La vraie communion est dans la mort.
On se persuade mieux, pour l'ordinaire, par les raisons qu'on a soi-même trouvées, que par celles qui sont venues dans l'esprit des autres.
Gutenberg n'a pas attendu le développement du marché du livre pour inventer l'imprimerie.
La guerre n'est pas une maladie... C'est un mal insupportable parce qu'il vient aux hommes par les hommes.
Les producteurs de films ont tous des Rolls-Royce parce que, dans le métro, il faut payer comptant.
L'homme descend du singe, mais certains descendent plus vite que d'autres.
Le désespoir, c'est quand l'intelligence prend la souffrance à son compte.
Comprendre : toujours comprendre. Moi je ne veux pas comprendre.
Si nous connaissions les autres comme nous-mêmes, leurs actions les plus condamnables nous paraîtraient mériter l'indulgence.
Nous nous sommes souvent demandé pour quelle raison nous nous battions, mais jamais, ou pas assez souvent, ou pas assez longtemps, pourquoi nous faisons la guerre.
Les juifs, toujours exterminés et toujours renaissants, ont réparé leurs pertes et leurs destructions continuelles par cette seule espérance qu'ont parmi eux toutes les familles, d'y voir naître un roi puissant qui sera le maître de la terre.
J'aime m'acharner sur les gens quand ils sont à terre, surtout si j'ai commencé quand ils étaient debout.
La pièce était si mauvaise que les acteurs eux-mêmes partaient avant la fin.
Les révolutionnaires pensent abolir les classes : ils rétablissent une hiérarchie encore plus dure.
Tout est tentation à qui la craint.
Si l'homme est véritablement le roi de la création, le chien peut, sans être taxé d'exagération, en passer pour le baron, tout au moins.
La jeunesse s'instruit par intuition. Si l'on ne savait que ce qu'on apprend on ne saurait rien.
Les camps de camping, c'est quelque chose ! C'est un truc qui pue, qui coûte cher, où les gens s'entassent par plaisir et que si demain ils étaient obligés d'y aller, ils gueuleraient comme jamais !
Tout événement procède de causes, il n'y a donc lieu d'accuser aucune divinité ni de récriminer contre ce qui est et qui ne pourrait pas ne pas être.
On a l'impression quand on a atteint la quarantaine, qu'on n'a pas fait ce que l'on devait faire et qu'on n'a plus le temps de faire ce qu'on a à faire.
Tout idéal, dès qu'il est formulé, prend un aspect désagréablement scolaire.
L'orgueil que nous inspirent les enfants ne vient jamais du coeur, et se paie souvent cher.
Le chercheur qui a mis au point des clones de moutons s'est finalement endormi.
Le reportage et la propagande utilisent les mêmes images.
C'est leur pertinence qu'on reproche aux impertinents.
Quand on dit que l'Univers est infini, il semble surtout inachevé.
Un manteau royal va toujours bien. C'est le triomphe de la confection.
L'être humain est une ruche d'Etres.
Se sentir écrivain ne dispense pas d'écrire, cela s'éprouve, on ne peut pas se croire sur parole.
Au théâtre il y a des règles très précises d'unité, on peut donc mettre en scène des gens exceptionnels, des fous. L'excès des contraintes et l'excès de liberté font que la pièce s'équilibre d'elle-même.
La torture. Il y a quelque chose d'insoutenable et de vertigineux, la destruction de l'homme à l'état pur.
C'est toujours ce qui se passe dans la vie : on s'imagine jouer son rôle dans une certaine pièce, et l'on ne soupçonne pas qu'on vous a discrètement changé les décors, si bien que l'on doit, sans s'en douter, se produire dans un autre spectacle.
Les journaux regorgent d'histoires de braves gens pris en otages à la banque par des gangsters, mais ils restent muets sur les cas, pourtant plus fréquents, de clients pris en otages pas leur banquier.
L'écriture, c'est comme les palpitations du coeur, cela se produit.
La formule nouvelle du roman, c'est de ne pas faire de roman.
Chaque soir, pendant les représentations d'une pièce de théâtre, c'est sur la même réplique que les spectateurs enrhumés se mettent à se moucher ; c'est le moment où la pièce faiblit.
L'insécurité c'est la première des inégalités.
Si l'expérience servait à quelque chose, au bout d'un moment, on arrêterait de s'enrhumer !
Un père biologique est-il forcément écolo ?
La culture, c'est ce qui reste quand le journal TV est terminé !
Qui dit que je suis fou, ne l'a jamais été d'amour.
Rien ne dure, sinon le renouvellement de nos regards en soi, sur le monde, sur autrui.
Les soleils couchants ont toujours moins de charme que les soleils levants.
Je vertige de vivre,Plus loin plus haut,L'extase et l'immensité,Je vertige d'être vivant.
Je pense en effet qu'il y a une alliance possible entre la lucidité - la vie est absurde, ridicule - et la joie. Car être heureux, c'est toujours être heureux malgré tout.
L'esprit ne se développe jamais dans la corruption et le mensonge.
L'imbécile heureux, voilà mon emploi. Que je m'évade de temps en temps je ne dis pas non mais ce sera toujours pour y revenir.
Au grand loto de l'universJ'ai pas tiré l'bon numéroJ'suis mal dans ma peauJ'ai pas envie d'être un robotMétro boulot dodo.
Mais toi, aime-la cette vie. Casse-lui la gueule. Bouleverse-toi d'elle. Elle te donnera des ailes. Et tu voleras comme le cormoran argenté.
Il y a des moments où on écrit parce qu'on pense participer à un combat. Cela a été le cas dans les débuts de ma carrière d'écrivain. Puis, peu à peu, se dégage finalement la vérité, une vérité plus nue, [...] ► Lire la suite