Mon père tenait beaucoup à ce que j'aille à l'école pour apprendre la politesse. J'arrive ; dans la rue, y a un panneau : "ralentir, école". Y croyaient quand même pas qu'on allait y aller en courant non plus !
La vertu de la science qui l'empêche de sombrer dans le délire, c'est que sans arrêt des données nouvelles arrivent et l'aménent à modifier ses visions et ses idées.
Qui n'a pas connu l'absence ne sait rien de l'amour. Qui a connu l'absence a pris connaissance de son néant - de cette connaissance lointaine qui fait trembler les bêtes à l'approche de leur mort.
Le charme est un moyen d'obtenir la réponse «Oui» sans poser de question claire.
Quand je fais ma collection, c'est en quelque sorte ma propre histoire.
Ma soeur s'est toujours occupée de moi.
Le camp de concentration est un monde hautement hiérarchisé.
La déportation m'a appris ce que pouvait être le sens d'une vie humaine : combattre pour sauvegarder ce filet d'esprit que nous recevons en naissant et que nous rendons en mourant.
Se suffire, c'est être puissant.
Si vous êtes un jour traité de parvenu, tenez pour bien certain que vous serez arrivé.
Il faut souvent donner à la sagesse l'air de la folie, afin de lui procurer ses entrées.
Le fermier qui aura réussi à croiser une dinde avec un kangourou aura créé la première volaille que l'on puisse farcir de l'extérieur.
Au soir de la vie, il n'y a pas de plus grand bonheur que d'avoir aimé le Christ.
Je n'aime pas les sédentaires du coeur. Ceux-là qui n'échangent rien ne deviennent rien.
Tous jugements en gros sont lâches et imparfaits.
Après tout, c'est le développement de la personnalité humaine qui est le but suprême de la civilisation.
Si tu pleures de joie, ne sèche pas tes larmes : tu les voles à la douleur.
Tuer une oeuvre d'art est plus grave que de tuer des hommes. Des hommes, on en refait tant qu'on veut...
Il y a deux voies pour le prophète : ou annoncer un avenir conforme au passé, ou se tromper.
Quand on demande à Dieu la souffrance, on est toujours sûr d'être exaucé.
La vie n'est pas mauvaise, elle est pire.
La peinture n'est que de la morale construite.
Oter l'espoir au vice, c'est donner des armes à la vertu.
Le courage est un état de calme et de tranquillité en présence d'un danger, état rigoureusement pareil à celui où l'on se trouve quand il n'y a pas de danger.
"L'envie de savoir" est le plus puissant moteur humain.
Les spéculations purement intellectuelles dépouillent l'univers de son manteau sacré.
En apprenant à connaître les maux de la nature, on méprise la mort ; en apprenant à connaître ceux de la société, on méprise la vie.
Les héritiers des milliardaires versent peu de larmes. Ceux qui sanglotent au fond des nefs, près du bénitier, ne sont pas de la famille... c'est pour cela qu'ils pleurent.
Fielleux comme souvent le sont ceux dont on dit qu'ils ont de l'humour.
La poésie, c'est le point où la prose décolle.
Les nombres ont-ils un mode d'existence en dehors de la tête de celui qui les pense ?
Il n'y a rien de si dangereux que la flatterie dans les conjonctures où celui que l'on flatte peut avoir peur.
Il y a eu des peintres pour être spécifiquement et profondément des poètes, dont l'enseignement, la valeur d'exemple, sont irremplaçables pour qui écrit.
- Il s'appelle Juste Leblanc ! - Ah bon, il a pas de prénom !
L'homme se distingue de l'animal par plusieurs traits remarquables. Il paie des impôts, écoute du rock'n'roll, rase les poils de son visage et fait cuire une bonne partie de ses aliments.
Comme l'imprudence est la source de toutes les disgrâces de la vie, la prudence en fait tout le bonheur.
Sache sourire quand un homme d'esprit devine tes petites infamies.
Il n'y a rien d'illogique comme les accidents. Ils n'ont aucun lien entre eux, et l'on ne peut pas, comme on le voudrait, profiter de l'un pour atténuer l'autre.
Dans certains théâtres d'essai, on serait tenté de prendre parfois la rampe de scène pour un garde-fou.
La paix, la paix à tout prix, nous clament tant de braves gens qui, en se conjoignant, aux lâches, aux amis des brutes et aux antisémites ordinaires peuvent s'ils n'y prennent garde, assurer le triomphe des forces du mal et de la régression.
Faire de la peinture, ou de la littérature, ce serait donc bien apprendre à mourir, trouver le moyen de ne pas mourir dans la sottise de cette mort que les autres avaient en réserve pour nous et qui ne nous convient nullement.
En politique, c'est quand on croit tout avoir qu'on n'a plus rien.
Aimer c'est en même temps partager des mots, des regards, des espoirs et des craintes.
De tout temps, les petits ont pâti des sottises des grands.
Dans décolonisation, il y a donc exigence d'une remise en cause intégrale de la question coloniale. Sa définition peut, si on veut la décrire avec précision, tenir dans la phrase bien connue: "les derniers seront les premiers." La décolonisation est [...] ► Lire la suite
Le dictateur m'avait jeté à la porte de mon pays. Pour y retourner, je passe par la fenêtre du roman.
Ce n'est point l'arbre qui quitte la fleur, c'est la fleur qui quitte l'arbre.
La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne.
Puis m'ont montré un parchemin écrit,Où n'y avait seul mot de Jésus-Christ :Il ne parlait tout que de plaiderie.
Il y a autant de bénéfices pédagogiques à acquérir en étudiant des dauphins en captivité qu'il y en aurait à étudier le genre humain en n'observant que des prisonniers isolés.