Je crois que nous avons plus d'idées que de mots ; combien de choses senties qui ne sont pas nommées !
On n'est pas tombé d'accord encore si le génie est la perfection de ce qui va mourir, ou la singularité de ce qui va naître.
La jeunesse a une patience infinie, et d'autant plus méritoire que le temps, pour elle, se traîne avec une lenteur désespérante.
Que fait-on dans la rue, le plus souvent ? On rêve. C'est un des lieux les plus méditatifs de notre époque, c'est notre sanctuaire moderne, la Rue.
La seule manière de protéger sa culture, c'est d'accepter de la mettre en danger.
Il faut toujours laisser la porte du plateau ouverte, parce qu'on ne sait jamais ce qui peut y entrer.
L'économie ne se change pas par décret.
Les livres présument que la pensée siège dans le cerveau, la vie prouve que l'homme pense avec ses autres viscères.
Beaucoup de gens produisent, en se servant de mots qu'ils ne comprennent guère, un grand effet sur l'esprit d'autres gens qui ne les comprennent pas.
Pour se nourrir, les Japonais mangent du riz sans blanquette ! J'en ris encore.
La seule vraie preuve de l'existence de Dieu, c'est la preuve par la joie.
Aucun Dieu n'a jamais répondu aux appels, aux interrogations de l'homme. Ce qu'il prend pour des réponses, c'est seulement l'écho de sa voix.
Quand un philosophe vous répond, on finit par oublier ce qu'on lui avait demandé.
On dit souvent que la force est impuissante à dompter la pensée ; mais pour que soit vrai, il faut qu'il y ait pensée. Là où les opinions irraisonnées tiennent lieu d'idées, la force peut tout.
C'est l'amour qui fait rêver.
L'âge se lit dans les yeux des autres, même quand soi-même on n'y pense plus.
Le sage trouve mieux son compte à ne point s'engager qu'à vaincre.
O ma mère et ma nourrice ! Toi dont l'âme protectrice Me fit des jours composés Avec un bonheur si rare, Et qui ne me fus avare Ni de lait ni de baisers !
Il y a des types qui croient ressembler à Napoléon parce que leur femme s'appelle Joséphine.
Toute critique, tout blâme revient à dire : je ne suis pas toi.
L'avantage d'être un causeur brillant ne vaut pas celui d'être replié sur soi-même.
Comme tout irait mieux si on donnait le pouvoir à ceux qui ont la flemme de le prendre.
Le confort est partout. L'oisiveté n'est plus nulle part.
Même dans l'alphabet, aime a toujours été voisin de haine.
Les lauriers se trouvent beaucoup mieux à leur place dans un civet de lièvre que sur la tête d'un glorieux.
Le progrès est une pure notion technique, et il est toujours confisqué par des connards ou des canailles qui en font le pire.
C'est un proverbe turc que ce beau mot : "Ô malheur ! Je te rends grâce, si tu es seul".
Âme : on râle avant d'être obligé de la rendre et son départ nous laisse froid.
Un père qui porte le manteau de son fils est-il un bon "patère" ?
La voix humaine est le plus beau de tous les instruments, le plus émouvant...
Le passé ne peut renaître.
Ce qui déprime un pays, c'est cela : c'est la peur de l'avenir.
Personne n'entend ceux qui disent vouloir être seuls. La volonté de solitude, c'est forcément une pulsion morbide.
Une mère qui annonce les temps modernes, qui pleure ses enfants morts, s'angoisse quand ils sont malades, se sent coupable de tout ce qui les concerne, et coupable aussi de toutes leurs difficultés.
Les mésanges bleues du ravissement s'envolèrent et je fus aussitôt replongé dans l'ignoble réalité, dans la très puante et très maudissable réalité.
Nous sommes dans un effondrement généralisé de la vie sur Terre.
Je me suis dit qu'évoquer le nazisme à propos de l'invasion de l'Ukraine par les Russes c'est jouer sur les mots et les souvenirs.
C'est bien pratique de se morfondre dans des histoires anciennes pour ne pas en vivre de nouvelles.
Ne pas rendre visite à nos aînés, est - j'en ai bien conscience - un crève-coeur. C'est pourtant nécessaire, temporairement pour les protéger du Covid-19 (Coronavirus).
Aujourd'hui, le rugby tamponne beaucoup, on voit surtout des collisions entre des grands costauds, alors que le jeu d'antan avait ses ogres et ses lutins.
L'art, la création, c'est la manifestation du divin en l'homme. La recherche de la pureté.
Dans un monde où une énorme distance semble séparer un ministre d'une prostituée, il est bon de dire, à l'un comme à l'autre, qu'ils font le même métier.
La vie peut être plus belle que ne la consentent les hommes. La sagesse n'est pas dans la raison, mais dans l'amour.
Rien ne me fait douter davantage de la fameuse égalité des chances que l'héritage.
Ah ! Que le monde est donc mal fait, et pourquoi faut-il que certains êtres finalement deviennent cibles pour avoir été trop points de mire !
Le mariage vaut plus par ce qu'il nous épargne que par ce qu'il nous procure.
Une société s'autoproduit sans cesse parce qu'elle s'autodétruit sans cesse.
Rien n'est indifférent, rien n'est impuissant dans l'univers ; un atome peut tout dissoudre, un atome peut tout sauver !
On ne peut à la fois être sincère et le paraître.
Dans les rêves, on ne voit jamais le soleil, bien qu'on ait souvent la perception d'une clarté beaucoup plus vive. Les objets et les corps sont lumineux par eux-mêmes.