Vous avez eu l'indulgence de faire allusion concernant mes livres à «l'art de la mémoire avec lequel sont évoquées les destinées humaines les plus insaisissables.» Mais ce compliment dépasse ma personne.
Il est toujours mauvais de poser au maître plus de questions qu'il n'a de réponses.
La calomnie est comme la guêpe qui vous importune, et contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement, à moins qu'on ne soit sûr de la tuer, sans quoi elle revient à la charge, plus furieuse que jamais.
Rien ne rend un homme plus conscient de son importance que de recevoir un télégramme de plus de dix lignes.
Ce sont les critiques qui font la littérature.
Le moins que l'on puisse dire du pouvoir, c'est que la vocation en est suspecte.
Bien plus que la machine-état, l'outil-utopiste est dangereux.
Ce qu'il y a de plus réel pour moi ce sont les illusions que je crée avec ma peinture.
Comme son rôle est de séduire, la femme se croit toujours au centre de l'univers, surtout quand elle est tombée très bas. L'avilissement de la femme est sans fond, de même sa vanité.
L'obsession du point de partage entre deux régions, deux influx, m'a marqué dès l'enfance et à jamais. Et certes, parce qu'il s'agissait d'un espace mythique plus que terrestre, à l'articulation d'une transcendance.
Les heures de la nuit sont lentes et funèbres.L'angoisse comme un drap mouillé colle à ma chair ;Et ma pensée, ainsi qu'un vaisseau sous l'éclair,Roule, désemparée, au large des ténèbres.
J'ai privilégié dans ma carrière la scène et le public plutôt que les plateaux télé et le show-biz. J'ai besoin de sentir le public, de le ressentir et d'échanger avec lui.
On ne se met aisément qu'à la place de ses égaux.
A l'endroit du public, répéter c'est prouver.
Le flatteur n'a pas une assez bonne opinion de soi ni des autres.
Quittez qui vous quitte.
Je veux écrire pour être avec les autres. Ceux que j'ai connus. Ceux que je vais connaître. Ceux que je ne connaîtrai jamais. Je veux écrire pour être meilleur humain. Pour éviter la disgrâce.
Un ensemble d'images bonnes peut être détestable.
Les tailles étroites et les esprits étroits vont de pair.
Ce que j'aime dans ce travail, c'est que vous pouvez voyager dans beaucoup d'endroits, beaucoup d'imaginations.
Les remaniements, c'est comme les dévaluations, (...) cela s'annonce après.
En parlant des révolutionnaires : que faire de ces hommes qui lancent autant de traits que de regards, qui combattent avec la plume et écrivent avec des poignards ?
Nous avons beau faire, nous ne pouvons pas être absolument naturels, et nous n'avons pas grand avantage à l'être.
Quand l'homme s'applique, même les pierres flambent.
Autrui est visage.
C'est impressionnant comme ça vient vite, l'autorité, quand on a un peu de pouvoir.
On ne peut assez répéter que les règles du beau sont éternelles, immuables et que les formes en sont variables.
Je n'ai d'argent qu'en mes cheveux.
Nous n'avons pas la télévision, c'est une chance inespérée : je suis contraint à la lecture, j'échappe par l'imagination à l'hébétude, à à la noyade dans la bouillie des images.
Qu'est-ce donc qu'un visage, sinon une citation ?
L'Italie est un pays divisé sans centre.
Loin là-bas, au soleil, se trouvent mes plus hautes aspirations. Je ne peux peut-être pas les atteindre, mais je peux lever les yeux et voir leur beauté, croire en eux et essayer de suivre où ils mènent.
La Redoutable peut venir me cueillir.
Quand je refuse un rôle, c'est souvent parce que j'ai eu des doutes dès le départ.
Vous avez respiré de l'hélium ou quoi?
J'ai de nombreuses facettes ! Je sais bien que depuis trente ans je me ressemble, mais, en vérité, cela cache une multitude de personnages, c'est sans doute pour cela que je suis actrice.
Le théâtre est l'inaugural qui vient dans l'augural.
Il en est qui sont véridiques pour n'avoir point de quoi mentir.
J'ai toujours été dévoré d'une ambition terrible : me plaire.
Pensez aux maux dont vous êtes exempt.
La majorité des criminels ne sont pas dans les prisons.
On a besoin de peu de vie pour vivre...
Si on veut avoir une image assez juste de la société française, le vrai panel est au comptoir avec son lot habituel d'optimistes, de déprimés, de petits malins, de paumés et de têtes de con.
Qui ne se contrôle pas face aux dangers est plutôt fougueux que brave.
Non : Ce mot n'existe pas dans la langue japonaise. Il est trop douloureux pour être prononcé tel quel. Alors on use de tous les stratagèmes pour le faire comprendre sans le dire.
Il y a au fond du choeur des vitraux, d'après les dessins de Navez, qui entrent dans les inconvénients de ce genre bâtard.
L'important c'est l'élément qui anime une société. Un peu comme dans une classe, où quelques élèves, soit travailleurs, soit chahuteurs, donnent le ton. Qu'ils changent de classe, la classe en est changée.
La conviction est la conscience de l'intellect.
Quant aux vaccins, on ne comprend rien. Je devrais l'avoir depuis longtemps, entre le coeur, cinq pontages, l'asthme, le diabète et le surpoids... Il n'y a rien, il n'y a pas de vaccins !
Mes parents ne l'avaient pas inventé, c'était une hiérarchie tout à fait commune et pratiquée par tous dans le même milieu que le nôtre : les filles servaient les garçons. (...) Servir mes frères que je trouvais complètement cancres alors que je m'éveillais à la vie, je trouvais cela très injuste.