Chacun de nous a des contradictions en soi.
S'il y distillait la haine, nous aurions droit chacun à un petit verre.
Nous regagnons notre base solide : notre rêve de ne rien avoir et de ne rien faire.
La littérature est une blessure par où jaillit l'indispensable divorce entre les mots et les choses. Par cette plaie, nous pouvons perdre tout notre sang.
« Il y a de la volute ionique dans Mozart, » disait un jour Gounod, caractérisant d'un mot pittoresque ce style, fait de charme et de pureté, source d'une impression d'art analogue a celle que nous a donnée la Grèce antique.
Nous assistions, navrés et impuissants, à cette évolution fatale.
Les boeufs ? Les flics, si vous préférez. Oui, car si chez nous le flic est un poulet, au Québec c'est un boeuf. Et en Angleterre, c'est un pig, un cochon. C'est comme ça. Nous n'avons pas la même lecture zoomorphique du représentant de l'ordre.
Photographier une personne, c'est affirmer qu'elle nous intéresse.
Il n'y a rien de l'extérieur qui puisse nous lécher.
On crée soi-même la boîte qui risque de nous enfermer.
Cela fait plusieurs siècles déjà que nous avons admis que les femmes ont une âme. N'est-il pas grand temps d'admettre qu'elles ont également un cerveau.
Bien petite est la portion de la vie que nous employons à vivre.
Si on nous enlevait tout ce qui nous fait mal, que resterait-il ?
Rien ici ne peut plus nous rejoindre, rien sinon ce sentiment jusque là inconnu et que je découvre avec stupeur : le respect. Le respect pour un autre et, finalement, le respect aussi pour soi que cet autre juge digne d'être son ami.
On vit près d'un enfant. On s'approche d'un mystère. Ses jolis mots nous touchent et nous amusent. Parfois, ils reposent sur une apparente maladresse de langage. Mais on sait bien. En fait, ils sont la marque d'une supériorité. Avec les mots que nous lui apprenons, il dit ailleurs et davantage.
C'est une justice à nous rendre : à partir de ce jour-là nous ne laissâmes le vieux meunier manquer d'ouvrage. Puis, un matin, maître Cornille mourut, et les ailes de notre dernier moulin cessèrent de virer, pour toujours cette fois...
Saisir la réalité, sans l'aide du raisonnement, nous paraît inexplicable.
Je t'écris pour comprendre ce que j'ai vécu, ce que nous avons vécu ensemble.
Quelles que puissent être nos divergences, on restera tous très liés. Nous sommes les seules quatre personnes à avoir vécu toute la Beatlemania de l'intérieur. Nous sommes liés à jamais quoiqu'il arrive.
Dante Alighieri a défini où nous allions, ce que nous devions faire de notre vie.
Nous cessons de les aimer quand elles ne savent plus par quel bout nous prendre.
Si nous étions vraiment chrétiens nous serions contagieux.
Nous avons presque tous, dans notre vie, une période de prédilection, une période héroïque.
Définition de l'apophtegme : L'apophtegme est un dit mémorable, un trait remarquable, qui, parti d'une âme ou d'une tête énergique, fait sur nous une vive impression, c'est un éclat d'esprit, de raison et de sentiment.
Mon escouade devint le noyau de la section franche et les amateurs étaient nombreux qui se présentaient pour en faire partie, bien entendu à cause du supplément de pinard et du triple boujaron de rhum dont nous jouissions.
Nous devons nous réconcilier avec une saison d'échecs et de fragments.
Il n'est pas besoin de passer devant les objets quand les objets passent devant nous : aussi les habitants des grandes villes ne croient pas avoir besoin de voyager.
On nous réconcilia ; nous nous embrassâmes, et depuis ce temps-là nous sommes ennemis mortels.
La moitié de ce que nous écrivons est nuisible, l'autre moitié est inutile.
À l'intérieur de chacun de nous il y a quelque chose qui vole et s'appelle l'âme et quand on meurt, on n'est jamais réellement mort, et quand on vit on n'est jamais vraiment vivant.
Si nous ne rompons pas avec le consumérisme et le productivisme, nous vivrons un avenir chaotique.
Nous vous aimerons comme vous êtes, si vous êtes parfait.
Nous pouvons mettre en commun des renseignements sur des expériences éprouvées, mais jamais les expériences elles-mêmes.
Si on ne se mêlait que de ce qui nous regarde, il n'y aurait plus de conversation possible.
Si c'est vers une plus grande réalité que nous nous tournons, c'est à une femme de nous montrer le chemin. L'hégémonie du mâle touche à sa fin. Il a perdu contact avec la terre.
La nuit de vérité nous coupe la parole.
Seules les idées que nous vivons réellement ont une valeur.
Nous avions quitté le monde des femmes, de la campagne de la bienvaillance, nous entrions dans celui de la ville, des hommes, de leurs combats, de leur rage à se mesurer les uns aux autres, désormais les dangers nous cernaient de toute part.
Maintenant nous allons montrer des scènes de la vie que je n'ai pas vécue. Si ce qui arrive parait tel que des êtres humains ne puissent pas permettre que de telles choses arrivent, c'est que vous n'avez pas lu les histoires de votre temps.
Nous sommes tous des misérables et des dévastés, mais peu d'hommes sont capables de regarder leur abîme...
J'ai compris ce jour-là, à travers ces yeux fatigués et implorants, que le regard d'un animal parle autant que celui d'un humain. Si seulement nous savions mieux lire ce qu'ils nous disent !
C'était le milieu de l'automne.Dans les jardins publics, les avenues et les jardins, les feuilles se détachaient des arbres dans des couleurs flamboyantes. Nous passions des heures dehors, à contempler cette beauté qui ne reviendrait pas.
Nous pouvons attaquer des systèmes. Il ne faut pas attaquer les hommes.
Si nous raisonnons en fonction de ce que les grands bourgeois sont prêts à nous laisser, nous ne pourrons jamais nous en sortir. Nous faisons tourner l'économie, il nous faut exiger notre dû et ce qu'il nous faut pour vivre !
Le public américain est beaucoup plus sophistiqué que nous ne le pensons tous. Et sur les questions compliquées, je vais leur donner des réponses directes. Et si ça prend plus de trois minutes, je vais le faire.
L'univers déferle sur nous en traversant les murs de nos confinements.
Vous devez accepter la réalité des autres. Vous pensez que la réalité est à négocier, que nous pensons que c'est ce que vous dites. Vous devez accepter que nous sommes aussi réels que vous êtes; vous devez accepter que vous n'êtes pas Dieu.
Dieu nous ferme les yeux quand il nous veut châtier.
Nous n'avons pas de télévision, c'est une chance inespérée : je suis contraint à la lecture, j'échappe par l'imagination à l'hébétude, à la noyade dans la bouillie des images. La bibliothèque est un rempart, une arme, elle me protège du monde. et m'offre des arguments pour l'affronter.
C'est au contraire du fait que nous sommes humains, et que nous vivons dans la sombre perspective de la mort, que nous connaissons la violence exaspérée, la violence désespérée de l'érotisme.