Lorsque j'ai un livre entre les mains, je suis sûr de passer un très bon moment.
Il y a aujourd'hui, en France, une tentation moraliste, militariste, occidentaliste qui ressemble à ce que fut le néoconservatisme aux États-Unis.
Astérix est à l'image du Français tel que l'image d'Épinal l'a popularisé à l'internationale, et tel que René et moi souhaitions le caricaturer. Il a du caractère, et ce caractère, c'est bien le nôtre.
Ce n'est pas celui qui prie pour lui-même qui est guéri. C'est celui qui prie pour les autres.
Connaître un homme aujourd'hui, veut surtout dire connaître ce qu'il y a en lui d'irrationnel, ce qu'il ne contrôle pas, ce qu'il effacerait de l'image qu'il se fait de lui.
Avec l'âge, j'en suis arrivé à penser que la seule façon de se faire pardonner ses privilèges était de ne pas s'en servir.
Nos actes les plus sincères sont aussi les plus calculés.
C'est généralement dans les restaurants où vous accueille un chasseur qu'il faut craindre les coups de fusil.
De tous les péchés, l'avarice est le plus avantageux.
Les académiciens se prétendent immortels et pourtant ne dépassent jamais la quarantaine.
C'est une grande sottise de se croire aimé une fois pour toutes.
On sait depuis longtemps que ce sont les vents, ces messagers de l'amour végétal, qui portent aux plantes femelles le sperme des mâles. Ce n'est point en plein vent que les nôtres courent ordinairement de pareils risques !
Les gendarmes ont grand tort de malmener les criminels. Sans eux, ils n'existeraient pas.
On donne des conseils, mais on n'inspire point de conduite.
Otez l'amour-propre de l'amour, il en reste trop peu de choses.
Certains politiques vieillis se fixent enfin à une opinion, girouettes que l'hiver, en les rouillant, fait immobiles.
- On n'a plus d'idées. On n'a plus que des besoins. - Enfin, on est devenus adultes !
Là où il y a collagène, y'a pas de plaisir.
Au-dessus de quarante ans, on est tous du même âge.
Depuis que j'ai coupé ma barbe, je ne reconnais plus personne.
Que le passé d'un homme est étroit et cours, à côté du vaste présent des peuples et de leur immense avenir !
J'ai décimé, déciméDes armées de répondeursOccupés à se direMes naufrages au saut du lit.
Plus envie d'courirComme tous ces automatesQui bâtissent des empiresQue le vent peut détruireComme des châteaux de cartes.
Le nihilisme n'a plus les couleurs sombres, wagnériennes, splengleriennes, fuligineuses, de la fin du siècle. Il ne procède plus d'une Weltanschauung de la décadence ni d'une radicalité métaphysique née de la mort de Dieu et de toutes les conséquences qu'il faut en tirer.
Le temps est fait de la désolation des hommes.
Dans la rencontre amoureuse, je rebondis sans cesse, je suis léger.
L'univers est un coffre-fort dont l'humanité cherche le chiffre.
La vraie démocratie est celle qui permet aux idées, et non aux hommes, de triompher. Sur ce point également, la dernière élection présidentielle a été un camouflet, puisque les idées ont été prises en otage par les considérations égotiques de quelques-uns.
Tant que l'on apprend,le cerveau reste jeune.
Quand on est pauvre, il est plus simple d'avoir un crayon et une gomme.
Je ne suis donc pas du tout confiant : nous ne traitons pas les problèmes que nous comprenons.
Le domestique est un français. Bavard comme l'est ce peuple, il ne pourra se retenir de parler.
Un esprit médiocre croit écrire divinement ; un bon esprit pense qu'il écrit raisonnablement.
Des propositions j'en ai eu mille fois, mais j'étais armée pour résister parce que j'avais déjà travaillé et parce que j'avais un nom.
Aimer les chiens est une question d'anthropomorphisme. Nous nous attachons aux chiens à cause des sentiments que nous projetons sur eux.
Nous ne sommes pas isolés du monde. Le monde frappe à notre porte.
On a calculé que les fêtes de Noël provoquent chaque année la mort de dix mille fois plus de jeunes sapins en bonne santé que ne le font tous les incendies de forêt du mois d'août.
Le cadre légal n'est pas suffisant parce que salariés comme entreprises ont besoin de plus de souplesse. Qui serions-nous pour dire à quelqu'un qui souhaite (travailler plus) que c'est impossible
J'en apprends souvent plus en suivant des débats entre journalistes qu'en écoutant des politiciens prisonniers de formules toutes faites.
Si l'on ne souffrait pas de temps en temps, le bonheur ne serait plus supportable.
Je demande à un livre de créer en moi le besoin de ce qu'il m'apporte.
L'énergie qu'on met à repousser la louange dénonce l'importance qu'on lui prête.
Rien ne caractérise mieux un miracle que l'impossibilité d'en expliquer l'effet par les causes naturelles.
En art, il n'y a pas d'effet sans entorse à la vérité.
L'avantage de la gloire : avoir un nom trimbalé par la bouche des sots !
Mon âge, même si je le savais, je ne le croirais pas.
Les femmes, sitôt qu'elles sont trois, sont deux contre une.
La France a trente-six millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement.
Penser à quoi ? A rien. Cela se nomme la sagesse.
Ovaire toute la nuit.