Mieux vau souffrir le mal que de le rendre.
L'enfance bascule, morceau par morceau, dans la lente décomposition du vivant.
Tout le monde devrait tenir son journal. A commencer par les bandits et les criminels. Cela simplifierait les enquêtes policières.
On n'est pas vieux tant qu'on cherche.
Quelle vilaine manie de croire que les aveugles sont sourds. Comme si à la distribution des malheurs on aurait tort de se priver.
La moralité est faite pour les pauvres. Pour les mieux tenir.
Les amants malheureux vieillissent en un jour.
Si une laide se fait aimer, ce ne peut être qu'éperdument.
Les enfants crient ou chantent tout ce qu'ils demandent, caressent ou brisent tout ce qu'ils touchent, et pleurent tout ce qu'ils perdent.
On ne doit se résigner qu'au bonheur.
Idée pour faire une carrière d'artiste conceptuel : signer les dessins d'enfants.
Ce que l'on sait le mieux, c'est ce que l'on a deviné, puis ce que l'on a appris par l'expérience.
Si l'on donne à quelqu'un le conseil qu'il a déjà l'intention de ne pas suivre, il vous en veut tout de suite, et si l'on lui donne le conseil qu'il suivra certainement, il vous en veut plus tard.
Petits, les enfants sont comme les psychothérapeutes des parents.
Avez-vous la monnaie de ma pièce ? Personne au monde ne peut avoir la monnaie de ma pièce.
La superstition demande des causes, alors que le propre de la raison véritable est de découvrir que les choses sont sans cause et de déceler, dans le voeu causal, la racine de l'angoisse religieuse.
Le juriste fait prime. On s'arrache tout ce qui de près ou de loin touche à la basoche. Dans tout l'immense territoire des Etats-Unis on ne trouve plus un seul avocat sans cause, ni un seul homme de loi qui batte la dèche dans les bars.
Il serait difficile de prouver que les femmes sont incapables d'exercer les droits de cité. Pourquoi des êtres exposés à des grossesses et à des indispositions passagères ne pourraient-ils pas exercer des droits dont on n'a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers et qui s'enrhument aisément ?
Alors que tout se rétrécit, je garde une ligne de conduite : ne rien changer à ma vie, confirmer tous mes choix. Je partirai sans avoir rien appris, sinon le prix hors de prix de l'existence.
Derrière les combinaisons du capital et du travail, derrière les mutations technologiques et sociales, derrière les structures de l'échange et les jeux de la conjoncture, il y a, il y a toujours eu, il y aura toujours, les décisions ou les renoncements des hommes, leur énergie ou leur passivité, leur imagination ou leur immobilisme.
Les personnes à craindre ne sont pas celles qui ne sont pas d'accord avec vous, mais celles qui ne sont pas d'accord avec vous et qui sont trop lâches pour vous le faire savoir.
Je me suis posé cette question essentielle : comment un tel carnage a-t-il pu se produire dans des locaux considérés comme sensibles ? J'ai enquêté pour comprendre. Maintenant je connais les failles. Celles de l'Etat, de la police, du journal.
Nous avons tous une fausse idée de nous-mêmes. Je suis toujours en train de changer, et je continuerai à changer. Donc, je n'essaie jamais de me décrire, de me définir ou de me juger moi-même.
Je n'ai pas réussi à réconcilier les Français avec leurs dirigeants.
le siège unique ne peut pas être pensé exclusivement pour Bruxelles.
C'est trop compliqué de se torturer en se demandant pourquoi les gens vous aiment, pourquoi ils vous choisissent. L'important est qu'ils le fassent pour les bonnes raisons et que vous ayez bossé pour le mériter.
Nous nous permettons des écarts de goût que nous interdirions à autrui.
Sexologie : au logis ? Au logis ? Pourquoi au logis.
Tout le monde ne peut pas faire l'amour, ça ne serait pas sérieux.
Pour la plupart des gens, l'amour est devenu une chose si ennuyeuse qu'on se met à plusieurs pour en venir à bout.
Les jolies femmes et les visons pratiquent les mêmes exercices pour avoir de petits visons.
Il faut gémir, mais en cadence.
Il n'y a pas de guerre sans fin, mais les traces resteront terribles.
L'infiniment grand peut se ranger dans une boîte infiniment plus grande que lui, et pareil pour l'infiniment petit.
La marche devient impossible sous peine de s'égarer.
Ce sont le mépris et l'indifférence qui tuent, pas la colère.
Sans en dire jamais assez pour la satisfaire, j'en disais toujours assez pour l'abuser.
Nous donnons aux choses une individualité arbitraire.
Vouloir fixer les choses...il y a tellement de choses dont on ne se souvient plus après. J'admire les gens qui tiennent un journal au quotidien.
Tel croit revenir vite qui ignore ce que l'avenir lui réserve.
Les sons me fascinent et je découvre le spectre de ma propre voix.
Nos vaines prétentions sont une des parties les plus réelles de notre être.
Un homme n'est jamais que le spectateur de son talent et ne peut se prévoir.
Tout est dit dans mes chansons. Seulement, ce n'est pas raconté de façon prosaïque, c'est enjolivé. L'essentiel est dedans...Alors à quoi bon en parler ? Si je me mets à parler, ça perd de son intérêt. Moi, je suggère. C'est le public qui fait le reste.
Ces écritures intellectuelles sont donc instables, elles restent littéraires dans la mesure où elles sont impuissantes et ne sont politiques que par leur hantise de l'engagement.
Ce qui me captivait avec toi, c'est que tu me faisais accéder à un autre monde.... Ce monde m'enchantait. Je pouvais m'évader en y entrant, sans obligations ni appartenance. Avec toi j'étais ailleurs, en un lieu étranger, étranger à moi même. Tu m'offrais l'accès à une altérité supplémentaire.
J'avais voulu croire que nous avions tout en commun, mais tu étais seule dans ta détresse.
Ceux qui affirment que rien n'est plus démocratique que l'audimat se moquent du monde, bien entendu. L'audimat ne permet pas de mesurer ce que les gens veulent, mais de savoir jusqu'à quel point ils ont intériorisé ce qu'on les a habitués à vouloir.
Seule face à elle-même. Elle se mariait donc, maudite de ses parents. Rejetée, excommuniée, le herem était sur elle. Impure, sale, reniée par les siens. Et elle avait fait fait le choix de ne pas suivre ses parents, la tradition ancestrale.
Je suis redescendu pour que vous montiez. Je me tais pour que vous parliez.