Quand nous savons ce qui nous attend, nous le supportons plus facilement.
Les lois nous sont sacrées mais leurs exécuteurs ne sont pas trop pressés.
Ce que nous appelons épreuves n'est qu'une suite de problèmes que nous avons à résoudre tout au long de notre existence, exactement comme en ont à résoudre les enfants à l'école.
Nous sommes tous des planches lithographiques dont une infinité de copies se tirent par la médisance.
Un moment de révélation pour se rappeler que nous sommes intemporels, nous comptons tous.
Cela fait plusieurs siècles déjà que nous avons admis que les femmes ont une âme. N'est-il pas grand temps d'admettre qu'elles ont également un cerveau.
Dans les sacrements dont nous avons déjà parlé, il y a quelque chose qui est sacrement seulement, quelque chose qui est chose et sacrement, puis quelque chose qui est chose seulement. Or cela ne se trouve pas dans la pénitence. Donc la pénitence n'est pas un sacrement.
Maintenant nous allons montrer des scènes de la vie que je n'ai pas vécue. Si ce qui arrive parait tel que des êtres humains ne puissent pas permettre que de telles choses arrivent, c'est que vous n'avez pas lu les histoires de votre temps.
Tu vas avoir quatre-vingts-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais.
On peut assassiner les corps mais pas l'âme, voilà ce que nous avons appris dans les camps.
Ne muselons pas nos aspirations ! Que serions-nous sans elles ?
Le devoir que nous nous devons à nous-mêmes est plus grand que celui que nous devons aux autres.
L'ennui de certaines conversations, c'est que les causeurs y parlent trop haut pour que leurs propos puissent nous endormir.
La règle nous délivre des fantaisies, des tourments de l'incertitude.
Les optimistes croient que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles. Les pessimistes craignent que cela soit vrai.
Ce que nous appelons immortalité n'est le plus souvent qu'une continuité minimale d'existence en bibliothèque, capable d'être remobilisée par moments, pour cautionner la mode ou l'humeur littéraire du temps.
Quel merveilleux don nous avons, nous les écrivains, de nous torturer et de torturer les autres !
À l'intérieur de chacun de nous il y a quelque chose qui vole et s'appelle l'âme et quand on meurt, on n'est jamais réellement mort, et quand on vit on n'est jamais vraiment vivant.
Vouloir survivre sans une prière à marmonner, sans un crime à caresser, sans un délire où se calfeutrer, autant se faire sauter la cervelle. Nous ne nous soutenons que des rêves qui nous traversent.
La nuit de vérité nous coupe la parole.
Nous nous identifions avec nos dirigeants, mais c'est nous qui sommes dirigés.
Comment aider nos mères quand on ne peut s'aider nous-même ?
La France, bien sûr, n'a besoin de personne. Je ne crois pas aux sauveurs. Mais la manière dont notre pays est gouverné doit changer radicalement. Cela commence avec les politiciens et va jusqu'à notre système électoral et au-delà. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un renouvellement fondamental.
Lorsque nous pensons avoir été blessés par quelqu'un dans le passé, nous construisons des défenses pour nous protéger contre les blessures futures. Ainsi, le passé effrayant provoque un futur effrayant et le passé et le futur ne le deviennent plus.
Je ne sais pas à quoi nous serviraient nos tares, si elles ne nous enseignaient la pitié.
Ceux que nous n'aimons pas brillent rarement dans nos rêves.
Nos élèves nous forment, nos oeuvres nous édifient.
Les vérités qui nous importent le plus ne sont jamais dites qu'à moitié.
Le plaisir tue en nous quelque chose.
Pourquoi n'existe-t-il pas, a côté du temps, un jour ensoleillé dans lequel nous pourrions entrer pour aller faire, dans une rivière de marguerites, nos gambades d'hier et d'avant d'hier ?
Si nous raisonnons en fonction de ce que les grands bourgeois sont prêts à nous laisser, nous ne pourrons jamais nous en sortir. Nous faisons tourner l'économie, il nous faut exiger notre dû et ce qu'il nous faut pour vivre !
Quelles que puissent être nos divergences, on restera tous très liés. Nous sommes les seules quatre personnes à avoir vécu toute la Beatlemania de l'intérieur. Nous sommes liés à jamais quoiqu'il arrive.
Les amitiés d'enfance résistent parfois au temps, jamais à la distance; la différence des itinéraires nous sépare et ne nous laisse qu'une liste de prénoms qui, petit à petit, perdent leur tête et leur mélodie autrefois rassurante.
Les souvenirs nous font des choses drôles.
Quand nous cessons d'écouter, nous cessons d'aimer.
Nous ne sommes pas capables d'être longtemps malheureux.
Il nous est plus facile de nous teindre d'une infinité de connaissances, que d'en bien posséder un petit nombre.
Nous avons à être non pas simplement des hommes, nous devons aussi être plus que des hommes. -L'homme est en somme tout autant que l'univers. Ce n'est rien de défini ; mais il peut et doit en même temps être quelque chose de défini et d'indéfini.
Nous avons presque tous, dans notre vie, une période de prédilection, une période héroïque.
La littérature est une blessure par où jaillit l'indispensable divorce entre les mots et les choses. Par cette plaie, nous pouvons perdre tout notre sang.
Nous le peuple français, depuis toujours nous voulons l'économie libre. Nous pensons même, pour la majorité d'entre nous, que si nous fichions la paix à l'entreprise, les choses iraient mieux.
Tu as raison, plus on a des biens, plus on a d'ennuis, c'est ainsi qu'on disait à une époque, non? Nous sommes un peu esclaves de ces biens que nous avons emportés.
Nous sommes tous motivés par la simple conviction que le monde tel qu'il est ne suffira pas - que nous avons l'obligation de nous battre pour le monde tel qu'il devrait être.
Nous voulons ce qu'il y a de mieux pour ceux que nous aimons, mais ce n'est pas forcément ce qu'il recherchent eux-mêmes.
Non, mais tu le vois cet enflé qui fume sa pipe sur la mélinite. Pas de ça, mon vieux, tu vas nous faire sauter.
La maladie, Calliope, travaille à la fois le champ de la vie et celui de la mort. Elle nous fait peur, elle nous égare, mais l'existence n'est-elle pas troublante, exigeante comme le petit enfant. La maladie est vigilante, elle nous prévient, elle sait combien le mal est nécessaire et secourable au bien.
C'est au contraire du fait que nous sommes humains, et que nous vivons dans la sombre perspective de la mort, que nous connaissons la violence exaspérée, la violence désespérée de l'érotisme.
Nous savons que, dans l'état actuel de la science, les animaux doivent être considérés comme des machines qu'il s'agit de construire et d'alimenter pour en obtenir des transformations utiles, matières premières ou force motrice.
J'espère que les gens d'aujourd'hui verront qu'à une autre époque, lorsque nous avons vu la nécessité pour les gens de s'exprimer, de s'organiser, de se mobiliser et de faire quelque chose contre l'injustice, nous nous sommes unis.
Ceux qui se tiennent debout et qui ont une dignité de comportement, passent pour être de redoutables savonaroles, alors que nous ne sommes que des Français qui voulons rester fidèles à leurs traditions nationales et spirituelles.