Chacun n'est-il pas l'hérétique de l'autre ?
Fortune : forte en thunes.
Abstenez-vous de raconter à votre femme les infamies que vous ont faites les précédentes. Ce n'est pas la peine de lui donner des idées.
De l'école, je ne garde que le souvenir de ma montre. Combien de temps avant la fin du cours, combien avant la fin de la journée. Même le travail, pendant le quel je me suis pourtant souvent ennuyée, ne m'a jamais inspiré autant d'impatience.
Une fille de dix-huit ans qui ne connaissait rien à la vie et ressemblait aux bougies qu'on allumait dans les églises : super simple, super pure et super blanche, mais bien allumée. Oui, complètement en effusion à l'intérieur...
Passer de l'enfance à l'âge adulte, on peut appeler cela une "mutation". C'est aussi important que de passer de la vie du foetus dans le ventre de sa mère à la vie aérienne du nourrisson.
On a deux vies au moins. Une qui s'installe dans notre mémoire comme une pierre au fond de l'eau, et l'autre qui disparaît au fur et à mesure qu'elle se déroule comme si c'était vaporeux.
Au regard de l'éternité, nous n'en sommes peut-être qu'à l'aube de l'humain ? Je l'espère. Le prochain continent à découvrir sera plus vaste que l'univers profond. L'esprit, cet inconnu, nous ouvre l'espace infini de notre spiritualité.
Je suis parfois un innocent, parfois un monstre. Tout ce qui est entre les deux ne m'intéresse pas. Tout ce qui est entre les deux est corrompu. Seuls, l'innocent et le monstre sont libres. Ils sont ailleurs.
Rrose Sélavy propose que la pourriture des passions devienne la nourriture des nations.
Il lui restait du temps. Mais, depuis quelques mois, ce temps gratuit, naguère savouré, devenait un temps pour être mal et pour s'interroger. Un temps à ne trop savoir quoi en faire. Un temps pour redouter le temps.
Il est peu de douleurs plus cruelles que d'être quitté par qui l'on aime. A cet irréductible chagrin, encore faut-il ajouter le questionnement de ceux qui viennent déposer une pincée de sel sur la blessure toute fraîche en demandant :"Et tu n'as rien senti venir ?"
Le coeur n'est point à louer : il est à prendre.
Qui a le coeur, qu'il ait aussi le corps.
J'ai peine à concevoir que le ciel vous envoie des sujets de chagrin dans la commune joie.
Je me suis toujours méfié des miroirs, mais je ne me suis pas privé de les consulter, et l'on en trouvera les renversements dans mes gravures.
Est-ce qu'on se connaît trop ? Non, jamais. On tente de se reconnaître et on finit avec un inconnu.
On peut en empiler cinquante mille de ces cerveaux, et faire l'addition. Le total ne fournira pas l'habillement complet d'une pauvre idée.
Alors, dénouant d'un geste sa magnifique chevelure, couler de couchant, qui lui descendait jusqu'aux genoux, et dans laquelle quarante amants s'étaient baignés comme dans un fleuve de flamme....
C'est le rythme même de ce qu'on lit et de ce qu'on ne lit pas qui fait le plaisir des grands récits : a-t-on jamais lu Proust, Balzac, Guerre et paix, mot à mot ?
Pétain était un grand homme. Pas besoin d'austérité ni d'effort ! Pétain avait trouvé l'arrangement. Tout allait se combiner à merveille avec les Allemands. Les bonnes affaires allaient reprendre.
Ils crachent, il cancanent, ils bafouillent, rabougris, chauves, édentés, baveux, sourdingues. C'est le bout de la vie, le bout du rouleau de la misère. Ca sent l'urine, ça sent le sapin, la fosse commune, le Dieu gourmand qui guette les âmes.
Ni dans le futur, ni dans le passé, mais dans le présent de la vie.
Manier la pensée des grands hommes donne l'illusion de partager leur génie.
Le masque est un incubateur de microbes.
Le problème avec Yves Saint Laurent était que c'était un homme qui comprenait son époque mieux que quiconque, mais il ne l'aimait pas. De vrais artistes vivent leur propre vie en parallèle. C'est l'artiste qui transforme son époque.
Si j'étais britannique, je voterais résolument pour «rester» parce que c'est dans l'intérêt du Royaume-Uni.
Il faut savoir, qu'avant de faire Nulle Part Ailuuers, Antoine de Caunes était non seulement spécialiste de la musique, mais il a écrit des romans policiers en anglais édités à New York.
Notre credo, c'était mélanger le sérieux et la distraction.
Montrez-lui que la richesse ne vous assurera pas un instant de bonheur, que le luxe ne console que les pauvres, uniquement parce qu'ils n'y sont pas habitués et pour peu de temps !
Zidane et Platini, ils ne peuvent plus jouer. Beaucoup d'équipes jouent sans meneur de jeu, aujourd'hui.
J'ai toujours pensé d'abord que ce qui caractérisait l'Europe occidentale, c'était une vision équilibrée entre la société et l'Etat d'une part, l'individu d'autre part.
La solitude qui fut celle de Camus, sa détestation du spectacle mondain ou littéraire, mais aussi son refus de tous les systèmes qui enferment l'homme sont des aspects qui le rendent contemporain.
La mélancolie est le petit luxe des âmes pauvres.
Le peuple : on lui fait des discours, on ne cause pas avec lui.
Les susceptibles embrouillent tout, par trop de sensibilité.
Vous partagez tout avec un être. Et vous diminuez de moitié.
Amour, tu me tueras.
En affection, il n'y a que des commencements.
On ne peut regretter que ce qu'on se rappelle.
L'art est l'habileté réduite en théorie.
L'homme s'abat, s'agenouille, se prosterne.
Je ne me comprends pas. Je déteste avoir l'âge que j'ai, pas encore une femme et plus une enfant. Je déteste qu'on me dise que je suis trop vieille pour quelque chose, mais je déteste 100 000 fois plus qu'on me traite comme un enfant. Je ne suis ni l'un ni l'autre.
-Tu t'abîmes les yeux à lire comme ça ! - Mais non, ça va, disait maman. -Tu t'abîmes la pupille, je te dis.- Chut ! Je lis !
On a si bien reconnu ce cercle vicieux de l'industrie que de toutes parts on commence à la suspecter, à s'étonner que la pauvreté naisse en civilisation de l'abondance même.
La peste a pris la relève de la lèpre comme modèle de contrôle politique, et c'est là l'une des grandes inventions du XVIIIe siècle, ou en tout cas de l'âge classique et de la monarchie administrative.
X, cette lettre me rassure parce qu'elle n'est personne... mais elle est un chromosome. Aussi, si un jour je mets au monde un enfant anormal, je pourrai déposer une plainte contre X... c'est toujours ça.
Les causes justes les moins visibles ont besoin de lumière pour prospérer. Les artistes auxquels le public a fait le cadeau de la notoriété ont le pouvoir de déplacer le champs des caméras et d'attirer le faisceau des projecteurs...
Contre l'injustice il n'y a pas de prescription.
La corde au cou, c'est les enfants, tout le reste est aménageable.