamais cherchés - comment donc se pourrait-il que nous nous découvrions un jour?
L'échec de beaucoup de personnes nous sauve un peu.
L'histoire contemporaine a "démanichéisé" chacun d'entre nous.
Nous n'apprenons jamais pourquoi et en quoi nous agaçons les autres, en quoi nous leur sommes sympathiques, en quoi nous leur paraissons ridicules ; notre propre image est pour nous le plus grand mystère.
Autrefois, les écrivains dénués de métier voulaient passer pour en avoir ; aujourd'hui ceux qui en sont farcis veulent nous faire croire qu'ils ne savent même pas ce que c'est. Tel est le progrès.
Quand bien même nous n'allons pas à Notre-Dame, elle rehausse notre vie sur terre par sa beauté et sa spiritualité.
Le risque zéro auquel nous aboutissons est mortifère.
En chacun de nous, il y a un regret qui veille. Le mien s'appelle David. Pour d'autres, il n'a que le nom d'une fuite sans retour.
Les mots sont la menue monnaie de la pensée. Il y a des bavards qui nous payent en pièces de dix sous. D'autres, au contraire, ne donnent que des louis d'or.
Partir, c'est beaucoup plus une façon de demander autre chose qu'un moyen sûr d'obtenir quelque chose. Naufragés, nous représenterions quelque chose, pour une fois, nous occuperions l'attention, nous nous regarderions nous même avec surprise, avec intérêt, avec compassion. Nous sommes l'autorité que nous conservons sur nous-mêmes. Nous ne sommes rien que l'autorité du désespoir.
Nous ne donnons rien au poème qu'il ne nous rende au centuple. Nous croyons le faire ; c'est lui qui, secrètement, nous fait.
Les photos que nous aimons ont été faites quand le photographe a su s'effacer. S'il y avait un mode d'emploi, ce serait certainement celui-là.
Lorsque nous fixons un point, ne soyons pas immédiatement distrait par un autre point. Toutefois, ce deuxième devra être analysé, car il a une part de ressemblance au premier.