Aujourd'hui, je me rends compte que la scène a été le plus important dans ma vie.
L'amour pur et le soupçon ne peuvent cohabiter : à la porte où entre le second, le premier fait sa sortie.
Chose étrange de voir comme avec passion, un chacun est chaussé de son opinion.
Quand on s'attache, forcément on se détache, et c'est souvent douloureux.
Je ne fais plus l'amour ! Je gagne du temps, je garde de l'influx, je ne fais plus de plaisir.
Faire l'amour assidûment ôte le temps d'éprouver l'amour.
Le Brésil est un pays trop chaud où la nature mangera un jour les fragiles décors surélevés dont l'homme essaie de s'entourer. Les termites vont dévorer les gratte-ciel, tôt ou tard, les lianes vierges bloqueront les autres et la vérité du Brésil éclatera enfin.
J'ai donné des concerts par milliers, signé des montagnes d'autographes, produit des émissions de télévision, j'ai connu la vie mondaine. Pourtant, je suis viscéralement un solitaire.
Je suis sans épouvante étant sans convoitise.
Le passage au troisième millénaire, en philosophie, c'est peut-être cela : réaliser qu'on n'accomplira des progrès qu'en passant par des pensées minuscules et non plus majuscules.
La vertu où je m'émerveille dans les premiers chrétiens, c'est la fermeté ; dans ceux d'aujourd'hui la souplesse.
Il n'y a que le temps qui ne perde pas son temps.
Le chef-d'oeuvre de la femme dans la société : se faire des amis utiles avec d'anciens amants.
Tout est fécond excepté le bon sens.
Le démon ne peut rien sur la volonté, très peu sur l'intelligence et tout sur l'imagination.
Ce qu'on fait maintenant, on le dit ; et la cause En est bien excusable : on fait si peu de choses !
Le malheur, en s'attachant à moi, m'enseigna peu à peu une autre religion que la religion enseignée par les hommes.
Le langage est aux postes de commande de l'imagination.
Jamais il n'a été aussi facile de gouverner qu'aujourd'hui. Autrefois, il fallait chercher avec finesse par quelle monnaie on devait marchander les gens ; aujourd'hui tout le monde veut de l'argent.
En Angleterre, l'art de la conversation consiste à savoir se taire.
Nous n'avons pas assez d'amour-propre pour dédaigner le mépris d'autrui.
Religion : dernier refuge de l'amour de soi.
La langue que nous utilisons influe sur notre manière de penser.
L'amant a le devoir de se laisser tuer s'il tient à montrer qu'il sait vivre.
Tout ce qui nous aidera, plus tard, à nous dégager de nos déconvenues s'assemble autour de nos premiers pas.
Le génie n'est que l'enfance nettement formulée, douée maintenant, pour s'exprimer, d'organes virils et puissants.
Après les blessures, ce que les femmes font le mieux, c'est la charpie.
Les trop grandes pompes d'une religion servent à l'éteindre.
Les croyants ont un sens aigu de la mise en scène des miracles.
Le sommeil est le fils de la nuit et le frère de la mort.
- Ça sert à rien ! Tu crois que Jésus il l'avait son bac ? - C'était à une autre époque...- Et alors ? Il a pas ressuscité pour venir le passer à ce qu'on sache !
Amants heureux, il n'y a que vous qui connaissiez le plaisir !
Pour le voyageur, le trot du cheval est plus doux que le pas d'une femme.
La seule chose qui peut empêcher que les humains ne s'entretuent, c'est de les tenir. Il faut un chef. C'est ce que réclame le peuple. Le chef est celui qui dit : lui, on le tue ; lui, on le récompense. Et alors tout le monde est content.
Je voudrais juste dire que le talent n'excuse pas tout, et que dans "monstres sacrés", il y a "monstres".
Je suis désormais à l'approche de deux rives désirées : le monde réel qui n'est pas toujours exaltant et celui, bien plus fréquentable, d'un imaginaire prrmanent.
On peut se demander par quel mystère les enfants de parents immatures deviennent si souvent des adultes prématurés.
Le bien, c'est l'amour ; aimer les autres, c'est détester la souffrance.
Je préfère tenter d'être bon avec les forts plutôt que d'être mauvais avec les faibles.
Il n'y a pas de vieillesse, on n'est vieux qu'à partir du moment où on prend son parti d'être vieux.
Libre d'amour, je suis libre d'aimer Libre de toi, rien ne doit m'arrêter Et si tu restes malgré moi dans mon coeur Dès demain, je t'oublie ou je meurs.
Le chagrin ne nourrit pas, mais fait grossir.
Je vous écris pour prolonger l'instant, en garder une trace, tordre le cou à la fugacité, à l'oubli, à l'impermanence, ceci sans succès bien sûr puisque c'est vouloir figer l'éphémère et j'aime l'éphémère, nul n'est parfait.
Et ceux qui ne font rien ne se trompent jamais.
Je ne sais pas pourquoiCette mélodie me fait penser à VarsovieUne place peuplée de pigeonsUne vieille demeure avec pignonUn escalier en colimaçonEt tout en haut mon professeur.
Quel pays de merde ! Cette attitude des médias me rend malade.
Ne cours pas après la poésie. Elle pénètre toute seule par les jointures.
Heureusement que les diplomates ont le nez long car ils ne peuvent généralement pas voir au-delà.
Le soleil nous laisse des jours plus vieux.
Les roses sauvages sont les plus belles, et la nature un meilleur jardinier que l'art.