Si les gens en Grande-Bretagne connaissaient la nature et la disposition du peuple néo-britannique ainsi que nous, ils ne trouveraient pas tant d'amis en Angleterre que je suppose qu'ils le font.
Dieu nous ferme les yeux quand il nous veut châtier.
La règle nous délivre des fantaisies, des tourments de l'incertitude.
Les optimistes croient que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles. Les pessimistes craignent que cela soit vrai.
Tout le monde peut témoigner que le plaisir du texte n'est pas sûr : rien ne dit que ce même texte nous plaira une seconde fois ; c'est un plaisir friable, délité par l'humeur, l'habitude, la circonstance, c'est un plaisir précaire.
J'ai compris ce jour-là, à travers ces yeux fatigués et implorants, que le regard d'un animal parle autant que celui d'un humain. Si seulement nous savions mieux lire ce qu'ils nous disent !
Comment aider nos mères quand on ne peut s'aider nous-même ?
Lorsque nous pensons avoir été blessés par quelqu'un dans le passé, nous construisons des défenses pour nous protéger contre les blessures futures. Ainsi, le passé effrayant provoque un futur effrayant et le passé et le futur ne le deviennent plus.
Nos élèves nous forment, nos oeuvres nous édifient.
Ce que nous appelons immortalité n'est le plus souvent qu'une continuité minimale d'existence en bibliothèque, capable d'être remobilisée par moments, pour cautionner la mode ou l'humeur littéraire du temps.
Dans les sacrements dont nous avons déjà parlé, il y a quelque chose qui est sacrement seulement, quelque chose qui est chose et sacrement, puis quelque chose qui est chose seulement. Or cela ne se trouve pas dans la pénitence. Donc la pénitence n'est pas un sacrement.
Les amitiés d'enfance résistent parfois au temps, jamais à la distance; la différence des itinéraires nous sépare et ne nous laisse qu'une liste de prénoms qui, petit à petit, perdent leur tête et leur mélodie autrefois rassurante.
À l'intérieur de chacun de nous il y a quelque chose qui vole et s'appelle l'âme et quand on meurt, on n'est jamais réellement mort, et quand on vit on n'est jamais vraiment vivant.
La conscience fait de nous tous des lâches.
Cela fait plusieurs siècles déjà que nous avons admis que les femmes ont une âme. N'est-il pas grand temps d'admettre qu'elles ont également un cerveau.
Le plaisir tue en nous quelque chose.
Quand on joue un personnage, il y a toujours un moment où il faut revenir à la réalité, sinon c'est elle qui nous rattrape. Et c'est souvent de façon violente. Plus on masque sa propre saloperie, plus elle risque de nous revenir en pleine gueule.
Nous le peuple français, depuis toujours nous voulons l'économie libre. Nous pensons même, pour la majorité d'entre nous, que si nous fichions la paix à l'entreprise, les choses iraient mieux.
La France, bien sûr, n'a besoin de personne. Je ne crois pas aux sauveurs. Mais la manière dont notre pays est gouverné doit changer radicalement. Cela commence avec les politiciens et va jusqu'à notre système électoral et au-delà. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un renouvellement fondamental.
Les souvenirs nous font des choses drôles.
Je ne sais pas à quoi nous serviraient nos tares, si elles ne nous enseignaient la pitié.
Ce que nous appelons épreuves n'est qu'une suite de problèmes que nous avons à résoudre tout au long de notre existence, exactement comme en ont à résoudre les enfants à l'école.
L'art social n'est plus et n'est pas encore. Aussi que voyons-nous le plus habituellement de nos jours ? Des statuaires ? Non, des fabricants de statues. Des peintres ? Non, des fabricants de tableaux. Des musiciens ? Non, des fabricants de musique; partout des artisans enfin, nulle part des artistes.
Tu as raison, plus on a des biens, plus on a d'ennuis, c'est ainsi qu'on disait à une époque, non? Nous sommes un peu esclaves de ces biens que nous avons emportés.
Je ne dis pas que l'ambition soit un vice inutile ; elle peut servir à fouetter l'âme. Seulement elle l'épuise. Je ne sache pas de succès qui ne s'achète par un demi-mensonge ; je ne sache pas d'auditeurs qui ne nous forcent à omettre, ou à exagérer quelque chose.
L'ennui de certaines conversations, c'est que les causeurs y parlent trop haut pour que leurs propos puissent nous endormir.
La seule liberté que nous concède la vie, c'est de choisir nos remords.
La nuit de vérité nous coupe la parole.
La précision des souvenirs que j'ai gardés me dit à quel point je t'aimais, à quel point nous nous aimions.
J'espère que les gens d'aujourd'hui verront qu'à une autre époque, lorsque nous avons vu la nécessité pour les gens de s'exprimer, de s'organiser, de se mobiliser et de faire quelque chose contre l'injustice, nous nous sommes unis.
Quelles que puissent être nos divergences, on restera tous très liés. Nous sommes les seules quatre personnes à avoir vécu toute la Beatlemania de l'intérieur. Nous sommes liés à jamais quoiqu'il arrive.
Ceux que nous n'aimons pas brillent rarement dans nos rêves.
Nous allons vers la mort en gardant nos secrets, le plus souvent sans nous être connus.
On vit près d'un enfant. On s'approche d'un mystère. Ses jolis mots nous touchent et nous amusent. Parfois, ils reposent sur une apparente maladresse de langage. Mais on sait bien. En fait, ils sont la marque d'une supériorité. Avec les mots que nous lui apprenons, il dit ailleurs et davantage.
Nous nous identifions avec nos dirigeants, mais c'est nous qui sommes dirigés.
Nous sommes tous motivés par la simple conviction que le monde tel qu'il est ne suffira pas - que nous avons l'obligation de nous battre pour le monde tel qu'il devrait être.
Quand nous cessons d'écouter, nous cessons d'aimer.
Il nous est plus facile de nous teindre d'une infinité de connaissances, que d'en bien posséder un petit nombre.
Nous avons à être non pas simplement des hommes, nous devons aussi être plus que des hommes. -L'homme est en somme tout autant que l'univers. Ce n'est rien de défini ; mais il peut et doit en même temps être quelque chose de défini et d'indéfini.
On dirait que nous ne commençons à exister que lorsque nous sommes ensemble ; que, chaque fois, nous surgissons même pas de l'ombre mais d'un univers indéfini, mais du néant, pour nous retrouver sur un ring, sur un podium, et moins pour nous aimer que pour nous affronter.
La maladie, Calliope, travaille à la fois le champ de la vie et celui de la mort. Elle nous fait peur, elle nous égare, mais l'existence n'est-elle pas troublante, exigeante comme le petit enfant. La maladie est vigilante, elle nous prévient, elle sait combien le mal est nécessaire et secourable au bien.
Nous en étions donc arrivés à l'acceptation de notre mode de vie. Peut-être les psychiatres nous avaient-ils mis, sans le vouloir, en contact direct avec la divine providence car nous avions appris à considérer tout ce qui nous était donné comme un don du ciel, électrochocs inclus.
Toutes les pilules sont des sérums de vérité à la puissance desquels nous n'avons jamais la force de résister.
Il n'y a rien de l'extérieur qui puisse nous lécher.
Nous sommes devenus une société singulièrement avouante.
Nous avons presque tous, dans notre vie, une période de prédilection, une période héroïque.
Nous voulons ce qu'il y a de mieux pour ceux que nous aimons, mais ce n'est pas forcément ce qu'il recherchent eux-mêmes.
Les vertus que nous prêtons aux machines, nous nous en dépouillons.
L'univers, et nous tous, sommes entrés vivants dans la simulation, dans la sphère maléfique, même pas maléfique, indifférente, de la dissuasion: le nihilisme, de façon insolite, s'est entièrement réalisé non plus dans la destrucrion, mais dans la simulation et la dissuasion.
J'appris par la suite que cela ne lui ressemblait pas, mais ce que nous disons ne nous ressemble pas toujours.