J'aimais conduire. Vite. En rupture avec la raison. Nuit et jour. Au petit matin. À l'heure du blues crépusculaire. Avec des bouts de lumière qui te pètent dans l'oeil, avec Marvin Gaye qui chante à la radio. Des courbes qui s'engouffrent dans le noir des longs tunnels. Faut pas lâcher le pied.
Les différentes voix s'unissent dans la mélodie : l'une résonne gaie, vivante, sûre de la victoire, tandis que l'autre paraît encore se débattre dans les ténèbres au milieu d'un combat plein de mélancolie... c'est l'expression la plus nette et la plus parfaite de la vie intérieure.
Il faut que mes chansons aient l'air d'être parlées. Il faut que ceux qui m'entendent croient que je ne sais pas chanter, croient que je fais de petites musiquettes faciles. Il ne faut pas qu'au moyen d'artifices musicaux je détourne l'attention du texte.
Jamais, en effet, un livre plus indigent par la forme autant que par le fond, plus scélératement bête, plus menteur, ne menaça une société aussi salope d'un plus effroyable danger ; et jamais, à coup sûr, un aussi terrifiant holocauste d'âmes ne fut ordonné par un Hérode plus goujat et chétif.
En quarante ans d'observations, l'attitude de confiance - ou de défiance - en la personne nous est apparue, sous des formes très diverses, comme la quintessence des conduites culturelles, religieuses, sociales et politiques qui exerce une influence décisive sur le développement.
Certains me parlent de l'âme. Le corps meurt et l'âme demeure, mais où va-t-elle ? J'aimerais le savoir. Personne ne le sait hormis ceux qui élucubrent, ceux qui brodent.
Etre populaire, c'est pénible.
Je ne sais si la soumission est en marche, mais la peur est là et, malgré les crayons brandis, malgré les professions de foi martiales, il y aura de moins en moins de « Charlie » sur notre sol.
Il en est qui sont véridiques pour n'avoir point de quoi mentir.
L'espérance fait plus de dupes que l'habileté.
En amour, nous promettons en vers ce que nous tenons en prose.
En parlant des révolutionnaires : que faire de ces hommes qui lancent autant de traits que de regards, qui combattent avec la plume et écrivent avec des poignards ?
Rien de tel que les faiblesses des grands hommes pour rassurer les petits.
On m'a reproché de conduire, par vanité, d'immenses voitures. Si vous connaissez une petite voiture dans laquelle on se sente aussi bien protégé, aussi confortable que dans une grande, téléphonez-moi.
Les hommes, lorsqu'ils s'adressent aux dieux, ne savent pas que c'est pour leur malheur, le plus souvent, que les dieux les exaucent.
La majorité des criminels ne sont pas dans les prisons.
Et quant à Serge, même s'il me restait un million d'années à vivre, je ne pourrais jamais plus aimé quelqu'un autant que je l'aime lui.
Mais il y a des jours où l'on cueille le jour au moment flottant des possibles, au moment fragile d'une hésitation honnête, sans orienter à l'avance le fléau de la balance. Il y a des jours où l'on pourrait presque.
Mais j'm'embarass' pas.Quand j'désire un' brune ou une blonde,Je choisis dans l'tas.Comm' j'ai pas d'pèz' je m'sens à l'aisePour leur promettr' tout c'qui leur plaît...Mais quand j'en pinc' je suis bon prince,En partant, j'leur laiss'... mon portrait.
Je n'ai pas l'impression d'égorger quelqu'un avec un feutre.
Je m'étonne de tomber dans l'angoisse et pourtant ! Je ne cesse de jouer : c'est la condition de l'ivresse du coeur. Mais c'est mesurer le fond nauséeux des choses : jouer c'est frôler la limite, aller le plus loin possible et vivre sur un bord d'abîme !
Le camaïeu, partout, est bourgeois.
Un pays plus grand que l'Europe et peuplé deux fois comme elle, assez arriéré pour qu'une grande partie de sa population se contente d'un bol de riz par jour, mais assez avancé pour avoir fait exploser des engins thermonucléaires, suscite toujours la même fascination anxieuse.
Les incompréhensions mutuelles sont causes d'innombrables malheurs et tragédies.
Ceux qui écrivent clairement ont des lecteurs.
C'est vrai qu'en France, les femmes mettent moins de choses. Si elles ont un collier, elles ne mettent pas de boucles d'oreilles; si elles ont du vernis à ongles, elles ne mettent pas toutes leurs bagues et tous leurs bracelets.
Je me sens mieux dans les matériaux doux et naturels tels que le coton et la soie. Je porte des collections de tous les designers. Ils ont tous des coupes exceptionnelles et des matériaux extrêmement agréables.
La plupart des éditeurs persistent à considérer que l'auteur est un individu auquel on rend suffisamment service en publiant son bouquin, pour qu'on n'ait pas besoin de lui verser un peu d'argent.
Les affaires. Elles seules donnent du poids en ployant l'esprit vers la terre.
Tout ce qui est nécessaire n'est jamais hasardeux.
Ecrit avec de l'encre bouillante.
Le Québécois pense que la langue française est une langue du corps, une langue de la quotidienneté, et plus on la parle sous un mode naturel, plus on s'éloigne de l'hypocrisie de la grammaire, de l'hypocrisie de la singularité, de la phrase.
Dans la nuit il y a toi sans doute que je ne connais pas, que je connais au contraire. Mais qui, présente dans mes rêves t'obstines à s'y laisser deviner sans y paraître.
Jacques se met à border le lit activement, avec un soin de vieille fille.
Si on a le bon Dieu avec soi, les inspirations se cristallisent en créations heureuses. Si c'est le contraire, ça ne devient plus que de l'effort et de l'agitation stériles.
Je voudrais être tellement généreux.
On assistait là à une de ces séances plaisantes, comme on en voit aux veillées lorraines, où les filles et les garçons échangent des facéties et des bouts rimés. C'était une véritable séance de daïe, où François daïait la religieuse.
Dans le même temps où Don Juan, de Séville, commandait à Valdés d'ouvrir les charniers, un français, de même ardeur emportée, et tragique, Rancé, subissait un tête-à-tête plus lugubre encore.
L'Italie est un pays divisé sans centre.
Un pays qui nomme des amiraux préfets ne vaut plus très cher.
Gouverner, c'est réformer.
La Redoutable peut venir me cueillir.
J'ai de nombreuses facettes ! Je sais bien que depuis trente ans je me ressemble, mais, en vérité, cela cache une multitude de personnages, c'est sans doute pour cela que je suis actrice.
Tant qu'on est rien, on demande aux autres de nous trouver quelque chose.
Vous faites accorder vos pianos ?... Faites donc accorder vos participes !
J'ai toujours été dévoré d'une ambition terrible : me plaire.
Un critique de rock, journaliste mondain, doit se choisir un look pour devenir quelqu'un. On peut aller à droite, les cheveux demi-longs, avec une cravate et des complets-veston. On peut aller à gauche, avec les cheveux courts et des allures de super de vrai conquistador.
La bière va bien avec l'idée de voyager. Dans tout pays il y avait toujours une bière à découvrir, la bière locale, c'est une constante universelle, pour l'intime satisfaction de la déguster en fin de journée, une fois le boulot terminé.
- C'est une voyante qui parle avec les esprits.- C'est une parlante, alors !
C'est ça, pour moi, l'instinct de liberté. S'affranchir de ce qu'on a gagné et de ce qu'on a perdu pour l'offrir aux autres.