Le mourant est dans la situation d'un homme qui sort de chez soi sans la clef et ne peut plus rentrer parce que la porte fermée ne s'ouvre que du dedans.
Si l'on donne à quelqu'un le conseil qu'il a déjà l'intention de ne pas suivre, il vous en veut tout de suite, et si l'on lui donne le conseil qu'il suivra certainement, il vous en veut plus tard.
Plus on plaît généralement, moins on plaît profondément.
Certaines gens, quand ils entrent dans nos idées, semblent entrer dans une hutte.
Il n'y a pas de guerre sans fin, mais les traces resteront terribles.
J'ai l'impression que les hommes politiques, c'est quand même pas des gens comme nous.
Toutes les vraies richesses échappent aux distraits.
Le bourgeois qui dit ne croire à rien ne sera jamais qu'un bourgeois frauduleux.
Quand on voudra définir la philosophie du XIXe siècle, on s'apercevra qu'il n'a fait que de la théologie.
Avant de partir il faut que je laisse mon poids de souvenirs comme en dépôt ; comme quand on cache son baluchon sous les broussailles avant de monter à une ferme haute et loin.
Les raisons, les motivations d'un être humain-enfant sont, jusqu'à la fin de la résolution oedipienne, surtout des raisons émotionnelles et affectives.
J'étais entré au ministère aussi... Un autre univers. Qui me plaisait. Parce que, dans les ministères, le travail, je ne dis pas qu'il ne sert à rien, non, non, il sert mais au moins on ne voit pas à quoi. Ça rassure.
Il y a toujours une chose qu'on ne peut pas faire avec une chose soit parce qu'elle n'est pas faite pour ça, soit parce qu'elle n'est pas d'accord pour qu'on le lui fasse.
Elle a jeté des ponts par-dessus l'Atlantique,Elle a quitté son nid pour un autre terroir,Et comme une hirondelle au printemps des musiques,Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs.
Bonheur de ces années, de ces amis, de ces moments où personne n'essaie d'épater l'autre ; plaisir de ces soirées où l'on parle juste comme ça, mais où l'on pourrait se taire ensemble. Plaisir aussi d'être avec les enfants, et de leur créer des images.
Comment peut-on être si lourde de tant de rien impudent, magnifié ? Toujours ouverte sur les marchés de l'été, la pastèque s'exhibe en recours absolu contre une soif qui jamais ne s'étanche.
Ce sont le mépris et l'indifférence qui tuent, pas la colère.
Le lecteur domine l'écrivain, même quand il en est subjugué.
L'oeuf deviendra coq.
C'est un brave homme, mais un joyeux drille. Je crois qu'il n'a jamais dessoûlé.
Vous mettez Loana et Steevy à la terrasse du Fouquet's, il y a une révolution. À la table d'à côté, vous mettez Michel Tournier et le professeur Charpak, il n'y aura personne.
Je veux ensevelir au linceul de la rime,Ce souvenir, malaise immense qui m'opprime.Quand j'aurai fait ces vers, quand tous les auront lus,Mon mal vulgarisé ne me poursuivra plus.
La littérature, c'est l'expérimentation sur le langage.
Ce qui unit les humains et les chats, au-delà des caresses, c'est le sommeil. Où qu'ils soient, les petits félins vous invitent à l'assoupissement, dans la chaleur de leur fourrure soyeuse. Pouvoir dormir côte à côte, des heures durant, sans bouger est une forme d'intimité plus profonde que le langage ou les jeux.
On ne se suicide pas parce que l'on est désespéré, on se suicide pour garder un peu d'espoir.
Mais écrire n'est pas avoir, ce n'est pas être,Car le tressaillement de la joie n'y estQu'une ombre, serait-elle la plus claire,Dans des mots qui encore se souviennent.
Nous sommes tous des misérables et des dévastés, mais peu d'hommes sont capables de regarder leur abîme...
Vous voyez, dans tous les domaines, sciences, géopolitique, on joue aux apprentis sorciers. Et après on essaye de réparer comme on peut les dégâts qu'on a causés, mais avec toujours la même morgue et en prétendant que ce qui arrive n'est absolument pas de notre faute !
L'amour croit par l'exemple, et vit d'illusions.
À celui qui souffre, les consolations d'un consolateur joyeux ne sont pas de grand prix.
Je suis redescendu pour que vous montiez. Je me tais pour que vous parliez.
Je n'ai aucun problème avec les gens qui travaillent dur pour réussir. Mais je pense que les gens sont très jaloux du succès. Je travaille très dur et ils n'apprécient pas cela.
Ce serait fabuleux de remporter deux Coupes du monde d'affilée. On n'a aucune raison de ne pas le tenter, c'est l'occasion de laisser nos noms à jamais gravés dans l'histoire.
Il n'y a pas d'éloges à porter comme ceux que vous mettez dans votre poche.
Ce qui était tout n'est plus rien.
Dès que je voyais un appareil photo, j'avais l'impression qu'on me volait mon âme.
On ne part pas en vacances pendant la période de confinement.
L'imagination crée de gros monstres.
À la mort de ma mère, j'avais totalement perdu confiance en moi. Je culpabilisais sans cesse. J'étais souvent repliée sur moi-même. J'avais tendance à vivre dans le regret, incapable de prendre des décisions de peur de me tromper.
Nicolas Sarkozy a bien compris que le thème de l'immigration allait dominer l'actualité.
On me prend davantage pour un illuminé lorsque je me filme pour réaliser des transitions. Dans le train par exemple, je fais semblant de dormir tout en tournant la caméra vers moi. Je dois avoir l'air d'un sacré gogol.
Je peux être un peu trop sage...
L'amour a ceci de singulier qu'il ne s'accomplit pas dans son accomplissement.
Au-dessus du devoir, il y a le bonheur.
On juge entièrement un homme sur sa façon de braver la mort.
Il n'est pas certain que tout soit certain.
Le sentiment de nos forces les augmente.
Chacun a d'égales richesses, mais elles ne sont pas du même ordre.
Quand on a envie de discuter avec quelqu'un, voilà comment s'y prendre. C'est la même chose qu'avec les pigeons, il s'agit de distribuer régulièrement des petits bouts d'attention.
Il est bon que, dans la jeunesse, on ait cet appétit de savoir, qui n'a que trop de tendances à se recroqueviller par la suite, quand on a compris que l'objet de la connaissance se sauve perpétuellement devant nous.