Avec toi je pouvais mettre ma réalité en vacances. Tu étais le complément de l'irréalisation du réel.
La poésie est une poire introuvable quand on a soif.
Un homme, ça ne connaît pas plus sa femme que sa mère.
Si la question est donc « Est-il trop tard pour que tout aille bien ? », la réponse est évidemment oui ! Il n'y a aucun doute là-dessus. Mais si la question est « Est-il trop tard pour que la vie perdure ? », la réponse est évidemment non.
L'argent est la racine de tous les maux, et pourtant c'est une racine si utile qu'on ne peut pas plus s'en passer que sans pommes de terre.
Un homme peut douter de l'existence de Dieu lorsqu'il est en bonne santé, tout comme il peut douter que sa relation avec une prostituée soit un péché. Quand il tombe malade, quand l'hydropisie se développe, il quitte sa concubine, et il croit en Dieu.
Certains hommes promettent de garder votre secret et pourtant le révèlent sans savoir qu'ils le font ; ils ne remuent pas les lèvres, et pourtant ils sont compris ; elle se lit sur leur front et dans leurs yeux ; on le voit à travers leur poitrine ; ils sont transparents.
Qui ne fait pas ce qu'il dit ne le dit jamais bien.
Une collection est comme un dîner. Il est composé des personnes que vous invitez, mais aussi des personnes que vous n'invitez pas.
Tondeuse : Parce qu'elle opère souvent sur une pelouse surchauffée, fait un bruit de canadair.
Ma mère était d'une extrême docilité, elle vivait dans la dévotion de mon père. C'est elle qui lui avait fait découvrir le Mexique, qui l'avait, peut-être, rendu un peu fou.
La défaite est orpheline.
Quand on revient des camps, on connaît le pire de l'homme.
Il s'est passé une chose importante dans l'histoire de l'écriture, c'est la disparition de la machine à écrire
Une chose permise ne peut pas être pure.
L'homme n'est peut-être pas à la hauteur de son essence.
Un bien présent peut être dans l'avenir la source d'un grand mal ; un mal, la source d'un grand bien.
Le trop de promptitude à l'erreur vous expose.
On ne trouve de bon dans la vie que ce qui la fait oublier.
Les femmes sont "authentiquement" malades quand elles le veulent. Elles sont même capables de mourir par orgueil.
Ceux qui lisent savent beaucoup ; ceux qui regardent savent quelquefois davantage.
Les hommes ne se comprennent qu'à mesure qu'ils sont animés des mêmes passions.
En Allemagne, les médiocrités s'additionnent. En France, les supériorités se neutralisent.
Peu de lectures, mais simples, fortes, qui laissent traces.
Dès la fin du XIe siècle, la cuirasse est déjà devenue si complexe qu'elle vaut le prix d'une bonne exploitation agricole, et les perfectionnements de l'armement sont à la source du développement constant de la métallurgie du fer.
La petite fille était maigre et voûtée, toute refermée sur elle-même comme un bourgeon qui a connu le gel.
J'ai fait amitié à un chat angora charmant qui me suivait et qui s'est laissé caresser.
On ne conçoit pas mieux la propriété lumineuse des corps, après l'avoir attribuée à leur faculté incompréhensible de lancer un fluide fictif, ou de faire vibrer un éther imaginaire.
Bref, le problème, ce n'est ni le Coran ni la Bible, romans soporifiques, incohérents et mal écrits, mais le fidèle qui lit le Coran ou la Bible comme on lit la notice de montage d'une étagère Ikea.
Ce qui forme les habitudes, ce sont les actes fréquents et réitérés.
Je me suis toujours méfié de la paresse, mais j'en ai cultivé la nostalgie, et l'on en retrouve la patience dans ma méthode.
Une nation, c'est la possession en commun d'un antique cimetière et la volonté de faire valoir cet héritage indivis.
Le haïku n'est pas une pensée riche réduite à une forme brève, mais un événement bref qui trouve d'un coup sa forme juste.
Les élites françaises sont passées à côté de la pop culture.
Le succès de nombreux livres tient à l'affinité entre la médiocrité des idées de l'auteur et celles du public.
Régine, je l'ai vue au magasin essayer une robe et le vendeur qui la connaissait lui a dit : Alors, on vous donne votre taille tout de suite ou on bousille une fermeture éclair ?
Je suis un touche à tout, un chineur de la vie, des choses qui sont les tiroirs de mon esprit, de mon cerveau et qui s'ouvrent et se ferment au fil des instants.
Parfois je me dis que j'aurais dû ne jamais faire de cinéma.
La presse sort tout de son contexte, j'ai appris à me taire.
Je n'ai jamais vu un pays où je n'ai pas appris quelque chose.
Les Québécois ont avec la France, une relation compliquée. Je l'ai trouvée bien résumée dans un titre du quotidien "Le Devoir" : "l'amère patrie".
Lorsque j'ai un livre entre les mains, je suis sûr de passer un très bon moment.
Une revue n'est vivante que si elle mécontente chaque fois un bon cinquième de ses abonnés. La justice consiste seulement à ce que ce ne soient pas toujours les mêmes qui soient dans le cinquième.
Une impasse est le lieu de mes plus belles inspirations.
Tout grand homme n'agit et n'écrit que pour développer deux ou trois idées.
Madame : n'achetez plus de tissus écossais. Ecossez-les vous-mêmes !...
Les lois ne font pas les nations, elles sont l'expression de leur caractère.
La conviction est la conscience de l'esprit.
Une pensée est une chose aussi réelle qu'un boulet de canon.
Il y a des péchés si flatteurs que, si je les confessais, j'en commettrais un autre d'orgueil.