Nous revînmes à pas lents.Les crapauds chantaient, dolents,Sous l'eau morte ;Et j'avais le coeur en deuilEn t'embrassant sur le seuilDe ta porte.
La fenaison transforme le paysage en y inscrivant les traces d'une archéologie éphémère.
La maladie est le dernier refuge de la créativité.
Je suis très fière que certaines soient devenues des classiques de la variété. (...) Mon premier métier, c'était les discothèques.
Pour que l'esprit acquière de la facilité, il faut l'exercer à trouver des choses déjà découvertes.
Si ça n'marche pas, est-ce qu'il faut courir à sa perte ?
Tu as vu ça, maintenant le prix du paquet de Gitanes ! Ça fait cher le cancer !
Aujourd'hui, physiquement, tenir deux heures sur scène, je ne pense pas que je puisse encore le faire... J'avais peur pour ma voix, parce que même ma voix avait changé.
Ce désir d'équité ne doit pas conduire à un excès de bien-être, où personne n'est responsable de quoi que ce soit.
Je suis le seul chanteur de 93 ans et j'en suis fier.
Là où il y a des remèdes, les plus grandes souffrances se résignent.
Je n'aime pas les clichés où j'ai l'air d'avoir 12 ans alors que j'en ai 36.
Toutes les morales sont fondées sur l'idée qu'un acte a des conséquences qui le légitiment ou l'oblitèrent.
Parfois, insurrection, c'est résurrection.
C'est la qualité des êtres humains qui importe, et non leur quantité.
Toutes les révolutions de l'avenir sont incluses, amorties, dans ce mot : Instruction Gratuite et Obligatoire.
Un grand écrivain est un homme qui sait nous surprendre en nous disant ce que nous savions depuis toujours.
Chacun a les gris-gris de son âge. Les peuples aussi, sans doute.
Quand la vérité est libre et l'erreur aussi, ce n'est pas l'erreur qui triomphe.
On voit évidemment que toutes les religions ont emprunté tous leurs dogmes et tous leurs rites les unes des autres.
Le génie est l'aptitude de voir les choses invisibles, de remuer les choses intangibles, de peindre les choses qui n'ont pas de traits.
En donnant le nom à un enfant, il faut penser à la femme qui aura un jour à le prononcer.
Pour se plaire il faut se ressembler beaucoup afin de s'entendre, et différer un peu afin d'avoir à se comprendre.
Les enfants sont des énigmes lumineuses.
Lorsque le prêtre favorise une innovation, elle est mauvaise : lorsqu'il s'y oppose, elle est bonne.
La probité, qui empêche les esprits médiocres de parvenir à leurs finis, est un moyen de plus de réussir pour les habiles.
Toutes les passions aiment ce qui les nourrit : la peur aime l'idée du danger.
Si l'homme ne comprend pas l'enfer, c'est qu'il n'a pas compris son propre coeur...
Le talent d'un auteur consiste moins à faire applaudir ses pièces qu'à empêcher le public de tousser.
Pauvreté n'est pas vice. Parbleu ! Un vice est agréable.
Les événements font plus de traîtres que les opinions.
La nature n'aime pas les mâles ; ils sont destinés à s'entre-tuer.
Il ne faut jamais tout dire, même à une pierre.
Il n'y a plus que la radio qui chante. La chanson a cessé d'être un art populaire pour devenir une industrie lourde, avec ses cartels, ses investissements, ses transferts de vedettes et son imposture organisée.
Avant d'avoir abordé le monde, on est très exigeant. Pour soi-même et pour le monde.
Seuls, les hommes chastes se connaissent en amour.
On a connu des hommes qui ont fait de hautes études, qui ont eu de très belles situations, qui ont gagné beaucoup d'argent et qui ont tout de même réussi leur vie.
- Ça sert à rien ! Tu crois que Jésus il l'avait son bac ? - C'était à une autre époque...- Et alors ? Il a pas ressuscité pour venir le passer à ce qu'on sache !
Dans une période où le doute sceptique s'est installé dans le monde, où, aux dires d'une bande de salauds, il n'est plus possible de discerner le sens du non-sens, il devient ardu de descendre à un niveau où les catégories de sens et de non-sens ne sont pas encore employées.
Et puis Pathé Marconi s'est restructuré, des financiers, pour qui la musique se composait avant tout en notes de frais, ont pris le pouvoir.
Malheur au tableau qui ne montre rien au-delà du fini... Le mérite du tableau est l'indéfinissable : c'est justement ce qui échappe à la précision.
Sans le mot qui seul compte dans l'expression d'une pensée, la pensée en question n'est qu'un pur fantôme en attente de corps. Là où les mots manquent pour le dire, manque aussi la pensée.
- Ben, que penses-tu de la mort ?- La mort, la vie...ça ne peut pas se séparer, ça se regarde ensemble.
Chose significative: ce n'est pas par la tête que les civilisations pourrissent. C'est d'abord par le coeur.
J'aime la vie pour l'action, oui, pour l'action même modeste.
L'art est long et le temps est court.
L'acteur se retrouve démuni, vidé, et il ne sait plus dire je t'aime. Je ne vous l'ai jamais dit d'ailleurs, seulement écrit.
Il l'aimait bien mais à petites doses. Il fractionnait son coeur comme des parts de gâteau.
J'ai travaillé toute ma vie pour être pauvre avec la même énergie que d'autres ont travaillé pour être riches.En ce sens, je suis un parvenu.
J'ai toujours hâte de savoir ce qui s'est passé pendant mon sommeil.